Votre compte

Le petit Meaulnes


Comme je m'appelle Fournier, on me demande quelquefois si ce n'est pas moi qui ai écrit Le Grand Meaulnes. Je suis bien obligé de répondre non, et chaque fois je sens que je déçois. Pour cette raison j'ai décidé d'écrire Le Petit Meaulnes. Maintenant, je peux répondre : « Je n'ai peut-être pas écrit Le Grand Meaulnes, mais j'ai écrit Le Petit Meaulnes. »
Quand on lit le titre : Petit Meaulnes, on croit d'abord à une énorme faute d'impression, un lapsus d'imprimeur ou, pire, un jeu de mots provocateur destiné à faire rire. Ce n'est pas le cas. Le Petit Meaulnes existe, je l'ai rencontré. La première fois c'était à la page 11 du Grand Meaulnes en édition de poche. Il y fait un passage éclair. On a tout juste le temps d'apprendre qu'il s'appelle Antoine, qu'il est le cadet du Grand Meaulnes et qu'il est mort jeune. La seconde fois c'était beaucoup plus tard, après sa mort, dans les souvenirs qu'il a laissés. Parce qu'il n'est pas mort si jeune que ça, le petit Meaulnes. « C'est jamais drôle d'être le petit, à cause du grand qui est au-dessus », écrit le petit Meaulnes. Il a passé son enfance avec un grand frère surdoué, parfois surestimé, qui l'a physiquement et moralement étouffé. « Quand il arrivait, j'avais l'impression de ne plus exister. Pourtant moi aussi j'avais des choses intéressantes à dire. »
Le petit Meaulnes s'en est sorti parce qu'il avait une bonne nature. Il a compris qu'il ne pourrait s'épanouir qu'en quittant une famille où il n'était ni accepté ni aimé, sauf par son serin : « ... le seul qui a l'air content quand je rentre à la maison... »
Cruel et tendre à la fois, comme savent être les enfants, le petit Meaulnes nous livre ses souvenirs. Si le Grand Meaulnes n'en sort pas indemne ce n'est pas une vengeance. « Il ne faudrait pas croire que j'ai envie de me venger, parce que je l'aimais bien quand même. » Son récit apporte un éclairage nouveau sur le personnage du Grand Meaulnes. Son déséquilibre mental, enfin révélé, nous le rend pathétique et encore plus proche. Et puis, surtout, nous qui avons quitté le Grand Meaulnes jeune, partant pour de nouvelles aventures, nous avons l'extraordinaire surprise de le retrouver quinquagénaire. La révélation tragique de la fin de l'ouvrage nous oblige malgré tout à juger très sévèrement le petit Meaulnes. Pourquoi a-t-il fait ça ? Mais peut-être que nous serons quelques-uns à penser que le Grand Meaulnes ne l'a pas volé.
Jean-Louis Fournier

Ce livre est classé dans les catégories :

5,49 €
?

Version papier

10,50 €

Ebook protégé

L’éditeur de ce livre a choisi de protéger ce fichier avec la technologie Adobe DRM.

Pour lire ce livre ou le charger sur votre support de lecture, un logiciel propriétaire est nécessaire. En savoir plus.

Vérifier la compatibilité de vos supports

Vous aimerez aussi

Fiche détaillée de “Le petit Meaulnes”

Fiche technique

Résumé

Comme je m'appelle Fournier, on me demande quelquefois si ce n'est pas moi qui ai écrit Le Grand Meaulnes. Je suis bien obligé de répondre non, et chaque fois je sens que je déçois. Pour cette raison j'ai décidé d'écrire Le Petit Meaulnes. Maintenant, je peux répondre : « Je n'ai peut-être pas écrit Le Grand Meaulnes, mais j'ai écrit Le Petit Meaulnes. »
Quand on lit le titre : Petit Meaulnes, on croit d'abord à une énorme faute d'impression, un lapsus d'imprimeur ou, pire, un jeu de mots provocateur destiné à faire rire. Ce n'est pas le cas. Le Petit Meaulnes existe, je l'ai rencontré. La première fois c'était à la page 11 du Grand Meaulnes en édition de poche. Il y fait un passage éclair. On a tout juste le temps d'apprendre qu'il s'appelle Antoine, qu'il est le cadet du Grand Meaulnes et qu'il est mort jeune. La seconde fois c'était beaucoup plus tard, après sa mort, dans les souvenirs qu'il a laissés. Parce qu'il n'est pas mort si jeune que ça, le petit Meaulnes. « C'est jamais drôle d'être le petit, à cause du grand qui est au-dessus », écrit le petit Meaulnes. Il a passé son enfance avec un grand frère surdoué, parfois surestimé, qui l'a physiquement et moralement étouffé. « Quand il arrivait, j'avais l'impression de ne plus exister. Pourtant moi aussi j'avais des choses intéressantes à dire. »
Le petit Meaulnes s'en est sorti parce qu'il avait une bonne nature. Il a compris qu'il ne pourrait s'épanouir qu'en quittant une famille où il n'était ni accepté ni aimé, sauf par son serin : « ... le seul qui a l'air content quand je rentre à la maison... »
Cruel et tendre à la fois, comme savent être les enfants, le petit Meaulnes nous livre ses souvenirs. Si le Grand Meaulnes n'en sort pas indemne ce n'est pas une vengeance. « Il ne faudrait pas croire que j'ai envie de me venger, parce que je l'aimais bien quand même. » Son récit apporte un éclairage nouveau sur le personnage du Grand Meaulnes. Son déséquilibre mental, enfin révélé, nous le rend pathétique et encore plus proche. Et puis, surtout, nous qui avons quitté le Grand Meaulnes jeune, partant pour de nouvelles aventures, nous avons l'extraordinaire surprise de le retrouver quinquagénaire. La révélation tragique de la fin de l'ouvrage nous oblige malgré tout à juger très sévèrement le petit Meaulnes. Pourquoi a-t-il fait ça ? Mais peut-être que nous serons quelques-uns à penser que le Grand Meaulnes ne l'a pas volé.
Jean-Louis Fournier

Biographie de Jean-Louis Fournier

Jean-Louis Fournier est l’auteur chez Stock d’une série de récits personnels dont la plupart ont connu un grand succès critique et public : Il a jamais tué personne, mon papa, Où on va papa ? (prix Femina 2008), Poète et paysan, Veuf, La Servante du Seigneur, Ma mère du Nord.

Avis des internautes


Aucun commentaire n'a été posté sur ce livre.

Ajouter votre commentaire