Votre compte

Diderot et le matérialisme


La singularité du matérialisme de Diderot ne réside pas tant dans l'idée que la sensibilité est une propriété générale de la matière, que dans le caractère inachevé et vraisemblablement interminable de sa pensée philosophique. Consigné dans des textes où il est l'objet d'une mise en scène et d'une mise en écriture, le matérialisme chez Diderot n'est jamais exposé sous la forme d'un traité ni ne semble dépendre de principes explicitement énoncés. Pourtant, l'auteur des Pensées sur l'interprétation de la nature semble soucieux de faire accréditer ses affirmations par les sciences de son temps (physiologie, médecine, chimie, etc.) et de vouloir confier aux savoirs positifs le soin d'achever la métaphysique la plus hardie. Mais, contrairement à ce qui est souvent avancé, ce recours aux sciences ne confère pas au matérialisme diderotien une allure, ni même une prétention scientifiques. Les sciences sont bien plutôt exploitées pour leurs ressources en images, métaphores, analogies, etc., étant mises au service d'un matérialisme ouvertement conjectural, relevant de l'imagination, seule adéquate à s'ouvrir à la possibilité des choses. Se limitant à quatre grands textes, on a seulement voulu, dans ce travail, essayer de retrouver et d'assembler les plans perdus du matérialisme diderotien. On suggérera que cette dispersion est sans doute l'effet du rapport critique de Diderot avec la spéculation, qui débouche sur une conception esthétique de l'activité de la raison et un scepticisme inattendu chez le directeur de l'Encyclopédie.

Ce livre est classé dans les catégories :

7,99 €
?

Ebook protégé par filigrane

L’éditeur de ce livre a choisi de protéger ce fichier par filigrane (ou watermarking). Ce filigrane permet de relier le fichier à son propriétaire via l’apposition d’un filigrane visible ou invisible sur le fichier.

Vérifier la compatibilité de vos supports

Vous aimerez aussi

Fiche détaillée de “Diderot et le matérialisme”

Fiche technique

Résumé

La singularité du matérialisme de Diderot ne réside pas tant dans l'idée que la sensibilité est une propriété générale de la matière, que dans le caractère inachevé et vraisemblablement interminable de sa pensée philosophique. Consigné dans des textes où il est l'objet d'une mise en scène et d'une mise en écriture, le matérialisme chez Diderot n'est jamais exposé sous la forme d'un traité ni ne semble dépendre de principes explicitement énoncés. Pourtant, l'auteur des Pensées sur l'interprétation de la nature semble soucieux de faire accréditer ses affirmations par les sciences de son temps (physiologie, médecine, chimie, etc.) et de vouloir confier aux savoirs positifs le soin d'achever la métaphysique la plus hardie. Mais, contrairement à ce qui est souvent avancé, ce recours aux sciences ne confère pas au matérialisme diderotien une allure, ni même une prétention scientifiques. Les sciences sont bien plutôt exploitées pour leurs ressources en images, métaphores, analogies, etc., étant mises au service d'un matérialisme ouvertement conjectural, relevant de l'imagination, seule adéquate à s'ouvrir à la possibilité des choses. Se limitant à quatre grands textes, on a seulement voulu, dans ce travail, essayer de retrouver et d'assembler les plans perdus du matérialisme diderotien. On suggérera que cette dispersion est sans doute l'effet du rapport critique de Diderot avec la spéculation, qui débouche sur une conception esthétique de l'activité de la raison et un scepticisme inattendu chez le directeur de l'Encyclopédie.

Biographie de Jean-Claude Bourdin

Avis des internautes


Aucun commentaire n'a été posté sur ce livre.

Ajouter votre commentaire