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Racines choisies, les paysans résistent !


Bien sûr, il y eut le Larzac. Pour un José Bové, combien de fermes abandonnées et combien de paysans résistants ? L'Aveyron de Raymond Lacombe ou de la Confédération paysanne demeure un laboratoire de toutes les luttes agricoles. En dix ans, le département a perdu des milliers d'exploitations agricoles. S'il reste agricole et rural, la barre symbolique des 10 000 fermes a silencieusement été franchie en 2008. Le spectre du " désert vert " hante les esprits. Une centaine d'agriculteurs, jeunes ou pas, s'installent pourtant en moyenne chaque année sur les anciennes terres du Rouergue. Des milliers à l'échelle de tous les vieux " pays " de France. Là comme ailleurs, le métier se féminise. Fermières néo-rurales ou éleveurs " purs porcs ", tou(te)s ont choisi de vivre et travailler ici. Ne gardent pas les deux pieds dans le même sabot. Coopératives, circuits courts, produits bio ou gîtes ruraux : il faut se multiplier pour faire souche. Les racines d'aujourd'hui sont choisies, pas subies. Condamnées à la disparition, les vaches de race Aubrac sont devenues l'âme d'un futur parc naturel régional. Personne n'aurait l'idée de les enfermer par milliers dans quelques " fermes usines " incongrues dans ce paysage. Aubrac, Larzac, même combat ! Restera-t-il des paysans à l'heure de la mondialisation ? Dans un livre prophétique qui vantait la modernisation des campagnes, le sociologue Henri Mendras diagnostiquait en 1967 la fin d'une civilisation millénaire. Les tracteurs, les engrais de synthèse ou les OGM n'ont pas eu raison des résistances, intérieures comme extérieures. Désormais, ce sont les consommateurs qui ont faim de paysans. Nous sommes leurs meilleurs alliés.



Stéphane Thépot est journaliste professionnel depuis une trentaine d'années à Toulouse. Il a travaillé et collabore encore pour plusieurs titres de la presse nationale (Le Monde, Le Point, L'Express, La Croix, etc.). Diplômé de l'Institut d'études politiques de Toulouse, il effectue ses premiers " travaux pratiques " en presse écrite pour La Volonté paysanne, hebdomadaire agricole de l'Aveyron, à la fin des années 1980. Il aura ainsi l'occasion de rencontrer in situ Raymond Lacombe, président de la FNSEA, et José Bové, fondateur de la Confédération paysanne. Il sera ensuite rédacteur en chef des Réalités de l'écologie. Ce mensuel, aujourd'hui disparu, lui aura permis de faire la connaissance de René Dumont ou Théodore Monod. Reporter tout-terrain issu de ces radios que l'on disait " libres ", il s'efforce de rester à l'écoute des " signaux faibles " qui émanent des territoires au-delà du bruit médiatique, dans les campagnes comme dans les quartiers. Il est notamment l'auteur d'un guide à destination des nouveaux habitants de la métropole toulousaine (collection " S'installer à ", éditions Héliopole).

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Bien sûr, il y eut le Larzac. Pour un José Bové, combien de fermes abandonnées et combien de paysans résistants ? L'Aveyron de Raymond Lacombe ou de la Confédération paysanne demeure un laboratoire de toutes les luttes agricoles. En dix ans, le département a perdu des milliers d'exploitations agricoles. S'il reste agricole et rural, la barre symbolique des 10 000 fermes a silencieusement été franchie en 2008. Le spectre du " désert vert " hante les esprits. Une centaine d'agriculteurs, jeunes ou pas, s'installent pourtant en moyenne chaque année sur les anciennes terres du Rouergue. Des milliers à l'échelle de tous les vieux " pays " de France. Là comme ailleurs, le métier se féminise. Fermières néo-rurales ou éleveurs " purs porcs ", tou(te)s ont choisi de vivre et travailler ici. Ne gardent pas les deux pieds dans le même sabot. Coopératives, circuits courts, produits bio ou gîtes ruraux : il faut se multiplier pour faire souche. Les racines d'aujourd'hui sont choisies, pas subies. Condamnées à la disparition, les vaches de race Aubrac sont devenues l'âme d'un futur parc naturel régional. Personne n'aurait l'idée de les enfermer par milliers dans quelques " fermes usines " incongrues dans ce paysage. Aubrac, Larzac, même combat ! Restera-t-il des paysans à l'heure de la mondialisation ? Dans un livre prophétique qui vantait la modernisation des campagnes, le sociologue Henri Mendras diagnostiquait en 1967 la fin d'une civilisation millénaire. Les tracteurs, les engrais de synthèse ou les OGM n'ont pas eu raison des résistances, intérieures comme extérieures. Désormais, ce sont les consommateurs qui ont faim de paysans. Nous sommes leurs meilleurs alliés.



Stéphane Thépot est journaliste professionnel depuis une trentaine d'années à Toulouse. Il a travaillé et collabore encore pour plusieurs titres de la presse nationale (Le Monde, Le Point, L'Express, La Croix, etc.). Diplômé de l'Institut d'études politiques de Toulouse, il effectue ses premiers " travaux pratiques " en presse écrite pour La Volonté paysanne, hebdomadaire agricole de l'Aveyron, à la fin des années 1980. Il aura ainsi l'occasion de rencontrer in situ Raymond Lacombe, président de la FNSEA, et José Bové, fondateur de la Confédération paysanne. Il sera ensuite rédacteur en chef des Réalités de l'écologie. Ce mensuel, aujourd'hui disparu, lui aura permis de faire la connaissance de René Dumont ou Théodore Monod. Reporter tout-terrain issu de ces radios que l'on disait " libres ", il s'efforce de rester à l'écoute des " signaux faibles " qui émanent des territoires au-delà du bruit médiatique, dans les campagnes comme dans les quartiers. Il est notamment l'auteur d'un guide à destination des nouveaux habitants de la métropole toulousaine (collection " S'installer à ", éditions Héliopole).

Biographie de Stephane Thepot

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