Anny Duperey

  • Pendant une vingtaine d'années, Anny Duperey s'est passionnée pour l'art photographique, installant un laboratoire dans sa salle de bains, où elle passait des jours, et parfois des nuits, à développer ses pellicules et tirer elle-même ses images argentiques en noir et blanc.
    Elle commente ici, avec émotion, délicatesse et drôlerie, une centaine de ses photos préférées et inédites.

  • " ... J'attrape la corde lisse, je lâche le trapèze. Je ne sais pas que c'est la dernière fois que je risque ma vie, là-haut, à quinze mètres de hauteur, sans sécurité. J'enroule ma jambe autour de la corde, je commence à glisser...
    Dans quelques semaines, je rencontrerai un homme.
    Je glisse le long de la corde, un extatique sourire aux lèvres...
    Nous vivrons, travaillerons ensemble, il me convaincra de faire des enfants.
    Je glisse encore le long de la corde, je touche le sol, je salue...
    La somnambule a atterri.
    Il était grand temps que je descende sur terre. "
    Anny Duperey
    Dans son livre Le Voile noir, Anny Duperey raconte qu'elle avait presque 9 ans lorsqu'elle trouva ses parents morts, tous deux asphyxiés dans leur salle de bains. Quels avaient été les rêves de sa jeune mère, presque inconnue et si tôt disparue ? Comment nos morts vivent-ils en nous ? La puissance de leurs rêves inaccomplis peut-elle nous influencer obscurément, et mener notre vie sans même que l'on s'en rende compte ?

  • " Il m'est venu l'envie d'écrire un livre doux. Pas vraiment sur les bêtes mais plutôt autour, à propos des rapports que nous avons avec certaines d'entre elles. Pourquoi avons-nous une telle faim de leur tendresse, de leurs qualités particulières ?
    Envie de rendre hommage, aussi, à ces personnes animales rares qui accompagnent parfois un temps notre existence et y apportent paix et simplicité. "
    Anny Duperey

  • On sait qu'Anny Duperey aime les chats mais depuis qu'elle élève des poules, comme sa grand-mère le faisait, elle aime aussi ces aimables animaux qui, depuis des millénaires nous offrent leurs œufs et leur chair. Elle les considère comme ce qu'elle appelle des " personnes animales " qui méritent reconnaissance, attention et respect. L'ignorance étant la source de tous les mépris – pas seulement en ce qui concerne les bêtes – elle a appris à tout connaître d'elles. Son livre peut servir de manuel d'élevage. Mais il va bien au-delà. Histoires vécues, souvent drôles mais aussi dramatiques, observations, souvenirs, réflexions, Le Poil et la Plume enchante. Tout est vivant. Tout sonne juste. D'un sujet qui peut paraître mineur, Anny Duperey a su faire un livre d'amour et de sagesse, sensible sans sensiblerie, amusant et troublant, humble et profond, toujours généreux. Elle prédit, dans sa conclusion, que d'ici quelques années les gens des villes élèveront des poules sur leur balcon. En lisant Le Poil et la Plume, on la croit.

  • Une soirée

    Anny Duperey

    C'est sur ce thème qu'Anny Duperey a bâti Une soirée.
    Quand ils étaient tous les trois étudiants en médecine, à cette époque de libération des moeurs et des esprits où l'on pouvait vivre ses utopies, Denis et Romain ont aimé Florence sans jalousie entre eux, et Florence les a aimés l'un et l'autre. Romain a quitté la France. Denis et Florence se sont mariés. Les années ont passé, douces et harmonieuses.
    Lors d'une soirée chez des amis, Romain reparaît. Il revient d'Afrique, mais c'est du passé qu'il semble surgir. Il aime toujours Florence. Que va-t-elle faire ?
    Rien de ce qu'on croit. Car elle prend conscience, en une soirée, que jusqu'alors elle n'a rien décidé dans son existence. Elle a consenti, elle n'a pas choisi. Cela lui semble tout à coup insupportable.
    Anny Duperey raconte avec autant d'acuité le parcours de Florence que ce qu'il advient de Denis et de Romain. Chaque lecteur, qu'il soit femme ou homme, trouvera des échos de lui-même dans ce roman émouvant, inattendu comme est la vie, souvent drôle, toujours généreux.

  • Il y a quatre personnages, très différents. Christine, qui dirige une agence de voyages, se sent épuisée sans raison. Tout devrait lui sourire pourtant. A cinquante ans, elle s'est organisée une existence active et libre. Mais, sans qu'elle ait jamais osé se l'avouer, la peur de vieillir la mine. Paul, le paysan, un homme sensible et doux, n'a jamais pu s'arracher à la famille de brutes dans laquelle il est né. Solange, guichetière à la SNCF, en veut au monde entier et d'abord à elle-même. D'où vient cette hargne qui l'habite ? Luc, à force de se battre pour sauver son couple du désastre, est au bout du rouleau, psychologiquement et matériellement.
    Il n'y a pas de liens entre ces deux femmes et ces deux hommes, sauf de brèves rencontres de hasard. Mais, tous les quatre vont vivre, dans des circonstances imprévues, ces moments où l'on est brusquement mis en face de soi-même et où l'on prend conscience des impasses où l'on s'est engagé. Chacun à sa façon accepte enfin de changer, de se libérer des entraves, d'échapper au sort auquel il se croyait condamné.
    Quand on change, tout change autour de soi. Christine, Paul, Solange et Luc se croiseront alors, se reconnaîtront. Leurs histoires n'en feront plus qu'une. Après les orages et les déchirements, une harmonie nouvelle naît, comme une chose due à ceux qui savent craquer quand il le faut et faire face quand il le faut, avec courage et humilité.
    On ne peut plus quitter les personnages d'Anny Duperey. Ce sont des amis fraternels. On n'oublie plus les scènes émouvantes, cocasses, violentes, subtiles, au cours desquelles ils se révèlent à eux-mêmes et à nous.

  • Quand Le Voile noir est sorti, quelqu'un m'a cité une phrase de Sartre que je trouve délicieuse : " Il ne m'était jamais venu à l'esprit qu'on écrivait pour être lu. "
    Moi, certes, l'idée m'en était venue puisque j'avais réfléchi au fait de faire lire, ou non, ce que j'avais écrit mais cela représentait pour moi une sorte de monologue adressé à des lecteurs indistincts. Je n'avais pas pensé du tout, du tout, que des gens, des personnes me répondraient, me parleraient aussi directement, m'offrant sentiment de partage, paroles d'apaisement, mise en garde aussi parfois sur la difficulté du chemin à parcourir encore. Des mots du cœur, de la belle écriture sincère...
    Il me fut même offert la vérité sur ce qui s'était passé le matin de la mort de mes parents. Quand j'y pense, c'est vraiment extraordinaire et je ne connais pas d'auteur dont la vision d'un événement capital dans sa vie ait été radicalement transformée grâce à ses lecteurs !
    J'ai pensé : " Je ne peux tout de même pas garder ça pour moi seule... "Et voilà comment l'envie m'est venue de " rendre " à mon tour ce que vous m'avez donné – comme le dit si bien cette phrase que l'un de vous m'a offerte et dont je me nourris beaucoup depuis : " Tout ce qui n'est pas donné est perdu. "
    A.D.

  • Parce qu'un rien a éveillé son esprit de révolte, l'existence d'une femme - apparemment heureuse - bascule dans le drame.

    Peut-on remettre sa vie en cause, et tuer, pour une unique seconde de défaillance ? Sans doute... Certainement.

    Le Nez de Mazarin est le deuxième roman de la comédienne Anny Duperey, que son livre Le Voile noir a consacrée comme un écrivain exceptionnel.

  • L'admiroir

    Anny Duperey

    Il n'y a pas l'ombre d'un défaut dans l'existence d'Anne. Cette femme encore jeune a quitté sa famille, est devenue modéliste avec le même entrain et peut-être, au fond, la même indifférence qu'elle met à chaque chose. L'amour qu'elle porte à Pierre reste marqué d'une volontaire distance. Jusqu'au jour où Claude, sa sœur, vient partager son appartement : Claude qui, depuis toujours, traîne sa silhouette sombre derrière celle, lumineuse, de son aînée ; Claude avec laquelle Anne passe une sorte de pacte : Anne vivra, Claude la regardera vivre. Mais s'agit-il d'un "équilibre", ou d'une concession faite aux apparences ? Et comment, en ce cas, le cercle se rompra-t-il ?
    Couronné par l'Académie française en 1977 (prix Alice Louis-Barthou)

  • 30 millions d'amis, par Anny Duperey.Un gorille qui sauve un enfant, des fourmis qui ne laissent pas tomber leurs blessés, un chat qui accompagne des malades dans leurs derniers moments, des vaches qui se lient d'amitié, des chiens qui portent secours à leur maître... Empathie, entraide, amitié, compassion, coopération, il y a peu de temps, ces mots n'étaient réservés qu'aux seuls humains.
    Aujourd'hui, l'idée que les animaux sont des machines mues par leur instinct a fait son temps. La science reconnaît que les bêtes agissent individuellement selon des sentiments qui leur sont propres, et que la loi de la jungle n'est pas celle du plus fort, mais, plus souvent qu'on ne le croit, celle de la main - patte - tendue.
    La comédienne et romancière Anny Duperey et le journaliste spécialiste des animaux Jean-Philippe Noël (qui collabore notamment à France Inter,
    Science et vie,
    30 millions d'amis) ont réuni plus de 70 belles histoires. Choisies aussi bien dans la littérature scientifique que dans notre quotidien, elles dévoilent que les animaux ont de grandes leçons d'humanité à nous offrir...

  • J'avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents – de mon père, surtout, l'auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d'être de ce livre.
    Curieusement, je n'en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n'ai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d'avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l'excuse de la maladie, sans même l'avoir voulu, quasiment par inadvertance. C'est impardonnable.
    Mon père fit ces photos. Je les trouve belles. Il avait, je crois, beaucoup de talent. J'avais depuis des années l'envie de les montrer. Parallèlement, montait en moi la sourde envie d'écrire, sans avoir recours au masque de la fiction, sur mon enfance coupée en deux. Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes et justifiées l'une l'autre.
    Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images, elles me tiennent lieu de mémoire. J'ai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort – il ne me reste rien d'avant, d'eux, que ces images en noir et blanc.
    A.D.

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