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La grande prostituée


Les Dieux (entendez les passions qui nous donneront force non raisonnée de vivre) ne viendront que si nous les méritons. Dans l’état sinistre où nous sommes, je ne peux me demander — et vous demander, à vous, petit nombre — qu’une disposition à les accueillir. Ne pas succomber. Ne pas rompre. Ne pas plier les genoux. Ne pas accepter la défaite qui en nous s’installe. Récuser la laideur qui nous lèche, en vue de jouissances immondes, de sa langue tiède. Dire non pour sauver l’éclat de notre oui. Notre courage, pour l’heure, est solitaire en cette forêt. Que faire ? Défricher. Tracer un sentier et, là-bas, au loin, qui vers nous s’avancera ? Je ne le sais pas. Personne en tout cas si nous ne nous efforçons pas d’ouvrir la voie. Quelqu’un, peut-être, si nous avons battu le sentier et si nous sommes quelques-uns à le garder ouvert afin que les jungles toujours recommencées ne l’engloutissent. Et si nous sommes toujours obligés de tailler et d’élaguer, qu’importe ! J. C.

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Fiche technique

Résumé

Les Dieux (entendez les passions qui nous donneront force non raisonnée de vivre) ne viendront que si nous les méritons. Dans l’état sinistre où nous sommes, je ne peux me demander — et vous demander, à vous, petit nombre — qu’une disposition à les accueillir. Ne pas succomber. Ne pas rompre. Ne pas plier les genoux. Ne pas accepter la défaite qui en nous s’installe. Récuser la laideur qui nous lèche, en vue de jouissances immondes, de sa langue tiède. Dire non pour sauver l’éclat de notre oui. Notre courage, pour l’heure, est solitaire en cette forêt. Que faire ? Défricher. Tracer un sentier et, là-bas, au loin, qui vers nous s’avancera ? Je ne le sais pas. Personne en tout cas si nous ne nous efforçons pas d’ouvrir la voie. Quelqu’un, peut-être, si nous avons battu le sentier et si nous sommes quelques-uns à le garder ouvert afin que les jungles toujours recommencées ne l’engloutissent. Et si nous sommes toujours obligés de tailler et d’élaguer, qu’importe ! J. C.

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