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L'aide alimentaire


L’aide alimentaire apparaît dans les années 1950 à l’initiative des États-Unis, à un moment où ceux-ci connaissent des excédents de céréales. Excellent moyen d’écouler ces surplus, l’aide alimentaire évite l’effondrement du cours de ces denrées et permet le soutien du revenu du fermier américain. Dans le même temps, environ 30 millions d’habitants du Tiers Monde bénéficient d’une nourriture suffisante en calories. Aujourd’hui, les excédents agricoles ont diminué, mais le déficit alimentaire des pays en développement subsiste. Les plus pauvres d’entre eux (moins de 200 dollars par tête, selon le critère retenu par l’O.N.U.), gravement affectés par la hausse du coût des produits de base, sont dans l’incapacité, faute de moyens de paiement, de soutenir leur niveau d’importation antérieur en biens d’équipement et en engrais notamment. Leur possibilité de développement s’en trouve donc compromise. L’aide alimentaire, en soulageant leur balance des paiements d’une partie du coût des importations en céréales, leur permet de dégager des moyens de financement pouvant être affectés à l’achat de biens d’équipement indispensables. En atténuant les difficultés de financement extérieur, en assurant la sécurité alimentaire mondiale, en améliorant le niveau nutritionnel des populations, et en participant au financement des projets économiques, l’aide alimentaire apparaît comme un facteur non négligeable de l’aide au développement dont elle représente d’ailleurs 15 %. Ainsi, longtemps utilisée comme un instrument conjoncturel de régulation du marché céréalier mondial, l’aide alimentaire est devenue un instrument de politique économique permanent, qui mérite d’être analysé du point de vue des pays donateurs et du point de vue des pays bénéficiaires. La politique d’aide alimentaire des pays donneurs s’est améliorée au cours de ces dernières années en terme qualitatif. Ainsi la part des dons a augmenté aux dépens de celle des prêts, la multilatéralisation de l’aide alimentaire s’est accrue, sa composition s’est diversifiée et les pays donneurs ont depuis 1973 cherché à concentrer leurs livraisons sur les pays les plus pauvres. Toutefois, ces améliorations ne peuvent justifier la dégradation de la politique d’aide alimentaire des pays donneurs envisagée en terme quantitatif. Le volume de l’aide alimentaire qui s’élevait en moyenne et par an à 11 millions de tonnes entre 1970 et 1971 est tombé à 5 millions de tonnes en 1974. L’aide alimentaire qui facilite la tâche des pays en développement bénéficiaires à lutter contre la malnutrition, à faire face aux situations d’urgence ou à alléger leur problème de balance des paiements, leur pose également des problèmes de gestion importants. Les dons massifs d’aide alimentaire risquent de faire baisser le cours des produits dans les pays bénéficiaires et de décourager les agriculteurs locaux qui voient leur revenu diminuer. L’aide alimentaire serait donc préjudiciable au développement de l’agriculture locale. Pour éviter ces perturbations, l’aide alimentaire doit être vendue sur les marchés locaux à un prix au moins égal à celui pratiqué à l’intérieur du pays. Les fonds de contrepartie seront alors utilisés dans la mise en œuvre de projets économiques en milieu rural. Dans ce cas l’aide alimentaire apparaît comme une épargne additionnelle en vue d’investissements futurs. Sa contribution au développement économique du Tiers Monde est alors réelle. Ainsi, dans l’immédiat, l’aide alimentaire constitue un facteur essentiel de la sécurité alimentaire mondiale et atténue les difficultés de financement extérieur des pays les plus pauvres. A plus long terme, elle apparaît comme un élément de politique économique nécessaire au développement du Tiers Monde. Mais il est clair qu’elle ne peut être qu’un palliatif : l’aide la plus bénéfique aux pays en développement consistant très certainement en un développement de leur production agricole.

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Fiche détaillée de “L'aide alimentaire”

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Résumé

L’aide alimentaire apparaît dans les années 1950 à l’initiative des États-Unis, à un moment où ceux-ci connaissent des excédents de céréales. Excellent moyen d’écouler ces surplus, l’aide alimentaire évite l’effondrement du cours de ces denrées et permet le soutien du revenu du fermier américain. Dans le même temps, environ 30 millions d’habitants du Tiers Monde bénéficient d’une nourriture suffisante en calories. Aujourd’hui, les excédents agricoles ont diminué, mais le déficit alimentaire des pays en développement subsiste. Les plus pauvres d’entre eux (moins de 200 dollars par tête, selon le critère retenu par l’O.N.U.), gravement affectés par la hausse du coût des produits de base, sont dans l’incapacité, faute de moyens de paiement, de soutenir leur niveau d’importation antérieur en biens d’équipement et en engrais notamment. Leur possibilité de développement s’en trouve donc compromise. L’aide alimentaire, en soulageant leur balance des paiements d’une partie du coût des importations en céréales, leur permet de dégager des moyens de financement pouvant être affectés à l’achat de biens d’équipement indispensables. En atténuant les difficultés de financement extérieur, en assurant la sécurité alimentaire mondiale, en améliorant le niveau nutritionnel des populations, et en participant au financement des projets économiques, l’aide alimentaire apparaît comme un facteur non négligeable de l’aide au développement dont elle représente d’ailleurs 15 %. Ainsi, longtemps utilisée comme un instrument conjoncturel de régulation du marché céréalier mondial, l’aide alimentaire est devenue un instrument de politique économique permanent, qui mérite d’être analysé du point de vue des pays donateurs et du point de vue des pays bénéficiaires. La politique d’aide alimentaire des pays donneurs s’est améliorée au cours de ces dernières années en terme qualitatif. Ainsi la part des dons a augmenté aux dépens de celle des prêts, la multilatéralisation de l’aide alimentaire s’est accrue, sa composition s’est diversifiée et les pays donneurs ont depuis 1973 cherché à concentrer leurs livraisons sur les pays les plus pauvres. Toutefois, ces améliorations ne peuvent justifier la dégradation de la politique d’aide alimentaire des pays donneurs envisagée en terme quantitatif. Le volume de l’aide alimentaire qui s’élevait en moyenne et par an à 11 millions de tonnes entre 1970 et 1971 est tombé à 5 millions de tonnes en 1974. L’aide alimentaire qui facilite la tâche des pays en développement bénéficiaires à lutter contre la malnutrition, à faire face aux situations d’urgence ou à alléger leur problème de balance des paiements, leur pose également des problèmes de gestion importants. Les dons massifs d’aide alimentaire risquent de faire baisser le cours des produits dans les pays bénéficiaires et de décourager les agriculteurs locaux qui voient leur revenu diminuer. L’aide alimentaire serait donc préjudiciable au développement de l’agriculture locale. Pour éviter ces perturbations, l’aide alimentaire doit être vendue sur les marchés locaux à un prix au moins égal à celui pratiqué à l’intérieur du pays. Les fonds de contrepartie seront alors utilisés dans la mise en œuvre de projets économiques en milieu rural. Dans ce cas l’aide alimentaire apparaît comme une épargne additionnelle en vue d’investissements futurs. Sa contribution au développement économique du Tiers Monde est alors réelle. Ainsi, dans l’immédiat, l’aide alimentaire constitue un facteur essentiel de la sécurité alimentaire mondiale et atténue les difficultés de financement extérieur des pays les plus pauvres. A plus long terme, elle apparaît comme un élément de politique économique nécessaire au développement du Tiers Monde. Mais il est clair qu’elle ne peut être qu’un palliatif : l’aide la plus bénéfique aux pays en développement consistant très certainement en un développement de leur production agricole.

Biographie de Catherine Huguel

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