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Voyage autour d’une bibliothèque


Je descendis sur la rive de notre fleuve aimé ; j’avais besoin d’être seul, car je souffrais. Une inquiétude profonde troublait toutes mes joies, et je regardais l’avenir avec effroi. Alors un homme s’approcha de moi... Il me tendit la main et me dit : « Venez ! » Je le suivis. De temps en temps je me détournais pour regarder la féérie du soleil et de l’onde, s’unissant dans un baiser de feu. «Je ne vous arrache pas à la poésie, dit-il encore, mais j’ai pitié de vous et je vous sauve.» Et, quand nous eûmes longtemps marché par les chemins devenus sombres, il me fit entrer dans une demeure étrange où tout le monde venait, mais où personne n’avait son foyer. Nous traversâmes de longs corridors, et ceux qui nous rencontraient se découvraient en faisant de profonds saluts. Il souriait à tout le monde, et tout le monde paraissait l’aimer. Il ouvrit une porte rouge et, me poussant dans une pièce immense, il me dit en riant : «Poète, voilà tes amis désormais.» La pièce, c’était une bibliothèque, les amis, c’étaient des livres. Un trouble singulier s’empara de moi, et j’étais ému jusqu’aux larmes. Il me semblait que tous les livres étalés sur les rayons bordés d’une dentelle rouge, me regardaient avec curiosité et m’interrogeaient. Je ne pouvais surmonter ma timidité naturelle, et j’allais implorer le secours de mon bienfaiteur, quand un bouquin ridé, poussiéreux, s’ouvrit de lui-même et me fit lire, sur ses pages jaunies, ces paroles remplies de sagesse : «Choisis pour ton ami l’homme que tu connais le plus vertueux, ne résiste point à la douceur de ses conseils, et suis ses utiles exemples».

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Fiche technique

Résumé

Je descendis sur la rive de notre fleuve aimé ; j’avais besoin d’être seul, car je souffrais. Une inquiétude profonde troublait toutes mes joies, et je regardais l’avenir avec effroi. Alors un homme s’approcha de moi... Il me tendit la main et me dit : « Venez ! » Je le suivis. De temps en temps je me détournais pour regarder la féérie du soleil et de l’onde, s’unissant dans un baiser de feu. «Je ne vous arrache pas à la poésie, dit-il encore, mais j’ai pitié de vous et je vous sauve.» Et, quand nous eûmes longtemps marché par les chemins devenus sombres, il me fit entrer dans une demeure étrange où tout le monde venait, mais où personne n’avait son foyer. Nous traversâmes de longs corridors, et ceux qui nous rencontraient se découvraient en faisant de profonds saluts. Il souriait à tout le monde, et tout le monde paraissait l’aimer. Il ouvrit une porte rouge et, me poussant dans une pièce immense, il me dit en riant : «Poète, voilà tes amis désormais.» La pièce, c’était une bibliothèque, les amis, c’étaient des livres. Un trouble singulier s’empara de moi, et j’étais ému jusqu’aux larmes. Il me semblait que tous les livres étalés sur les rayons bordés d’une dentelle rouge, me regardaient avec curiosité et m’interrogeaient. Je ne pouvais surmonter ma timidité naturelle, et j’allais implorer le secours de mon bienfaiteur, quand un bouquin ridé, poussiéreux, s’ouvrit de lui-même et me fit lire, sur ses pages jaunies, ces paroles remplies de sagesse : «Choisis pour ton ami l’homme que tu connais le plus vertueux, ne résiste point à la douceur de ses conseils, et suis ses utiles exemples».

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