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Femmes et libertinage au XVIIIe siècle


Le libertinage du XVIIIe siècle, à présent bien connu et objet d’une fascination partagée, possède une face moins visible : son versant féminin, bordé d’ombre. Sans doute les femmes ont-elles été inévitablement intégrées à ce paysage de la galanterie mais c’est plutôt comme silhouettes interchangeables, aux traits confus, qu’elles s’y installent. Le libertin occupe toute la place, bouchant la vue : prédateur à la Valmont ou à la Lovelace, insatiable séducteur à la Casanova, homme « à bonnes fortunes » ou habitué des lieux de plaisir les plus crapuleux, il se décline sous des figures que la littérature a rendues familières. Entre les femmes et le libertinage, l’articulation est plus hésitante et « capricieuse » : il faut étudier les pratiques et les représentations pour faire la part des occultations vertueuses et des fabrications fantasmatiques, afin de restituer à ces femmes des Lumières, qu’elles soient de chair ou de papier, une identité à la fois plus affirmée et moins caricaturale. C’est l’objet de cette réflexion collective qui se penche sur un XVIIIe siècle élargi – de Saint-Simon au premier romantisme – et tente d’explorer le libertinage « du côté des femmes », à partir de la littérature comme des archives ou de la gravure, pour mieux souligner les enjeux et les périls, mais aussi les séductions de cette érotique nouvelle.

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Le libertinage du XVIIIe siècle, à présent bien connu et objet d’une fascination partagée, possède une face moins visible : son versant féminin, bordé d’ombre. Sans doute les femmes ont-elles été inévitablement intégrées à ce paysage de la galanterie mais c’est plutôt comme silhouettes interchangeables, aux traits confus, qu’elles s’y installent. Le libertin occupe toute la place, bouchant la vue : prédateur à la Valmont ou à la Lovelace, insatiable séducteur à la Casanova, homme « à bonnes fortunes » ou habitué des lieux de plaisir les plus crapuleux, il se décline sous des figures que la littérature a rendues familières. Entre les femmes et le libertinage, l’articulation est plus hésitante et « capricieuse » : il faut étudier les pratiques et les représentations pour faire la part des occultations vertueuses et des fabrications fantasmatiques, afin de restituer à ces femmes des Lumières, qu’elles soient de chair ou de papier, une identité à la fois plus affirmée et moins caricaturale. C’est l’objet de cette réflexion collective qui se penche sur un XVIIIe siècle élargi – de Saint-Simon au premier romantisme – et tente d’explorer le libertinage « du côté des femmes », à partir de la littérature comme des archives ou de la gravure, pour mieux souligner les enjeux et les périls, mais aussi les séductions de cette érotique nouvelle.

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