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La monarchie républicaine


La France est une monarchie républicaine. Le pouvoir de gouverner y appartient principalement à un homme, investi de la légitimité suprême, à peu près libre de ses mouvements, qui ne partage guère l’initiative et l’impulsion, qui prend ou inspire les décisions importantes (et quelquefois les autres), qui « détermine et conduit la politique de la nation », comme dit la Constitution (pas à son propos). Mais cet homme est élu au suffrage universel par un scrutin compétitif et relativement honnête ; son pouvoir est temporaire ; il est contrôlé et limité par un parlement émanant comme lui de la souveraineté populaire, où l’opposition peut s’exprimer. Les Français pensent avoir le monopole d’un tel régime et croient que les autres nations d’Occident bénéficient d’une république à part entière. Ils ont tort. L’expression de « monarque élu » a été inventée voici neuf ans par un auteur anglais pour caractériser la situation et les pouvoirs du premier ministre britannique, qui sont assez proches de ceux de notre Président de la République, malgré les apparences. Le chancelier Brandt, Edouard Heath, Olof Palme, Pierre-Elliott Trudeau et la plupart de leurs congénères sont aussi des « monarques élus », comme l’est évidemment le président Nixon. Le parlement de Westminster n’a pas plus d’influence que celui de Paris, de même que le parlement de Bonn, le parlement de Stockholm, etc. On ne peut comprendre le système français d’aujourd’hui qu’en le confrontant à ses homologues d’aujourd’hui, en prenant conscience qu’ils évoluent ensemble dans la même direction générale et en essayant d’analyser leur fonctionnement réel. Telle est la démarche suivie dans ce livre. Elle conduit à remettre en cause beaucoup d’idées reçues. A Santiago, le 11 septembre 1973, un homme seul, appuyé sur un mandat reçu directement du suffrage universel, a mieux incarné la démocratie qu’une majorité de députés favorables au coup d’État militaire, prouvant qu’un monarque républicain pouvait l’être plus qu’un parlement.

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Résumé

La France est une monarchie républicaine. Le pouvoir de gouverner y appartient principalement à un homme, investi de la légitimité suprême, à peu près libre de ses mouvements, qui ne partage guère l’initiative et l’impulsion, qui prend ou inspire les décisions importantes (et quelquefois les autres), qui « détermine et conduit la politique de la nation », comme dit la Constitution (pas à son propos). Mais cet homme est élu au suffrage universel par un scrutin compétitif et relativement honnête ; son pouvoir est temporaire ; il est contrôlé et limité par un parlement émanant comme lui de la souveraineté populaire, où l’opposition peut s’exprimer. Les Français pensent avoir le monopole d’un tel régime et croient que les autres nations d’Occident bénéficient d’une république à part entière. Ils ont tort. L’expression de « monarque élu » a été inventée voici neuf ans par un auteur anglais pour caractériser la situation et les pouvoirs du premier ministre britannique, qui sont assez proches de ceux de notre Président de la République, malgré les apparences. Le chancelier Brandt, Edouard Heath, Olof Palme, Pierre-Elliott Trudeau et la plupart de leurs congénères sont aussi des « monarques élus », comme l’est évidemment le président Nixon. Le parlement de Westminster n’a pas plus d’influence que celui de Paris, de même que le parlement de Bonn, le parlement de Stockholm, etc. On ne peut comprendre le système français d’aujourd’hui qu’en le confrontant à ses homologues d’aujourd’hui, en prenant conscience qu’ils évoluent ensemble dans la même direction générale et en essayant d’analyser leur fonctionnement réel. Telle est la démarche suivie dans ce livre. Elle conduit à remettre en cause beaucoup d’idées reçues. A Santiago, le 11 septembre 1973, un homme seul, appuyé sur un mandat reçu directement du suffrage universel, a mieux incarné la démocratie qu’une majorité de députés favorables au coup d’État militaire, prouvant qu’un monarque républicain pouvait l’être plus qu’un parlement.

Biographie de Maurice Duverger

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