Alain Corbin

  • Chacun peut éprouver le vent, sa présence, sa force, son influence. Parfois il crie et rugit, parfois il soupire ou caresse. Certains vents glacent, d'autres étouffent. Si l'homme a depuis l'Antiquité témoigné de cette expérience, il s'est longtemps heurté au mystère de ce flux invisible, continu, imprévisible. Le vent, aux traits immuables, échapperait-il à l'histoire  ?
    Il n'en est rien. Dans cet essai sensible, Alain Corbin nous guide au fil d'une quête initiée à la fin du xviiie siècle pour comprendre les mécanismes d'un élément longtemps indomptable. C'est le temps de nouvelles expériences du vent, vécues au sommet de la montagne, dans les déserts ou, pour la première fois, dans l'espace aérien. Se modifient alors les manières de l'imaginer, de le dire, de le rêver, inspirant les plus grands écrivains, à commencer par Victor Hugo.
    Un champ immense se dessine aux yeux de l'historien  ; d'autant que le vent est aussi, et peut-être avant tout, symbole du temps et de l'oubli.
     
    Historien spécialiste du xixe  siècle, Alain Corbin est mondialement reconnu pour son approche novatrice sur l'historicité des sens et du sensible, auxquels il a consacré de très nombreux ouvrages. Co-directeur d'une Histoire des émotions  (Seuil, 2016, 2 vol.), il a récemment publié La fraîcheur de l'herbe (Fayard, 2018  ; Pluriel, 2019) et Terra incognita. Une histoire de l'ignorance (Albin Michel, 2020).

  • L'Histoire de l'ignorance est une question essentielle. Pendant des millénaires, nous, les humains, ne savions presque rien de la terre. Nous nous référions surtout à nos territoires, à nos paysages, à nos villages. Sur les cartes on pouvait lire par endroit : Terra Incognita. Ce livre raconte les incroyables erreurs auxquelles il a fallu se heurter pour découvrir les secrets de notre planète bleue.
    Des erreurs parfois brillantes, souvent étranges, mais toujours fascinantes. A l'aube du XIXe siècle, la météorologie était pleine d'inconnues. En 1840, les fonds marins étaient totalement mystérieux. En 1870, la majorité des savants pensaient qu'une mer recouvrait les pôles. En 1900, nul n'avait atteint la stratosphère... L'ignorance a stimulé l'imaginaire de nos ancêtres. Le livre d'Alain Corbin réveille notre soif de savoir, et change notre regard sur le monde.

  • Ils ont été sidérés par la présence de l´arbre, saisis par le jeu des temporalités de ce passeur entre le monde chtonien et le monde ouranien. Ils ont éprouvé l´admiration, mais aussi l´horreur, inspirés par ce végétal souverain. Presque tous ont guetté, écouté, la parole de l´arbre. Certains ont espéré profiter de ses messages, en faire leur mentor, engager un dialogue avec lui. D´autres, plus rares lui ont déclaré leur amour. L´objet de ce livre est de suivre depuis l´Antiquité gréco-romaine ceux qui ont su « voir l´arbre » : Horace et Virgile, mais aussi Ronsard et La Fontaine. Par la suite, Rousseau, Goethe, Novalis et, en France, Chateaubriand, Senancour, Maurice de Guérin, avant Verhaeren, Proust, Francis Ponge et Yves Bonnefoy. Bien entendu, il y eut aussi des peintres. Autant de sensations et d´émotions qui ont suscité des pratiques : s´étendre sous les ombrages, s´y délasser, y méditer, s´enfouir dans le végétal, s´y réfugier, y grimper constituent autant de comportements répondant à des pulsions profondes. À l´époque contemporaine, certains ont tenté d´incruster leur corps dans l´écorce, en espérant que le végétal ferait croître l´empreinte. À l´extrême, des moribonds ont souhaité que leur ADN soit transmis à l´arbre planté sur leur tombe. On le voit, c´est à une longue promenade que ce livre invite, à la rencontre de l´arbre champêtre, de l´arbre haie, de l´arbre isolé et sauvage comme de l´arbre domestique. Il s´agit ici de l´histoire des émotions éprouvées par des individus qui, au fil des siècles, possédaient la rhétorique pour les dire.

  • Le vert aurait une vertu apaisante. Et à voir les balcons et les toits de nos immeubles, les trottoirs de nos villes, les citadins d'aujourd'hui tentent d'en tirer leçon. La verdure reprend ses droits, comme pour répondre à un désir, comme pour retrouver des émotions perdues.
    Nombreux sont ceux qui célébrèrent ce pouvoir sensible de l'herbe. De Lucrèce à Pétrarque, de Ronsard à George Sand, de Lamartine à René Char, Alain Corbin dresse un portrait de ces hommages rendus à l'herbe dans tous ses états, en brin ou en touffe, mauvaise ou folle. Et l'on renoue alors avec des sensations familières  : la joie de l'enfant se roulant dans l'herbe, l'invitation au repos après un déjeuner sur l'herbe, les odeurs de foin coupé, le bourdonnement du petit monde des prés, mais aussi l'érotisme d'un lit d'herbe, jusqu'à la paix provoquée par l'herbe disciplinée des cimetières.
    Au gré des citations qu'il éclaire de son regard d'historien, Alain Corbin nous convie à une promenade sensible et verdoyante.
     
    Historien spécialiste du xixe  siècle en France, Alain Corbin est reconnu internationalement pour son approche novatrice sur l'historicité des sens et du sensible, auxquels il a consacré de très nombreux ouvrages. Auteur des Filles de rêve (Fayard, 2014) et de La Douceur de l'ombre (Fayard, 2016), il a récemment dirigé l'Histoire des émotions (Seuil, 2016, 2 vol.).

  • À partir de 1750, on a peu à peu cessé, en Occident, de tolérer la proximité de l'excrément ou de l'ordure, et d'apprécier les lourdes senteurs du musc.Une sensibilité nouvelle est apparue, qui a poussé les élites, affolées par les miasmes urbains, à chercher une atmosphère plus pure dans les parcs et sur les flancs des montagnes. C'est le début d'une fascinante entreprise de désodorisation : le bourgeois du XIXe siècle fuit le contact du pauvre, puant comme la mort, comme le péché, et entreprend de purifier l'haleine de sa demeure ; imposant leur délicatesse, les odeurs végétales donnent naissance à un nouvel érotisme. Le terme de cette entreprise, c'est le silence olfactif de notre environnement actuel.Chef-d'oeuvre de l'histoire des sensibilités, Le Miasme et la Jonquille a été traduit dans une dizaine de langues.

  • Stendhal la déteste, Baudelaire en fait l'un des éléments du spleen, certains la mêlent aux larmes, les souverains et chefs d'État en font un usage politique - d'aucuns vont jusqu'à renoncer au parapluie lors des cérémonies officielles pour partager avec le peuple les adversités météorologiques...
    Parce qu'on ne l'a pas toujours observée et vécue de la même manière, la pluie a une histoire. Dans la veine de sa récente Histoire du silence, Alain Corbin la retrace dans ces pages savoureuses. De la fin du XVIIIe siècle à nos jours, on y croisera nombre d'écrivains et d'artistes, des hommes d'État, des pratiques oubliées ; on découvrira que de l'invocation des « saints pleurards » à l'obsession contemporaine de la prévision météo, le chemin n'est pas si long qu'on pourrait le croire...

  • Cet ouvrage réunit trois conférences d'Alain Corbin, dans lesquelles l'auteur se penche sur notre rapport à la météorologie, à l'eau et à la mer.
    La sensibilité au temps qu'il fait a une histoire : chaleur et froid polaire, pluie, vent n'ont ni la même signification ni la même réception selon les époques. De même, notre relation avec l'eau, douce ou salée, a évolué : bienfaisantes ou malfaisantes pour le corps humain, toutes les eaux ne se valent pas, et leurs qualités, illusoires ou non, changent au fil des siècles. Enfin, si les bords de mer sont déjà convoités à l'époque romaine, ce n'est qu'à partir du XVIIIe siècle que les rivages exercent une véritable attraction.
    Les angoisses face au ciel, l'eau comme « riche support de croyances, de fantasmes et, surtout, de rêves », la mer « apprivoisée », vue de la terre ferme - ce sont ces matières-là, malléables et fascinantes, qui nourrissent les pages de l'historien.

  • Août 1870. À Hautefaye, petit village du Périgord, un jeune noble accusé d'avoir crié « Vive la République ! » est supplicié puis brûlé par des villageois.Février 1871. Le journaliste républicain Charles Ponsac met en évidence ce qui constitue le drame en objet historique : « Jamais, écrit-il, dans les annales du crime, on ne rencontra un meurtre aussi épouvantable. Le crime d'Hautefaye est un crime en quelque sorte tout politique. »Dans ce livre qui a fait date pour l'originalité de son parti pris méthodologique, Alain Corbin enquête sur ce meurtre épouvantable né de la fureur paysanne. Il reconstitue le climat politique de 1870 et montre comment la simplicité des représentations politiques, le flot des rumeurs, la hantise du retour de l'ordre ancien et des calamités passées amènent une population rurale à recourir à une telle cruauté.Un récit magistral.

  • À l'aube du XVIIIe siècle, les colères de l'océan accentuent la répulsion inspirée par les grèves désertes et lugubres.
    Nulle part, excepté dans l'oeuvre de rares individus, ne se dit l'admiration pour l'espace infini des flots ; nulle part ne s'exprime le désir d'affronter la puissance des vagues, de ressentir la fraîcheur du sable.
    C'est entre 1750 et 1840 que s'éveille puis se déploie le désir collectif du rivage. La plage alors s'intègre à la riche fantasmagorie des lisières ; elle s'oppose à la pathologie urbaine. Au bord de la mer, mieux qu'ailleurs, l'individu se confronte aux éléments, jouit de la sublimité du paysage.
    Le long des grèves septentrionales, l'alternance du flux et du reflux, le spectacle d'un peuple de « petits pêcheurs », simple, héroïque et redoutable, conduisent l'errance et la rêverie. Dans le saisissement de l'immersion, qui mêle le plaisir et la douleur de la suffocation, s'élabore une façon neuve d'appréhender son corps.

  • Dans ce livre devenu un classique, Alain Corbin s'est penché sur le grouillement des disparus du XIXe siècle, en quête d'une existence ordinaire. Il a laissé au hasard absolu le soin de lui désigner un être au souvenir aboli, englouti dans la masse confuse des morts, sans chance aucune de laisser une trace dans les mémoires.Né en 1798, mort en 1876, Louis-François Pinagot, le sabotier de la Basse-Frêne, n'a jamais pris la parole et ne savait du reste ni lire ni écrire ; il représente ici le commun des mortels. Un jeu de patience infini se dessine, afin d'en reconstituer le destin - mais eut-il jamais conscience d'en avoir un ?Par cette méditation sur la disparition autant que par les méthodes d'investigation nouvelles qu'il met en oeuvre, ce livre a fait date dans l'écriture de l'histoire contemporaine.

  • Reconnu comme le grand historien des sens et de l'évolution des sensibilités, Alain Corbin, auteur notamment du Miasme et la Jonquille, consacre Les Cloches de la terre à l'étude du « paysage sonore ».
    En exploitant pour la première fois les quelques dix mille affaires de cloches que le XIXe siècle nous a laissées, il découvre à quel point ces sources insolites sont au centre de tout un ordre symbolique. La cloche préside au rythme de la vie rurale, oriente son espace ; elle définit une identité et cristallise un attachement à la terre. La sonnerie constitue un langage, fonde un système de communication et accompagne des modes oubliés de relations entre les individus, entre les vivants et les morts. Enfin, qu'il s'agisse de traduire la liesse, la menace du feu ou du sang, la terreur des épidémies, il n'est pas de profonde émotion collective qui n'implique un recours à la cloche. Du même coup, maîtriser l'usage de la sonnerie constitue un enjeu majeur dans le déroulement des luttes de pouvoir qui agitent les microcosmes campagnards.
    L'historien, dans cet ouvrage brillant, se tient à l'écoute des hommes du passé, en vue de détecter et non de décréter les passions qui les animaient et de comprendre un monde récemment disparu.

  • Les filles de rêve

    Alain Corbin

    • Fayard
    • 27 Août 2014

    La déesse Diane séduisait les chasseurs sans jamais se donner. Depuis des siècles, les hommes, notamment les plus jeunes, ont confié avoir été éblouis par une jeune fille, tout juste croisée, jamais revue, image à laquelle leur vie durant ils sont restés

  • En 1967, Alain Corbin recueille, auprès d'hommes et de femmes du centre de la France, les représentations, les convictions, les impressions politiques qui ont été les leurs au coeur des années trente. Leurs paroles trahissent la peur de l'étranger, la quête d'un leader, la crise économique. La tension insurrectionnelle dans le pays, la pression du budget de l'Etat, l'espoir d'un Front populaire sont palpables mais l'ombre de la Grande Guerre conditionne tout.
    À cinquante ans de distance, cette « histoire en rase-mottes », plongée fascinante dans les mentalités françaises entre crise et quotidien ordinaire, fait étrangement écho à nos interrogations contemporaines. Elle donne à entendre un univers mental qui met à mal les stéréotypes toujours vivaces sur les années trente, rendant plus complexe et moins tranchée l'histoire de ce temps.

  • "J'avais quatre ans en 1940. Mes impressions et mes émotions de ce temps-là sont restées intactes dans ma mémoire : celles d'un petit garçon qui traversa la guerre plus qu'il ne la subit. Durant cinq années, je ne l'éprouvai que par petites touches : la mélodie du brouillage de Radio Londres, l'expression de mon père à l'annonce du bombardement de Pearl Harbor, quelques uniformes allemands, une tache de sang sur le trottoir...
    Une autre chose hante mes souvenirs de ces années noires : le parfum de la vie dans le giron de deux mondes, celui, clérical, du plus profond des bocages français, dans les collines de Normandie, et, à l'occasion des grandes vacances, celui de l'orée du Perche, moins fervent. Deux mondes différents mais arrimés de la même façon au XIXe siècle par des moeurs ancestrales. Deux mondes aujourd'hui disparus.
    Me plonger dans ces souvenirs, c'est faire revivre cette France d'autrefois qui, au lendemain du débarquement, ouvrit ses ruines à l'Amérique et à la modernité."
    Alain Corbin.

  • « M. Beaumord était un instituteur zélé. Devançant un désir à peine formulé par ses supérieurs, il a, durant lhiver 1895-1896, donné dans son école de Morterolles, petit village de la Haute-Vienne de 643 âmes, une série de dix conférences destinées aux adultes.
    M. Beaumord était un instituteur talentueux. À lévidence, il passionnait son auditoire.
    M. Beaumord était un instituteur vaniteux ; sinon, il naurait pas éprouvé le besoin de publier, dans Le Nouvelliste de Bellac, les thèmes de ses dix conférences et leffectif masculin et féminin de chacun de ses auditoires.
    M. Beaumord nest pas lobjet de ce livre. Grâce à lui, nous pouvons tenter dimaginer lappétit de savoir qui poussait des cohortes obscures à venir lentendre, dans les nuits froides de lhiver. » Avec ce livre savoureux, fruit comme Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot dun minutieux travail darchives, Alain Corbin redonne vie à un cycle de conférences oubliées depuis plus dun siècle. En prêtant sa voix à un instituteur de la IIIe République, lhistorien reconstitue, pour nous, lécho dun monde disparu.

  • Le silence n'est pas la simple absence de bruit. Il réside en nous, dans cette citadelle intérieure que de grands écrivains, penseurs, savants, femmes et hommes de foi, ont cultivée durant des siècles. À l'heure où le bruit envahit tous les espaces, Alain Corbin revient sur l'histoire de cet âge où la parole était rare et précieuse. Condition du recueillement, de la rêverie, de l'oraison, le silence est le lieu intime d'où la parole émerge. Les moines ont imaginé mille techniques pour l'exalter, jusqu'aux chartreux qui vivent sans parler. Philosophes et romanciers ont dit combien la nature et le monde ne sont pas distraction vaine. Une rupture s'est produite, pourtant, aux confins des années 1950, et le silence a perdu sa valeur éducative. L'hypermédiatisation du XXIe siècle nous contraint à être partie du tout plutôt que de se tenir à l'écoute de soi, modifiant la structure même de l'individu. Redécouvrir l'école du silence, tel est l'enjeu de ce livre dont chaque citation est une invitation à la méditation, au retour sur soi. Avec ce goût pour l'insaisissable qui a donné naissance à ses plus grands livres, (Le miasme et la jonquille, Les cloches de la terre...), Alain Corbin nous invite à entendre une autre Histoire.

  • Le « système français » mis en place au lendemain de la Révolution tend à marginaliser la fille publique et à l´enfermer dans une série de lieux clos (maison de tolérance conçue comme un simple égout séminal, hôpital, prison, établissement de relèvement), invisibles de l´extérieur mais totalement transparents au regard policier. Il se révélera vite n´être qu´une utopie.
    Dès la fin du Second Empire, le déclin du bordel, l´émergence de nouvelles conduites prostitutionnelles reflètent le recul de la misère sexuelle masculine au sein du prolétariat urbain, et l´embourgeoisement d´une clientèle qui, désormais, recherche aussi, avec les filles de noce, l´illusion de la séduction. L´essor de la maison de rendez-vous, l´attrait exercé par l´adultère vénal et la quête d´une intimité calquée sur le modèle conjugal témoignent, par la suite, de cette mutation des formes du désir.

  • Alain Corbin est l'un des historiens les plus originaux et talentueux de sa génération. Ses recherches l'ont conduit àétudier des thèmes qui, jusque-là, étaient restés méconnus ou ignorés : la misère sexuelle et la prostitution au XIXe siècle, l'odorat et l'imaginaire social aux XVIIIe et XIXe siècles, le désir du rivage, le paysage sonore et la culture sensible dans les campagne du XIXe siècle, le déchaînement de violence survenu à Hautefaye en 1870, l'avènement des loisirs entre 1850 et 1960, ou encore le « monde retrouvé» de Louis-Fernand Pinagot, biographie d'un sabotier normand du XIXe siècle choisi au hasard dans les archives. Tous ces livres, qui ont connu un grand succès, placent Alain Corbin comme le chef de file d'une histoire qui revient sur ses préjugés et qui restitue à l'imaginaire et au sensible l'importance, pour comprendre les sociétés passées, que leur avait refusée l'histoire politique, sociale ou économique traditionnelle. Dans ce livre d'entretiens, Alain Corbin revient sur sa jeunesse normande sous les bombardements, sa guerre d'Algérie, son professorat à Limoges, son parcours universitaire atypique, la genèse de ses découvertes. Il formule tous les questionnements qui traversent la recherche historique et pose, sur le XIXe et le XXe siècle, un regard sans oeillères autorisant toutes les lectures. Cet historien du sensible, qui connaît un grand rayonnement à l'étranger, prend plaisir à restituer tout ce qui constitue l'humain et à s'affranchir des grands systèmes.

  • Les héros se fabriquent. Ils sont le reflet des valeurs dominantes d'une époque. De Charlemagne à Jeanne d'arc, de Napoléon à de Gaulle, Alain Corbin passe en revue et illustre les divers modèles d'exemplarité qui ont imposé le sentiment de la grandeur de certains personnages de l'histoire de France et les ont, plus ou moins longuement, perpétués dans les mémoires.
    Tenant compte de l'historicité des ressorts de l'admiration, cet ouvrage analyse le discrédit de figures héroïques anciennes et présente les nouveaux modes de fabrication des grands hommes.

  • « Les manières d'aimer ne sont plus ce qu'elles étaient, ni les rapports entre le masculin et le féminin. C'est l'un des aspects les plus troublants d'une modification d'ensemble des relations familiales, une mutation bouleversante, le plus important peut-être de tous les changements qui affectent notre civilisation à la veille du IIIe millénaire... » Georges Duby

  • « Les manières d'aimer ne sont plus ce qu'elles étaient, ni les rapports entre le masculin et le féminin. C'est l'un des aspects les plus troublants d'une modification d'ensemble des relations familiales, une mutation bouleversante, le plus important peut-être de tous les changements qui affectent notre civilisation à la veille du IIIe millénaire... » Georges Duby

  • Qu'est-ce que l'histoire culturelle ? Pascal Ory - Historien o Le passé est-il vraiment derrière nous ? aux origines de l'archéologie Alain Schnapp - Professeur d'Archéologie o L'histoire saisie par le genre et la différence des sexes Michelle Perrot - Historienne o L'histoire dans les subjectivités individuelles Alain Corbin - Historien o Qu'est-ce que l'histoire sociale ? Geoffrey Crossick - Historien o L'histoire vue d'ailleurs Abdallah Laroui - Historien.
    "Cet enregistrement propose une réflexion inédite sur l'histoire, discipline qui, parce qu'elle est science et récit, mêle le plaisir de comprendre au plaisir des mots. L'histoire est confrontée à une demande de vérité, qui suppose de saisir le passé dans sa complexité, et la vie des hommes dans toutes ses dimensions. Elle doit aussi répondre, et ceci sans se trahir, à une demande sociale - le devoir de mémoire -, afin de forger une culture commune à notre société. Car on ne peut penser un avenir commun sans partager une vision du passé."
    Patrick Frémeaux

  • A History of Silence

    Alain Corbin

    • Polity
    • 29 Mai 2018

    Silence is not simply the absence of noise. It is within us, in the inner citadel that great writers, thinkers, scholars and people of faith have cultivated over the centuries.
    It characterizes our most intimate and sacred spaces, from private bedrooms to grand cathedrals - those vast reservoirs of silence. Philosophers and novelists have long sought solitude and inspiration in mountains and forests. Yet despite the centrality of silence to some of our most intense experiences, the transformations of the twentieth century have gradually diminished its value. Today, raucous urban spaces and a continual bombardment from different media pressure us into constant activity. We are losing a sense of our inner selves, a process that is changing the very nature of the individual.
    This book rediscovers the wonder of silence and, with this, a richer experience of life. With his predilection for the elusive, Corbin calls us to listen to another history.

  • Le nouveau livre-événement d'Alain Corbin. 5 ans d'étude sur tout ce que les médecins, les prêtres et les écrivains licencieux ont écrit sur le sexe.C'est une époque qui ignore sexologie, inconscient, fantasme, homo ou hétérosexualité (1750-1850) elle n'en est pas moins obnubilée par la recherche de " l 'harmonie des plaisirs " sexuels, entre interrogations médicales, interdits religieux et curiosité pornographique.
    Avec son talent inimitable, Alain Corbin se transforme en enquêteur des formes de plaisir, des angoisses masculines et des préoccupations natalistes. Son récit brosse une carte du tendre inédit.

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