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Quand finira la nuit ?


Une famille unie, deux filles qui grandissent, un appartement agréable, une belle situation : ce qu’on appelle des gens heureux. Dans son travail comme sur les courts de tennis, Jean, quinquagénaire bronzé qui ne fait pas son âge, est vivant, dynamique, sain. A peine une ombre à cette quiétude : Jean souffre d’une petite gêne intercostale dont le médecin de famille, consulté, ne semble guère s’alarmer. Il se contente de prescrire un médicament-miracle qui fait aussitôt disparaître la douleur. Mais l’effet n’est que momentané. On consulte donc un grand spécialiste qui prescrit une intervention chirurgicale. Pendant des semaines, des mois, le malade et sa famille ne sauront pas ce qu’on a trouvé, ni si l’opération est une réussite ou non. Paroles vagues, rassurantes quand même. Puis silences, dérobades du médecin. Espoirs et craintes, illusions suivies de doutes, un horrible jeu des mensonges s’installe et se poursuit tout au long d’une année entre une épouse qui soupçonne sans savoir, un médecin insaisissable, un malade à qui on cache tout. Jean est sorti de la clinique transformé : physiquement, c’est une ombre dont l’épuisement ira croissant. Mais les drogues lui donnent une force inhumaine, des accès de génie furieux. Cet homme réservé devient expansif, autoritaire, cassant, presque fou, et, ce qui fait encore plus souffrir ceux qui l’aiment, ridicule. Peu à peu, chacun s’écarte de lui instinctivement : au bureau, dans les hôtels, dans la rue. Lorsque enfin les médecins se décident à prescrire un congé de maladie et à retirer Jean du combat inégal qu’il mène, ils continuent à le leurrer avant de fuir dans un mutisme pire que le mensonge. Confié à l’hôpital, drogué de façon judicieuse, Jean redevient mentalement et moralement lui-même. Mais le mal causé par le mensonge et par l’incohérence est irréversible. Ni Jean ni les siens ne pourront retrouver les voies ni les mots de l’amour et de la compassion. Avec une simplicité poignante, Andrée Martinerie se borne à relater les faits, l’intrusion de l’horreur dans une « existence ordinaire ». Cette aventure atroce est quotidienne, banale en somme : elle peut arriver à tout le monde, au détour du hasard. Mais ce récit déchiré est bien plus qu’un témoignage : c’est aussi un cri de révolte, une interrogation, une angoisse qui nous intéresse tous. Pourquoi ce silence des médecins, pourquoi ces drogues, pourquoi conduire une existence au-delà des limites de la dignité humaine ? La mort de Jean lui est volée. Qui sait si on ne nous volera pas aussi notre mort et celle de nos proches sous prétexte de nous en retirer la conscience ? Doit-on vraiment finir sans recours dans cette nuit désolée, pour entrer dans une autre nuit plus profonde encore ?

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Résumé

Une famille unie, deux filles qui grandissent, un appartement agréable, une belle situation : ce qu’on appelle des gens heureux. Dans son travail comme sur les courts de tennis, Jean, quinquagénaire bronzé qui ne fait pas son âge, est vivant, dynamique, sain. A peine une ombre à cette quiétude : Jean souffre d’une petite gêne intercostale dont le médecin de famille, consulté, ne semble guère s’alarmer. Il se contente de prescrire un médicament-miracle qui fait aussitôt disparaître la douleur. Mais l’effet n’est que momentané. On consulte donc un grand spécialiste qui prescrit une intervention chirurgicale. Pendant des semaines, des mois, le malade et sa famille ne sauront pas ce qu’on a trouvé, ni si l’opération est une réussite ou non. Paroles vagues, rassurantes quand même. Puis silences, dérobades du médecin. Espoirs et craintes, illusions suivies de doutes, un horrible jeu des mensonges s’installe et se poursuit tout au long d’une année entre une épouse qui soupçonne sans savoir, un médecin insaisissable, un malade à qui on cache tout. Jean est sorti de la clinique transformé : physiquement, c’est une ombre dont l’épuisement ira croissant. Mais les drogues lui donnent une force inhumaine, des accès de génie furieux. Cet homme réservé devient expansif, autoritaire, cassant, presque fou, et, ce qui fait encore plus souffrir ceux qui l’aiment, ridicule. Peu à peu, chacun s’écarte de lui instinctivement : au bureau, dans les hôtels, dans la rue. Lorsque enfin les médecins se décident à prescrire un congé de maladie et à retirer Jean du combat inégal qu’il mène, ils continuent à le leurrer avant de fuir dans un mutisme pire que le mensonge. Confié à l’hôpital, drogué de façon judicieuse, Jean redevient mentalement et moralement lui-même. Mais le mal causé par le mensonge et par l’incohérence est irréversible. Ni Jean ni les siens ne pourront retrouver les voies ni les mots de l’amour et de la compassion. Avec une simplicité poignante, Andrée Martinerie se borne à relater les faits, l’intrusion de l’horreur dans une « existence ordinaire ». Cette aventure atroce est quotidienne, banale en somme : elle peut arriver à tout le monde, au détour du hasard. Mais ce récit déchiré est bien plus qu’un témoignage : c’est aussi un cri de révolte, une interrogation, une angoisse qui nous intéresse tous. Pourquoi ce silence des médecins, pourquoi ces drogues, pourquoi conduire une existence au-delà des limites de la dignité humaine ? La mort de Jean lui est volée. Qui sait si on ne nous volera pas aussi notre mort et celle de nos proches sous prétexte de nous en retirer la conscience ? Doit-on vraiment finir sans recours dans cette nuit désolée, pour entrer dans une autre nuit plus profonde encore ?

Biographie d’Andrée Martinerie

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