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Lignes de vie


« Une histoire merveilleusement bien écrite, dans laquelle Graham Joyce conjugue drame familial et réalisme magique. » - Booklist
« Un roman émouvant, délicieusement nostalgique, avec une subtile touche de fantastique. » - Publishers Weekly

À Coventry, après la Seconde Guerre mondiale, chacun essaie de retrouver une vie normale. C’est le cas de Martha Vine, matriarche aussi charismatique qu’elle est tendre avec ses sept filles. Cassie, la plus jeune, n’a pas le courage de confier à des parents adoptifs le fils de père inconnu auquel elle vient de donner naissance. Le petit Frank sera donc élevé à tour de rôle par chacune des sœurs de cette famille singulière. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies qui empruntent des chemins si différents, dans les drames et les illusions de l’après-guerre. Mais Frank est un enfant unique en son genre, doué d’intuitions étonnantes; tout comme sa grand-mère, qui a un don de prémonition...

Extrait :
« Les sœurs rappellent à Cassie pourquoi elle ne peut pas le garder. Il y a eu la fois où elle a disparu toute une semaine et, aujourd’hui encore, on ne sait ni où ni pourquoi. Et la fois où un policier l’a raccompagnée chez elle à trois heures du matin après l’avoir découverte en train d’errer dans les décombres d’Owen & Owen détruit par les bombes. Puis l’incident des GI, et regardez où ça l’avait menée. Et la fois où les pompiers avaient dû la faire descendre du toit. Celle où elle avait bu de ce whisky que le mari d’Olive avait fauché dans la cave de chez Watson. Sans parler de la terrible nuit du bombardement. Oui, sans parler de ça. Et ainsi de suite.
Quel genre de mère est-ce que tu ferais, Cassie ?
— Elle peut pas le garder, déclare Aida. Aida est l’aînée, la trentaine déjà bien avancée, ce qui lui donne la priorité pour tenir tête à Martha.
— Ce ne serait pas juste pour le gamin. Et tu sais bien qu’aucune d’entre nous ne peut se permettre de l’élever. Et toi, tu es trop vieille, avec ta canne et tout ça.
— Je sais bien qu’aucune de vous ne veut le garder, reconnaît Martha. On en a déjà parlé. Et je ne vois pas pourquoi l’une de vous devrait hériter du fardeau. Elle a eu tout le plaisir, faudra bien qu’elle goûte aussi un peu de l’amertume. Mais écoutez-moi bien. Toutes autant que vous êtes, vous avez mauvaise conscience depuis qu’on a donné l’autre. Toutes autant que vous êtes. Et moi aussi. Y a pas un jour où ça ne me traverse pas l’esprit. Alors peut-être qu’on peut réparer la faute à moitié.
— Et comment qu’on va faire ? demande Aida. Et puis moi, avec mon asthme...
— On va se le partager, dit Martha. Faire un roulement.
— Se le partager? glapit Olive. On ne peut pas faire ça !
— Mais si, et c’est ce qu’on va faire, déclare Martha.»

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5,99 €
Sortie prévue le 17/10/18. ?
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Fiche détaillée de “Lignes de vie”

Fiche technique

Résumé

« Une histoire merveilleusement bien écrite, dans laquelle Graham Joyce conjugue drame familial et réalisme magique. » - Booklist
« Un roman émouvant, délicieusement nostalgique, avec une subtile touche de fantastique. » - Publishers Weekly

À Coventry, après la Seconde Guerre mondiale, chacun essaie de retrouver une vie normale. C’est le cas de Martha Vine, matriarche aussi charismatique qu’elle est tendre avec ses sept filles. Cassie, la plus jeune, n’a pas le courage de confier à des parents adoptifs le fils de père inconnu auquel elle vient de donner naissance. Le petit Frank sera donc élevé à tour de rôle par chacune des sœurs de cette famille singulière. Ainsi l’enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies qui empruntent des chemins si différents, dans les drames et les illusions de l’après-guerre. Mais Frank est un enfant unique en son genre, doué d’intuitions étonnantes; tout comme sa grand-mère, qui a un don de prémonition...

Extrait :
« Les sœurs rappellent à Cassie pourquoi elle ne peut pas le garder. Il y a eu la fois où elle a disparu toute une semaine et, aujourd’hui encore, on ne sait ni où ni pourquoi. Et la fois où un policier l’a raccompagnée chez elle à trois heures du matin après l’avoir découverte en train d’errer dans les décombres d’Owen & Owen détruit par les bombes. Puis l’incident des GI, et regardez où ça l’avait menée. Et la fois où les pompiers avaient dû la faire descendre du toit. Celle où elle avait bu de ce whisky que le mari d’Olive avait fauché dans la cave de chez Watson. Sans parler de la terrible nuit du bombardement. Oui, sans parler de ça. Et ainsi de suite.
Quel genre de mère est-ce que tu ferais, Cassie ?
— Elle peut pas le garder, déclare Aida. Aida est l’aînée, la trentaine déjà bien avancée, ce qui lui donne la priorité pour tenir tête à Martha.
— Ce ne serait pas juste pour le gamin. Et tu sais bien qu’aucune d’entre nous ne peut se permettre de l’élever. Et toi, tu es trop vieille, avec ta canne et tout ça.
— Je sais bien qu’aucune de vous ne veut le garder, reconnaît Martha. On en a déjà parlé. Et je ne vois pas pourquoi l’une de vous devrait hériter du fardeau. Elle a eu tout le plaisir, faudra bien qu’elle goûte aussi un peu de l’amertume. Mais écoutez-moi bien. Toutes autant que vous êtes, vous avez mauvaise conscience depuis qu’on a donné l’autre. Toutes autant que vous êtes. Et moi aussi. Y a pas un jour où ça ne me traverse pas l’esprit. Alors peut-être qu’on peut réparer la faute à moitié.
— Et comment qu’on va faire ? demande Aida. Et puis moi, avec mon asthme...
— On va se le partager, dit Martha. Faire un roulement.
— Se le partager? glapit Olive. On ne peut pas faire ça !
— Mais si, et c’est ce qu’on va faire, déclare Martha.»

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