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Jack


Alphonse Daudet (1840-1897)

"– Par un K, monsieur le supérieur, par un K ! Le nom s’écrit et se prononce à l’anglaise... comme ceci, Djack... Le parrain de l’enfant était anglais, major général dans l’armée des Indes... lord Peambock... Vous connaissez peut-être ? un homme tout à fait distingué et de la plus haute noblesse, oh ! mais, vous savez, monsieur l’abbé, de la plus haute... Et quel valseur !... Il est mort, du reste, d’une façon bien affreuse, à Singapore, il y a quelques années, dans une magnifique chasse au tigre qu’un rajah de ses amis avait organisée en son honneur... Ce sont de vrais monarques, il paraît, ces rajahs... Celui-là surtout est très renommé là-bas... Comment donc s’appelle-t-il ?... attendez donc... Mon Dieu ! J’ai son nom au bout de la langue... Rana... Rama...

– Pardon, madame, interrompit le recteur, souriant malgré lui de cette volubilité de paroles et de ce perpétuel sautillement d’une idée à une autre... Et après Jack, qu’est-ce que nous mettrons ?

Accoudé sur le bureau où tout à l’heure il écrivait, la tête légèrement inclinée, le digne prêtre regardait d’un coin d’œil aiguisé de malice et de pénétration ecclésiastique la jeune femme assise devant lui avec son Jack (par un K), debout à côté d’elle.

C’était une élégante personne d’une mise irréprochable, bien au goût du jour et de la saison, – on était en décembre 1858 ; – il y avait même dans le moelleux de ses fourrures, dans la richesse de sa toilette noire et l’originalité discrète de son chapeau, le luxe tranquille de la femme qui possède une voiture et qui passe de la netteté de ses tapis aux coussins de son coupé sans subir la transition banale de la rue."

Jack est un jeune garçon de père inconnu et dont la mère est une fausse comtesse et une "vraie cocotte". Celle-ci le place dans un pensionnaire peu ordinaire, pour avoir plus de liberté... Le calvaire de Jack commence...

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Fiche détaillée de “Jack”

Fiche technique

Résumé

Alphonse Daudet (1840-1897)

"– Par un K, monsieur le supérieur, par un K ! Le nom s’écrit et se prononce à l’anglaise... comme ceci, Djack... Le parrain de l’enfant était anglais, major général dans l’armée des Indes... lord Peambock... Vous connaissez peut-être ? un homme tout à fait distingué et de la plus haute noblesse, oh ! mais, vous savez, monsieur l’abbé, de la plus haute... Et quel valseur !... Il est mort, du reste, d’une façon bien affreuse, à Singapore, il y a quelques années, dans une magnifique chasse au tigre qu’un rajah de ses amis avait organisée en son honneur... Ce sont de vrais monarques, il paraît, ces rajahs... Celui-là surtout est très renommé là-bas... Comment donc s’appelle-t-il ?... attendez donc... Mon Dieu ! J’ai son nom au bout de la langue... Rana... Rama...

– Pardon, madame, interrompit le recteur, souriant malgré lui de cette volubilité de paroles et de ce perpétuel sautillement d’une idée à une autre... Et après Jack, qu’est-ce que nous mettrons ?

Accoudé sur le bureau où tout à l’heure il écrivait, la tête légèrement inclinée, le digne prêtre regardait d’un coin d’œil aiguisé de malice et de pénétration ecclésiastique la jeune femme assise devant lui avec son Jack (par un K), debout à côté d’elle.

C’était une élégante personne d’une mise irréprochable, bien au goût du jour et de la saison, – on était en décembre 1858 ; – il y avait même dans le moelleux de ses fourrures, dans la richesse de sa toilette noire et l’originalité discrète de son chapeau, le luxe tranquille de la femme qui possède une voiture et qui passe de la netteté de ses tapis aux coussins de son coupé sans subir la transition banale de la rue."

Jack est un jeune garçon de père inconnu et dont la mère est une fausse comtesse et une "vraie cocotte". Celle-ci le place dans un pensionnaire peu ordinaire, pour avoir plus de liberté... Le calvaire de Jack commence...

Biographie d’Alphonse Daudet

Alphonse Daudet est né dans le Gard le 13 mai 1840. Il quitte tôt les bancs de l'école pour venir à dix-sept ans à Paris, en quête d'une carrière littéraire. Il publie ses poèmes (Les Amoureuses en 1858), puis ses romans (Le Petit Chose, Tartarin de Tarascon, Sapho...) qui fondent, petit à petit, sa notoriété. Il travaille comme journaliste et secrétaire particulier, et rencontre, dans les salons, les grandes figures de son temps, notamment Flaubert, Zola et Edmond de Goncourt, avec qui il noue une relation intime.

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