Alexandre Dézé

  • La conquête du pouvoir. Tel est bien l´objectif que s´est fixé Marine Le Pen depuis qu´elle a été élue à la présidence du Front national en janvier 2011. Pour y parvenir, la nouvelle leader frontiste a entrepris de « dédiaboliser » le FN, d´en faire un « parti comme les autres ». Mais le Front national a-t-il vraiment changé et, surtout, peut-il changer ? Pour le déterminer, il faut étudier le FN avec les outils ordinaires de la recherche en science politique et s´intéresser à ses logiques de fonctionnement. Depuis sa création, l´organisation frontiste n´a jamais cessé d´osciller entre une logique électorale de participation au système politique et une logique doctrinale de rejet de ce système. Cet ouvrage démontre précisément, et c´est là son originalité, que cette dialectique est au fondement même de la dynamique politique frontiste et qu´on ne peut saisir l´évolution actuelle du parti sans en tenir compte. En partant de cette problématique et en déroulant le fil de l´histoire du parti, il s´agit donc de porter un autre regard sur le FN, de mieux apprécier ce qu´il peut avoir de nouveau depuis que Marine Le Pen en a pris la présidence et, in fine, de mettre au jour les ressorts et les limites endogènes de sa stratégie de conquête du pouvoir.

  • Cet ouvrage est un manuel d'introduction à la sociologie politique, qui entend être lisible aussi bien par un public déjà sensibilisé aux sciences sociales, que par de complets débutants.
    Le parti pris est d'adopter une forme souple, concise et simple, se rapprochant d'un véritable cours, qui expose et enchaîne de façon logique les notions fondamentales de la sociologie politique en les assortissant d'exemples variés et en les liant aux références essentielles de la discipline.
    L'ouvrage examine successivement les cadres de l'activité politique (qu'est-ce que le pouvoir politique ? qu'est-ce que l'État ? quels sont les grands types de régimes politiques ?), avant de se tourner vers les principaux acteurs de la vie politique démocratique (les citoyens, les partis politiques, les « professionnels » de la politique, l'opinion publique), puis examine les grands types de pratiques politiques en démocratie (le vote, les mouvements sociaux, l'action publique).
    Il propose au final un tableau général d'une discipline scientifique devenue de plus en plus centrale dans l'analyse et la compréhension des phénomènes politiques.

  • Depuis que Marine Le Pen a été élue à sa présidence en 2011, jamais le Front national n'a réalisé de tels scores électoraux, attiré tant de militants, compté tant d'élus. A-t-il changé pour autant ? Fondamentalement, non. Le « nouveau » FN est une illusion, entretenue par des médias qu'il fascine. Telle est la conclusion de la minutieuse enquête menée par les auteurs de ce livre, qui comparent l'électorat, les militants, les réseaux, les programmes et la rhétorique du père et de la fi lle. Si la nouvelle présidente a infl échi son discours, notamment sur l'antisémitisme, si son programme inclut des éléments empruntés à la gauche (questions économiques, laïcité, moeurs), son fonds de commerce principal reste l'immigration. Elle gagne des voix auprès de catégories jusqu'ici réticentes (femmes, juifs...), mais les grands traits de l'électorat frontiste ainsi que son implantation géographique n'ont pas varié. Le FN reste un parti « anti-système », tant par les valeurs inégalitaires qu'il défend que par son refus du pluralisme. Un positionnement qui explique en partie son succès, tout en le condamnant, pour l'heure, à l'isolement politique. La normalisation du FN est donc loin d'être achevée, malgré la stratégie de « dédiabolisation » affi chée. Il n'est toujours pas un parti « comme les autres », pas plus qu'il n'est encore « le premier parti de France » ou « aux portes du pouvoir ».

  • Les partis politiques sont-ils devenus des courtiers de lÉtat au détriment de leur rôle traditionnel de représentation et de médiation ? Névoluent-ils pas vers une forme de cartel subventionné par la puissance publique qui aurait pour corollaire de limiter la compétition politique ? Telles sont deux des principales questions que Richard S. Katz et Peter Mair soulevaient dans un article paru en 1995 et devenu depuis lors un classique de la littérature sur les partis. Or si le modèle du « parti-cartel » a suscité de vifs débats dans le monde anglo-saxon, il na guère retenu lattention des politistes français.

    Réunissant quelques-uns des meilleurs spécialistes du phénomène partisan, ce livre entend participer à la diffusion et à la discussion de ce modèle considéré comme lune des principales innovations de la recherche récente sur les partis. Souvrant sur une traduction en français de larticle original de Katz et Mair, il en offre une lecture théorique critique et le confronte à la réalité empirique des systèmes partisans des démocraties occidentales.

    En ce sens, ce livre se veut également une contribution au renouveau de létude des partis. Étudiants, chercheurs confirmés ou public averti y trouveront des analyses nuancées, des perspectives historiques et des données à jour.


    Ont contribué à cet ouvrage : Dominique Andolfatto, Carole Bachelot, Paul Bacot, Nicolò Conti, Maurizio Cotta, Pascal Delwit, Klaus Detterbeck, Fabienne Greffet, Florence Haegel, Jérôme Heurtaux, Richard S. Katz, Peter Mair, Jean-Luc Parodi, Anton Pelinka, Antoine Roger, Nicolas Sauger, Daniel-Louis Seiler, Filippo Tronconi, Philip van Praag, Emmanuelle Vignaux.

  • Délaissant les notions d'argumentation et de positionnement politique, ce livre cherche démontrer qu'un discours de campagne a pour fonction essentielle la transformation affective des états d'âme de l'auditoire. Il examine les discours des candidats en tant que narration : des personnages sont en scne, ils agissent et ils luttent, des intrigues se nouent, des rebondissements se produisent, un récit se construit qui, dans une élection présidentielle, peut s'interpréter comme un récit propos de la nation.
    L'efficacité du récit tient la capacité du narrateur (le candidat) le faire paraître vrai, et mobiliser les passions de celui qui écoute (l'électeur). On y découvre l'utilité de la vérité intime du candidat et la place croissante accordée l'émotion de l'instant, vouant la passion politique durable aux oubliettes de l'histoire. La mosaque narrative déployée par la multiplication des médias rend désormais la décision problématique, jusqu' l'ultime délibération de l'électeur dans l'isoloir.
    Ce livre propose un décodage précieux de la parole et de la stratégie de communication des candidats.

empty