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Les normalisés


Ce livre est d’abord un constat : le socialisme d’inspiration soviétique perpétue les aliénations que le régime capitaliste a commencé de développer. Si traumatisante que soit cette affirmation, elle n’est en rien scandaleuse, car non seulement des personnalités comme Pierre Daix en garantissent la véracité, mais les pièces à conviction du dossier existent : elles sont tirées de la Presse, pourtant censurée, des pays de l’Est, une Presse que Christian Jelen a systématiquement dépouillée pendant trois ans. Il n’est donc pas question ici d’aborder, une fois de plus, le socialisme soviétique par la terreur stalinienne et les grands procès des années cinquante, par les camps de travail forcé, les asiles psychiatriques et les épurations. Il ne s’agit que de la vie quotidienne de millions de gens anonymes, de l’absence de démocratie dans les entreprises, du règne des chefs petits et grands, des difficultés d’approvisionnement et de logement, des mille réglementations administratives qui obligent ceux qu’elles écrasent à tourner la loi. En partant de ces faits, on peut dire des sociétés d’Europe de l’Est qu’elles se caractérisent concrètement par l’inversion des valeurs qui furent à l’origine celles du mouvement socialiste. Ce livre nous fait vivre, impitoyablement, ce qui se cache derrière la théorie et les apparences : la détérioration des rapports entre les individus — violence, égoïsme sans scrupule, sont devenus des qualités sociales —, la pénurie qui engendre l’envie et le vol systématique de la propriété collective, la surveillance policière qui pousse les citoyens à se retrancher dans un individualisme exacerbé, l’insécurité monétaire des travailleurs qui les oblige au travail « noir », mieux rémunéré, le taux d’emploi très élevé des femmes qui entraîne un fort pourcentage de divorces et une baisse tragique de la natalité, sans parler des névroses, de l’alcoolisme et de la délinquance juvénile. Tous ces comportements, et bien d’autres rapportés ici, confirment l’urgence pour la gauche occidentale d’une analyse sans parti pris ni détour des expériences d’Europe de l’Est. Car seule une telle analyse permettra à d’autres expériences de voir le jour et de se développer d’une manière radicalement différente.

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Résumé

Ce livre est d’abord un constat : le socialisme d’inspiration soviétique perpétue les aliénations que le régime capitaliste a commencé de développer. Si traumatisante que soit cette affirmation, elle n’est en rien scandaleuse, car non seulement des personnalités comme Pierre Daix en garantissent la véracité, mais les pièces à conviction du dossier existent : elles sont tirées de la Presse, pourtant censurée, des pays de l’Est, une Presse que Christian Jelen a systématiquement dépouillée pendant trois ans. Il n’est donc pas question ici d’aborder, une fois de plus, le socialisme soviétique par la terreur stalinienne et les grands procès des années cinquante, par les camps de travail forcé, les asiles psychiatriques et les épurations. Il ne s’agit que de la vie quotidienne de millions de gens anonymes, de l’absence de démocratie dans les entreprises, du règne des chefs petits et grands, des difficultés d’approvisionnement et de logement, des mille réglementations administratives qui obligent ceux qu’elles écrasent à tourner la loi. En partant de ces faits, on peut dire des sociétés d’Europe de l’Est qu’elles se caractérisent concrètement par l’inversion des valeurs qui furent à l’origine celles du mouvement socialiste. Ce livre nous fait vivre, impitoyablement, ce qui se cache derrière la théorie et les apparences : la détérioration des rapports entre les individus — violence, égoïsme sans scrupule, sont devenus des qualités sociales —, la pénurie qui engendre l’envie et le vol systématique de la propriété collective, la surveillance policière qui pousse les citoyens à se retrancher dans un individualisme exacerbé, l’insécurité monétaire des travailleurs qui les oblige au travail « noir », mieux rémunéré, le taux d’emploi très élevé des femmes qui entraîne un fort pourcentage de divorces et une baisse tragique de la natalité, sans parler des névroses, de l’alcoolisme et de la délinquance juvénile. Tous ces comportements, et bien d’autres rapportés ici, confirment l’urgence pour la gauche occidentale d’une analyse sans parti pris ni détour des expériences d’Europe de l’Est. Car seule une telle analyse permettra à d’autres expériences de voir le jour et de se développer d’une manière radicalement différente.

Biographie de Christian Jelen

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