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Lettre ouverte aux fossoyeurs de la médecine


« Ils ont bonne mine, aujourd’hui, tous ceux qui, il y a vingt ans, dressaient le tableau apocalyptique d’un désert médical français... Dans les dix dernières années, le nombre de médecins en exercice a doublé pendant que celui des malades en puissance n’augmentait pratiquement pas. Résultat : les jeunes praticiens se lancent dans une chasse effrénée à la clientèle, qui ne leur assure pas toujours un niveau de vie décent mais compromet à coup sûr l’équilibre déjà fragile des cabinets existants. Et tout cela aux dépens de leurs compétences, car n’en déplaise aux tenants d’une hypothétique “médecine lente” : il n’y a de bon médecin que celui qui voit un nombre suffisamment important de malades chaque jour ! « Trop de médecins, mais aussi trop d’argent : ne nous en a-t-on pas rebattu les oreilles de ce budget social de la nation qui dépasse en importance le budget de l’État ! L’air de dire aux médecins : vous voyez ce que vous coûtez cher aux autres Français... Comme si les praticiens étaient pour quelque chose dans l’irrésistible extension de cette version moderne de la tunique de Nessus que l’on nomme “couverture sociale.” « Trop d’argent, mais aussi pas assez d’argent. Car à l’heure de la crise économique, que vouliez-vous qu’il arrivât à ce que nos technocrates ont baptisé le “marché de la santé” ? C’est ainsi que les Français d’abord étonnés ont pris l’habitude, depuis plusieurs années, de voir défiler dans les rues des cohortes de blouses blanches ainsi réduites à “faire la manche” pour obtenir - et la plupart du temps pour ne pas obtenir - les moyens de soigner dignement leurs prochains. « Trop de réformes, aussi, comme on peut notamment le voir en ce moment avec l’élaboration à marche forcée - pour ne pas dire aux forceps - de ce qu’un quotidien du soir aux prétentions planétaires a pu joliment nommer “l’hôpital de la gauche.” « C’est de tous ces trop qu’il est question dans cette lettre ouverte qui s’adresse à tous - et pour cause ! » R.T.

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Fiche technique

Résumé

« Ils ont bonne mine, aujourd’hui, tous ceux qui, il y a vingt ans, dressaient le tableau apocalyptique d’un désert médical français... Dans les dix dernières années, le nombre de médecins en exercice a doublé pendant que celui des malades en puissance n’augmentait pratiquement pas. Résultat : les jeunes praticiens se lancent dans une chasse effrénée à la clientèle, qui ne leur assure pas toujours un niveau de vie décent mais compromet à coup sûr l’équilibre déjà fragile des cabinets existants. Et tout cela aux dépens de leurs compétences, car n’en déplaise aux tenants d’une hypothétique “médecine lente” : il n’y a de bon médecin que celui qui voit un nombre suffisamment important de malades chaque jour ! « Trop de médecins, mais aussi trop d’argent : ne nous en a-t-on pas rebattu les oreilles de ce budget social de la nation qui dépasse en importance le budget de l’État ! L’air de dire aux médecins : vous voyez ce que vous coûtez cher aux autres Français... Comme si les praticiens étaient pour quelque chose dans l’irrésistible extension de cette version moderne de la tunique de Nessus que l’on nomme “couverture sociale.” « Trop d’argent, mais aussi pas assez d’argent. Car à l’heure de la crise économique, que vouliez-vous qu’il arrivât à ce que nos technocrates ont baptisé le “marché de la santé” ? C’est ainsi que les Français d’abord étonnés ont pris l’habitude, depuis plusieurs années, de voir défiler dans les rues des cohortes de blouses blanches ainsi réduites à “faire la manche” pour obtenir - et la plupart du temps pour ne pas obtenir - les moyens de soigner dignement leurs prochains. « Trop de réformes, aussi, comme on peut notamment le voir en ce moment avec l’élaboration à marche forcée - pour ne pas dire aux forceps - de ce qu’un quotidien du soir aux prétentions planétaires a pu joliment nommer “l’hôpital de la gauche.” « C’est de tous ces trop qu’il est question dans cette lettre ouverte qui s’adresse à tous - et pour cause ! » R.T.

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