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Critique de la modernité


L'Occident a longtemps cru que la modernité était le triomphe de la raison, la destruction des traditions, des appartenances, des croyances, la colonisation du vécu par le calcul.

Mais, aujourd'hui, toutes les catégories qui avaient été soumises à l'élite éclairée, travailleurs et colonisés, femmes et enfants, se sont révoltées et refusent d'appeler moderne un monde qui ne reconnaît pas à la fois leur expérience particulière et leur accès à l'universel. De sorte que ceux qui s'identifient à la raison apparaissent désormais comme les défenseurs d'un pouvoir arbitraire.

Faut-il renverser leur domination et reconnaître une diversité sans limite des expériences vécues et des traditions? Mais ce différencialisme extrême porte en lui l'intolérance, le racisme, les guerres de religion. Et la fuite dans le postmodernisme ne découvre que l'épuisement de l'idéologie qui identifiait la modernité à la rationalisation.

Il faut reconstruire la modernité, d'abord en revenant à ses origines. Dès le début, dès la rupture entre la Renaissance et la Réforme, elle a rompu l'unité du monde ancien, à la fois rationnel et sacré. Elle a chargé la raison de découvrir les lois du monde, et la conscience de faire apparaître un sujet qui n'était plus divin mais humain. Ce dualisme de la modernité, présent chez Descartes comme dans la Déclaration des Droits de l'Homme, a été détruit par l'orgueil de la philosophie des Lumières et des philosophes de l'histoire. Maintenant que le règne de la raison conquérante s'est achevé, renversé par Nietzsche et par Freud, mais aussi par la consommation de masse et les nationalismes, il faut écouter la voix du sujet, qui n'est pas introspection mais lutte pour la liberté contre la logique de la marchandise et du pouvoir, qui est volonté de l'individu et du groupe d'être acteurs de leur vie, mais aussi mémoire et appartenance. La modernité est faite des complémentarités et des oppositions entre le travail de la raison, la libération du sujet et l'enracinement dans un corps et dans une culture.

Ce livre marque une nouvelle étape majeure, après Sociologie de l'action et Production de la société, dans la réflexion d'Alain Touraine.

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Fiche détaillée de “Critique de la modernité”

Fiche technique

  • Auteur : Alain Touraine
  • Éditeur : Fayard
  • Collection : Essais
  • Date de parution : 01/04/14
  • EAN : 9782213645018
  • Format : ePub
  • Nombre de pages: 462
  • Protection : Contenu protégé

Résumé

L'Occident a longtemps cru que la modernité était le triomphe de la raison, la destruction des traditions, des appartenances, des croyances, la colonisation du vécu par le calcul.

Mais, aujourd'hui, toutes les catégories qui avaient été soumises à l'élite éclairée, travailleurs et colonisés, femmes et enfants, se sont révoltées et refusent d'appeler moderne un monde qui ne reconnaît pas à la fois leur expérience particulière et leur accès à l'universel. De sorte que ceux qui s'identifient à la raison apparaissent désormais comme les défenseurs d'un pouvoir arbitraire.

Faut-il renverser leur domination et reconnaître une diversité sans limite des expériences vécues et des traditions? Mais ce différencialisme extrême porte en lui l'intolérance, le racisme, les guerres de religion. Et la fuite dans le postmodernisme ne découvre que l'épuisement de l'idéologie qui identifiait la modernité à la rationalisation.

Il faut reconstruire la modernité, d'abord en revenant à ses origines. Dès le début, dès la rupture entre la Renaissance et la Réforme, elle a rompu l'unité du monde ancien, à la fois rationnel et sacré. Elle a chargé la raison de découvrir les lois du monde, et la conscience de faire apparaître un sujet qui n'était plus divin mais humain. Ce dualisme de la modernité, présent chez Descartes comme dans la Déclaration des Droits de l'Homme, a été détruit par l'orgueil de la philosophie des Lumières et des philosophes de l'histoire. Maintenant que le règne de la raison conquérante s'est achevé, renversé par Nietzsche et par Freud, mais aussi par la consommation de masse et les nationalismes, il faut écouter la voix du sujet, qui n'est pas introspection mais lutte pour la liberté contre la logique de la marchandise et du pouvoir, qui est volonté de l'individu et du groupe d'être acteurs de leur vie, mais aussi mémoire et appartenance. La modernité est faite des complémentarités et des oppositions entre le travail de la raison, la libération du sujet et l'enracinement dans un corps et dans une culture.

Ce livre marque une nouvelle étape majeure, après Sociologie de l'action et Production de la société, dans la réflexion d'Alain Touraine.

Biographie d’Alain Touraine

Né en 1925, Alain Touraine, ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'histoire et docteur ès lettres, est directeur d'études à l'EHESS où il a créé le Centre d'étude des mouvements sociaux, puis le Centre d'analyse et d'intervention sociologiques dont il est resté membre. Alain Touraine a reçu des doctorats Honoris Causa d'une vingtaine d'universités et il est membre de nombreuses académies étrangères. Sa production intellectuelle peut-être divisée en trois périodes : la première est consacrée au travail et aux mouvements ouvriers et se termine avec ses deux thèses de doctorat : La Conscience ouvrière et Sociologie de l'action. Après mai 68, il étend son travail à tout le domaine des mouvements sociaux et élabore une méthode pour les étudier : l'intervention sociologique, qu'il applique à plusieurs cas et en particulier au mouvement « Solidarnosc » (Pologne).   Le déclin de ce qu'il avait appelé les nouveaux mouvements sociaux l'amène à chercher un fondement plus général pour la compréhension des conduites sociales et des mouvements sociaux. Il le trouve dans la notion de sujet qui avait été si violemment rejetée au cours des dernières décennies. Il donne, à partir de son livre Critique de la modernité, une importance de plus en plus centrale à ce concept. A partir de 2000, ses livres peuvent être considérés comme une exploration en profondeur de la notion de sujet.   Parallèlement, depuis 1956, Alain Touraine a consacré une partie de son temps à l'étude de l'Amérique latine. Le résultat principal de ses études est le livre La parole et le sang, en 1988, qui propose une analyse générale, politique et sociale du continent sur un demi-siècle. Il a participé à de nombreux débats politiques et publié des livres qui combinent la connaissance sociologique avec l'analyse de l'actualité politique. Alain Touraine est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment : Sociologie de l'action (Seuil, 1965) ; Le Mouvement de Mai ou le communisme utopique (Seuil, l968) ; La Société post-industrielle (Denoël, 1969) ; Production de la Société (Seuil, l973) ; Lettre à une étudiante (Seuil, 1974) ; Solidarité : analyse d'un mouvement social, Pologne 1980-1981 (Fayard, 1982) ; Le Mouvement ouvrier (Fayard, 1984) ; Le Retour de l'acteur (Fayard, 1984) ; Critique de la modernité (Fayard, 1992) ; Qu'est-ce que la démocratie ? (Fayard, 1994) ; Pourrons-nous vivre ensemble ? Égaux et différents (Fayard, 1997) ; Comment sortir du libéralisme ? (Fayard, 1999) ; La Recherche de soi : Dialogue sur le sujet, avec Farhad Khosrokhavar (Fayard, 2000) ; Un nouveau paradigme. Pour comprendre le monde d' aujourd'hui (Fayard, 2005) ; Le Monde des femmes (Fayard, 2006) ; Penser autrement (Fayard, 2007).

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