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Le Détail et le Tout


L’œuvre inconique est constituée d’une somme d’informations qui construisent une unité de sens. Le tout, narration construite, tend à gommer l’effet « détail », alors qu’il est fondamentalement un agglomérat de situations, d’épisodes, de traits, de couleurs, de figures… qui ont également leur propre « existence » que le tout efface en partie. S’il n’est pas toujours aisé de définir le détail (où commence-t-il ? où s’achève-t-il ?), il est inévitablement présent dans l’œuvre. Il en constitue, selon Daniel Arasse, sa brillance, sa différence et sa puissance de fissure, de séparation de l’œuvre. Le détail, lorsqu’il atteint une certaine autonomie expressive et significative, construit un rapport dialectique avec le tout. La tension entre le détail et le tout, est productrice d’un incontestable dynamisme où les différents fragments de l’œuvre tout en possédant leur propre autonomie sont susceptibles de confluer pour produire le sens total. L’étude de structures élémentaires (la couleur, la figure ou la texture) oriente une réflexion sur la fragmentation et la re-narrativisation dont le « texte » postmoderne est une des meilleures actualisations. L’effet « détail » peut également être présent dans l’intervention sociale ou politique visant à détourner l’œuvre de sa destination première. Ainsi la censure, dans la micro- ou macrochirurgie qu’elle opère sur l’œuvre, est susceptible de déconstruire le sens initial pour en proposer un nouveau. La dialectique du tout et du détail peut également rendre compte du rapport qui s’établit entre l’œuvre et la création générale de l’artiste. Le tableau, le film, la bande dessinée, la gravure… peuvent ainsi devenir à leur tour fragment d’une production plus étendue de l’artiste. Le questionnement du tout et du détail peut également ouvrir une réflexion sur le problème de la « fidélité » de l’œuvre dans les transformations qui s’opèrent dans les cas de transcription numérique. La numérisation en effet est conduite à repenser le problème du détail en relation avec la perception globale du tout.

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Fiche technique

Résumé

L’œuvre inconique est constituée d’une somme d’informations qui construisent une unité de sens. Le tout, narration construite, tend à gommer l’effet « détail », alors qu’il est fondamentalement un agglomérat de situations, d’épisodes, de traits, de couleurs, de figures… qui ont également leur propre « existence » que le tout efface en partie. S’il n’est pas toujours aisé de définir le détail (où commence-t-il ? où s’achève-t-il ?), il est inévitablement présent dans l’œuvre. Il en constitue, selon Daniel Arasse, sa brillance, sa différence et sa puissance de fissure, de séparation de l’œuvre. Le détail, lorsqu’il atteint une certaine autonomie expressive et significative, construit un rapport dialectique avec le tout. La tension entre le détail et le tout, est productrice d’un incontestable dynamisme où les différents fragments de l’œuvre tout en possédant leur propre autonomie sont susceptibles de confluer pour produire le sens total. L’étude de structures élémentaires (la couleur, la figure ou la texture) oriente une réflexion sur la fragmentation et la re-narrativisation dont le « texte » postmoderne est une des meilleures actualisations. L’effet « détail » peut également être présent dans l’intervention sociale ou politique visant à détourner l’œuvre de sa destination première. Ainsi la censure, dans la micro- ou macrochirurgie qu’elle opère sur l’œuvre, est susceptible de déconstruire le sens initial pour en proposer un nouveau. La dialectique du tout et du détail peut également rendre compte du rapport qui s’établit entre l’œuvre et la création générale de l’artiste. Le tableau, le film, la bande dessinée, la gravure… peuvent ainsi devenir à leur tour fragment d’une production plus étendue de l’artiste. Le questionnement du tout et du détail peut également ouvrir une réflexion sur le problème de la « fidélité » de l’œuvre dans les transformations qui s’opèrent dans les cas de transcription numérique. La numérisation en effet est conduite à repenser le problème du détail en relation avec la perception globale du tout.

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