Procès

À propos

Les audiences d'un procès servent de décor, de scène et de prétexte, aux curiosités, divagations et interrogations, confessions et confidences, d'un journaliste. Le procès, c'est celui des écoutes de l'Élysée, une affaire d'État qui met en cause des préfets et des généraux que protège l'ombre d'une haute figure présidentielle. Procès de raisons privées devenues raisons d'État, de l'abus de pouvoir et de l'ordre illégal. Un procès plus actuel que ne le laisserait penser l'ancienneté des faits. Au nom de la lutte contre le terrorisme et, plus largement, toute déstabilisation de l'État, la ligne de défense des prévenus évoque des argumentaires d'aujourd'hui, voire de demain, dans le monde de peur de l'après-2001. Le journaliste, c'est l'un des plaignants, partie civile emblématique dont la plainte a déclenché les poursuites après la révélation de l'espionnage dont sa vie professionnelle et privée avait fait l'objet.

En ce sens, ce procès est aussi le sien. Au sens propre, pas seulement figuré. À la fois spectateur et acteur de ce théâtre judiciaire, il lui arrive de devenir l'accusé, mis en cause par les prévenus pour tous les troubles dont il fut l'auteur, sans compter sa carrière d'espion américain. Ces accusations entrent en résonance avec d'autres, lancinantes, contre le type de journalisme qu'il incarne et le journal dont il dirige la rédaction.

En secret, le journaliste a lui-même mis en scène la rencontre de ces deux réquisitoires : il avait décidé de démissionner de ses responsabilités à l'occasion du procès des écoutes.

Rayons : Sciences humaines & sociales > Sciences politiques & Politique > Vie politique française > Hommes / Femmes politiques

  • EAN

    9782234066984

  • Disponibilité

    Disponible

  • Nombre de pages

    162 Pages

  • Action copier/coller

    Non

  • Action imprimer

    Non

  • Partage

    Dans le cadre de la copie privée

  • Nb Partage

    6 appareils

  • Poids

    164 Ko

  • Distributeur

    Numilog

  • Support principal

    ebook (ePub)

Edwy Plenel

Edwy Plenel, né le 31 août 1952 à Nantes, Président et directeur de la publication de Mediapart.fr premier quotidien d'information en ligne indépendant et sur abonnement lancé en mars 2008, est un journaliste politique français.ÿAyant participé, auprès du professeur Paul Alliès, à la création du Master II professionnel « Métiers du journalisme » à la faculté de Droit de Montpellier, il y a été nommé professeur associé en 2006.ÿIl a été le directeur de la rédaction du quotidien Le Monde de 1996 jusqu'à sa démission volontaire en novembre 2004. En désaccord avec les orientations prises par le journal et le groupe dirigés à l'époque par Jean-Marie Colombani et Alain Minc, il quitte Le Monde le 31 octobre 2005 après y avoir travaillé durant vingt-cinq ans.ÿD'abord spécialiste au Monde des questions d'éducation, il s'y fait remarquer, à partir de 1982, par ses enquêtes, tout en assurant la rubrique « police » du quotidien. Ses révélations sur la plupart des affaires de la présidence de François Mitterrand en feront une figure du journalisme indépendant et critique. Cette indépendance lui vaudra nombre d'inimitiés et beaucoup d'adversité. Jusqu'en 1994, soit pendant une quinzaine d'années, il travaille à l'écart du monde journalistique parisien, en solitaire ou en tandem, essentiellement avec Bertrand Le Gendre, puis Georges Marion. L'élection de Jean-Marie Colombani à la tête du Monde qui, à l'époque, était simplement un journal et non pas un groupe de presse, va l'amener, malgré ses réticences, à accepter des responsabilités. Principal animateur de la nouvelle formule du Monde sortie en 1995, il devient directeur de la rédaction en 1996. Jusqu'en 2003, sous sa direction, les ventes du quotidien ne cesseront d'augmenter, hissant Le Monde à un niveau qu'il n'avait jamais atteint depuis sa création en 1944, celui de premier quotidien national généraliste, devant Le Figaro. Jusqu'aux violentes polémiques et à la longue crise provoquée, début 2003, par la parution d'un livre à charge contre les orientations éditoriales qu'il incarnait, l'opinion générale saluait le dynamisme, l'originalité et l'indépendance de sa direction éditoriale. Depuis, une sorte de « légende noire » s'est installée qui, tout à la fois, le mythifie et le démonise. Il l'évoque dans la préface de ses Chroniques marranes (2007), sous le titre Autoportrait. Il a annoncé en novembre 2007 un nouveau projet de média participatif de qualité sur Internet, Mediapart.ÿÉditorialiste à France Info, il tient aussi une chronique hebdomadaire sur France Culture (Ligne de fuite) ainsi qu'une chronique bimensuelle, puis mensuelle dans le quotidien belge Le Soir (La France vue d'en dehors, puis En dehors). Dans ses commentaires de l'élection présidentielle française de 2007, il a été un critique impitoyable de Nicolas Sarkozy.ÿIl fut d'ailleurs le premier à employer dans les médias, à propos du président nouvellement élu, l'expression d'« hyperprésidence ». Depuis le 10 septembre 2007, il a rejoint l'équipe des polémistes d'On refait le monde sur RTL.ÿPlenel a publié plus d'une dizaine d'ouvrages, dont L'effet Le Pen (en collaboration, 1984), La République inachevée sous-titré L'État et l'école en France (1985), Secrets de jeunesse (2001), qui a été distingué par le prix Médicis essai, et La découverte du monde (2002).ÿDe 1986 à 1995, Edwy Plenel a codirigé, puis dirigé seul une collection de livres d'actualité, d'abord chez Gallimard (« Au vif du sujet ») jusqu'en 1991, puis chez Stock (« Au vif »). Parmi les quarante-sept ouvrages qui y ont été publiés, on remarque notamment le best-seller de Gilles Perrault Notre ami le roi, deux essais d'Edgar Morin (Penser l'Europe et Mes démons), deux de Daniel Bensaïd (Moi, la Révolution et Jeanne, de guerre lasse), le témoignage précurseur d'Alain Emmanuel Dreuilhe sur le sida (Corps à corps) et la célèbre trilogie d'Anne Tristan (Au Front, L'Autre monde et Clandestine) et dernièrement Combat pour une presse libre aux Ed. Galaade.ÿDans le domaine de la fiction audiovisuelle, Edwy Plenel a été coscénariste d'Une affaire d'État (1990), téléfilm de Jean Marboeuf avec Bernard Pivot dans le rôle-titre, et conseiller pour Le Rainbow Warrior (2006) de Pierre Boutron, scénario de Dan Franck.

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