Andree Fortin

  • L'appel de textes pour ce numéro misait sur le caractère équivoque de certains termes. Le but était de réunir des contributions qui pourraient déborder les limites floues d'un champ d'étude portant sur la famille et les expériences familiales contemporaines. Reprendre l'idée sociologique classique de vie familiale incite à explorer l'évolution des phénomènes sociaux qui s'y rattachent. Pour dire les choses d'une manière contrastée, les sociologues ont d'abord conçu des types familiaux pour apercevoir, comprendre et prévoir les transformations de la vie de famille dans l'évolution des sociétés occidentales; puis ils se sont progressivement détachés de ce mode de saisie intellectuelle de l'évolution sociale pour souligner davantage la pluralité et le caractère changeant des situations familiales, incompatibles avec l'effort de classification et de prévision des formes de vie de famille. Après un temps de crise opposant les traditions, normes et modèles hérités aux appels à l'émancipation dans l'individualisme, comment la sociographie pourrait-elle renouveler la question générale de la situation et de l'évolution de la vie familiale? Cette question se pose aussi et plus spécifiquement pour la société québécoise dont les familles ont toujours évolué en marge des schémas théoriques importés des métropoles de l'Europe et des États-Unis. Plutôt que de dresser un bilan sommaire des études qui touchent la vie familiale au Québec, cette introduction pointe quelques horizons de recherche où elles pourraient s'engager.

  • Cette livrée printanière des Cahiers de lecture de L'Action nationale propose de recensions d'essais regroupés autour du thème de « ce qui se dépose ». Le numéro met d'ailleurs de l'avant l'ouvrage La préhistoire du Québec de Patrick Couture dont vous pourrez aussi lire un entretien. Ce qui se dépose donc, d'abord dans le présent, avec des recensions de Lettre d'un député inquiet à un premier ministre qui devrait l'être, puis Sale temps pour les émotifs. Ce qui se dépose ensuite pour la pensée, avec des recensions entre autres de L'Action nationale. Le long combat pour le Québec, Continuons le combat. Étude anthropologique sur la lutte, L'économie de la nature et L'économie de la foi. Vient ensuite ce qui se dépose dans la culture avec des ouvrages sur Félix Leclerc et Anne Hébert et enfin dans l'histoire avec L'Amérique fantôme. Les aventuriers francophones du Nouveau Monde et une Brève histoire des idées au Québec 1763-1965.

  • À l'heure des changements climatiques, dans une société vieillissante, la banlieue s'étale, envahissant forêts, terres agricoles et lieux de villégiature. L'objectif de ce livre est de comprendre ce qui attire et retient la population dans des quartiers toujours plus excentrés.
    Connaître ce milieu et ses caractéristiques est essentiel pour mieux saisir qui s'y installe et pourquoi, et surtout pour proposer des modèles d'habitation durables et plus centraux qui misent sur les attraits de ces banlieues. Aussi, les auteurs analysent d'abord le territoire des nouvelles banlieues, dans ses composantes géographiques, paysagères, architecturales et démographiques, avant de se pencher sur les raisons qui motivent l'installation dans ces quartiers et les déplacements que cela oblige, car la proximité de la nature qu'y recherchent leurs résidents, jeunes ou moins jeunes, n'est possible que grâce à l'automobile.
    Si La banlieue s'étale a comme terrain d'étude la région de Québec, les processus d'étalement dont il traite sont loin de lui être propres. Ce livre rend compte des travaux d'une équipe pluridisciplinaire, où l'architecture, le design urbain, la sociologie et la science politique ont été mis à contribution.

    En 2002, les mêmes auteurs avaient publié chez le même éditeur La banlieue revisitée qui fut un réel succès de librairie.

    Avec des textes de : Nabila Bachiri, Olivier Cournoyer Boutin, Carole Després, Julie Forest, Andrée Fortin, Daniel Lacroix, Gian Piero Moretti, Dominique Morin, Jacky Rioux, Martin Rioux, Érick Rivard, Geneviève Vachon, Marie-Hélène Villeneuve, Audrey Walker.

  • Comment se projettent dans le cyberespace les collectivités locales et le milieu communautaire? Qu'apporte Internet de réellement nouveau à la question des rapports à l'espace et à la construction des identités collectives? Telles sont les questions auxquelles Andrée Fortin et Duncan Sanderson ont tenté de répondre en analysant l'utilisation du Web au Québec, plus particulièrement dans le monde communautaire et régional. S'arrêtant à des concepts donnés pour évidents, ceux d'espace, de communauté et d'identité, ils se demandent comment le cyberespace pourrait en être le support; ils s'interrogent donc sur les contours des projets collectifs et des communautés susceptibles de trouver place dans le cyberespace. De fait, deux thèses sont mises à l'épreuve : celle suivant laquelle Internet abolirait non seulement la distance, mais aussi le rapport au territoire, et celle qui en fait un outil d'emblée démocratique.



    Le discours abstrait sur les virtualités du média est ici dépassé par l'examen des usages concrets du Web et des contextes de ces usages, ainsi que par l'analyse de sites Web particuliers. Il appert ainsi qu'à l'ère d'Internet, l'identité locale continue de s'affirmer et profite même du cyberespace pour ce faire ; le cyberespace est un formidable lieu de définition identitaire collective, une place publique où la parole s'énonce de toutes parts.



    Andrée Fortin est professeure au Département de sociologie de l'Université Laval. Ses travaux portent sur les liens entre la culture, l'espace et l'identité dans la postmodernité. Elle est l'auteure, entre autres, de Nouveaux territoires de l'art (Nota bene, 2000) et, avec Carole Després et Geneviève Vachon, de La banlieue revisitée et La banlieue s'étale (NB, 2011) (Nota bene, 2002).



    Chercheur autonome, Duncan Sanderson étudie depuis une quinzaine d'années le design et l'introduction de nouvelles technologies dans les organismes communautaires et, notamment, dans le monde médical.

  • La façon de concevoir l'espace et les déplacements ne se révèle pas uniquement en scrutant des plans et des cartes : cela exige de saisir l'imaginaire sous-jacent, la représentation de ce qu'est et devrait être la ville, la banlieue ou la campagne, les identités spatiales et l'appropriation de l'espace, dans leur dimension de mémoire et de projet. Les oeuvres de création et en particulier le cinéma de fiction présentent un imaginaire, une vision de l'espace habité et habitable. L'imaginaire de l'espace dans le cinéma québécois est ici exploré dans un itinéraire partant des espaces habités (la ville, la banlieue et la campagne), pour aboutir aux espaces identitaires en passant par les espaces de déplacement et de circulation, la place publique et l'espace public.

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