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Bifrost n° 72


La fête foraine était arrivée comme un vent d’octobre, comme le vol noir d’une chauve-souris sur le lac glacial, dans un concert nocturne d’os entrechoqués, de plaintes, de soupirs et de murmures tout le long des toiles de tentes battues par une pluie sombre. Elle devait rester un mois durant au bord du lac aux eaux grises et agitées, sous un ciel de plomb traversé d’orages de plus en plus violents. C’était la troisième semaine, un jeudi, au crépuscule, et les deux garçonnets longeaient les berges du lac dans le vent froid.« Allez, tu vas pas me faire croire ça, disait Peter.– Viens, je vais te montrer », dit Hank.Soulevant des plumets d’eau pulvérisée dans le sable brun du rivage fouetté par les vagues, ils coururent jusqu’au champ de foire.Il avait plu. La fête foraine sommeillait, déserte, auprès du lac clapotant, sans personne pour acheter des tickets aux guichets noirs écaillés ou espérer gagner les jambons salés aux roues gémissantes de la loterie. Pas le moindre phénomène sur les grands tréteaux. L’allée centrale n’était occupée que par le vent qui faisait claquer les tentes grises comme de gigantesques ailes préhistoriques.Ray BradburyLa Grande roue

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Fiche détaillée de “Bifrost n° 72”

Fiche technique

Résumé

La fête foraine était arrivée comme un vent d’octobre, comme le vol noir d’une chauve-souris sur le lac glacial, dans un concert nocturne d’os entrechoqués, de plaintes, de soupirs et de murmures tout le long des toiles de tentes battues par une pluie sombre. Elle devait rester un mois durant au bord du lac aux eaux grises et agitées, sous un ciel de plomb traversé d’orages de plus en plus violents. C’était la troisième semaine, un jeudi, au crépuscule, et les deux garçonnets longeaient les berges du lac dans le vent froid.« Allez, tu vas pas me faire croire ça, disait Peter.– Viens, je vais te montrer », dit Hank.Soulevant des plumets d’eau pulvérisée dans le sable brun du rivage fouetté par les vagues, ils coururent jusqu’au champ de foire.Il avait plu. La fête foraine sommeillait, déserte, auprès du lac clapotant, sans personne pour acheter des tickets aux guichets noirs écaillés ou espérer gagner les jambons salés aux roues gémissantes de la loterie. Pas le moindre phénomène sur les grands tréteaux. L’allée centrale n’était occupée que par le vent qui faisait claquer les tentes grises comme de gigantesques ailes préhistoriques.Ray BradburyLa Grande roue

Biographie de Jean-Philippe Depotte

Christian Léourier, né en 1948 à Paris, est un écrivain français de science-fiction et de récits historiques, pour adultes et pour la jeunesse. Il a longtemps travaillé pour la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives du Ministère de la Défense et co-dirige, à ce titre, la collection historique pour jeunes « Les Romans de la mémoire », chez Nathan. Son premier roman de SF, Les Montagnes du soleil, publié en 1972 dans la collection “ Ailleurs et Demain ” (Robert Laffont), a frappé la critique par son originalité et sa qualité. La Planète inquiète, paru en 1979, a confirmé un talent digne des meilleurs auteurs anglo-saxons. Léourier est également l'auteur de nombreuses nouvelles de science-fiction, publiées dans les principales revue (Fiction, Horizons du Fantastique, Argon… et tout récemment Bifrost) et dans diverses anthologies. On évoque souvent, à propos de Léourier, Asimov ou Vance. Auteur réellement original, Christian Léourier s’inscrit en réalité dans la grande tradition de Murray Leinster, pour le sens de l’aventure, et d’Ursula le Guin, pour sa capacité à décrire des sociétés radicalement autres et pourtant si humaines, en particulier dans le cycle de Lamneur. Grâce aux petites mais excellentes éditions Ad Astra, de nouveaux lecteurs vont pouvoir (re) découvrir Christian Léourier, un écrivain talentueux qui sait mêler l’intelligence du récit et la vision féministe au souffle de l’aventure. Longtemps introuvables, les trois premiers romans du cycle de Lanmeur, Ti Harnog, L’Homme qui tua l’hiver et Mille fois mille fleuves, viennent d’être réédités sous le titre Les Contacteurs.

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