Benoit Grenier

  • Le régime seigneurial a accompagné les premiers balbutiements de la colonisation française en Amérique du Nord au XVIIe siècle. Écrire l'histoire du régime seigneurial, c'est donc revenir aux sources du fait français en Amérique. Les rapports inégalitaires et hiérarchisés caractéristiques des sociétés européennes se sont-ils transformés sur les rives du Saint-Laurent ? Le régime seigneurial québécois s'est-il adapté, assoupli, dans ce terroir « neuf » ? A-t-il réellement constitué un outil de peuplement et, par conséquent, un facteur favorable à l'évolution de la colonie ? Cette Brève histoire du régime seigneurial au Québec veut intégrer les acquis des dernières décennies, lesquels ont considérablement transformé l'interprétation de l'histoire seigneuriale en plus d'avoir affiné grandement nos connaissances sur le sujet. Préconisant une approche « humaine », l'ouvrage donne une large place aux acteurs, censitaires, seigneurs et seigneuresses, de manière à rendre compte, exemples à l'appui, du dynamisme et parfois des contradictions de cette société disparue.

  • Avec la nouvelle Loi sur le patrimoine culturel, il est désormais possible de protéger un paysage en vertu de sa valeur patrimoniale. La démarche à suivre est claire, mais les objectifs, eux, demeurent flous. Que veut-on sauvegarder exactement ? Le numéro d'automne de ­Continuité­ propose d'approfondir la question. Entre autres articles, un texte du photographe et historien Pierre Lahoud et du géographe Henri Dorion souligne la place centrale du fleuve dans de nos paysages, Benoît Grenier de l'Université de Sherbrooke se penche sur l'héritage du système seigneurial et Gérard Beaudet, professeur à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal, s'intéresse quant à lui à la géographie industrielle.

  • Pour son numéro d'hiver, la revue d'histoire du Québec met en couverture les pionniers Louis Hébert et Marie Rollet. La toute première famille française à s'établir en Nouvelle-France a débarqué à Québec en 1617, il y a tout juste 400 ans : un anniversaire que Cap-aux-Diamants souligne en souhaitant rendre hommage à ces figures historiques exceptionnelles, mais peu connues. Couple d'apothicaires passionnés, Hébert et Rollet nous sont contés par huit auteurs qui abordent tour à tour leur contribution aux sciences naturelles de leur époque, les fouilles archéologiques entourant leur domaine, leur legs historique ainsi que leur descendance. La revue publie également le second épisode d'un récit de contrebande d'alcool dans les années 1920, et rend hommage à l'urbaniste et amoureux du patrimoine Jean Cimon (1923-2016). Pour souligner l'événement La bibliothèque, la nuit ayant eu lieu cet automne au Musée de la civilisation, Serge Pallascio a rencontré l'illustre écrivain Alberto Manguel. De nombreuses recensions d'ouvrages complètement le numéro.

  • Dans la vallée du Saint-Laurent (Québec), les seigneurs résidants constituaient une minorité parmi les propriétaires de fiefs. Or, la décision de rester sur ses terres représente une implication concrète et entraîne une sociabilité spécifique dans ces

  • Marie-Catherine Peuvret naît à Québec, au XVIIe siècle, dans une famille liée au pouvoir colonial. À seize ans, elle épouse Ignace Juchereau Duchesnay, également issu d´une prestigieuse lignée qui a fait ses marques en Nouvelle-France. Les jeunes époux reçoivent en "cadeau de mariage" la seigneurie de Beauport, l´une des plus anciennes au pays. C´est sur ces terres, à proximité de Québec, qu´elle donnera naissance à dix-sept enfants. Veuve à l´âge de quarante-huit ans, elle aurait pu laisser ses fils administrer la seigneurie, mais en préserve la gestion, bien au-delà de leur majorité. Seigneuresse, elle entre maintes fois en conflits : avec les seigneurs ecclésiastiques voisins, avec les notables de sa seigneurie, mais aussi avec certains membres de sa propre famille. Entêtement ou lutte pour affirmer sa position ? Pour préserver son statut social et la jouissance de ses droits dans une société hiérarchisée et patriarcale, la veuve Duchesnay apparaît déterminée dans ses actions et dans ses relations.Tant au point de vue de l´histoire sociale de la Nouvelle-France que de l´histoire locale beauportoise, la seigneuresse Marie-Catherine Peuvret demeure méconnue. Comme nombre de femmes de l´histoire de la Nouvelle-France, son destin est passé inaperçu à côté de celui de ses contemporains de sexe masculin. À Beauport, où elle réside durant six décennies jouant un rôle très actif, elle reste dans l´ombre de ses prédécesseurs et successeurs (Robert et Joseph Giffard ainsi que les Juchereau). Pourtant, cette femme de caractère offre une illustration fascinante des pouvoirs conférés aux veuves dans ce monde où les femmes étaient sous tutelle masculine, mais aussi des difficultés auxquelles devaient faire face celles qui choisissaient de les exercer.

  • « Portées par le souffle des grands mouvements féministes des années 1970, les études sur les femmes connaissent depuis quelques années une sorte d´écroulement. Ce colloque a réparé ce dommage, par les discussions et les échanges entre chercheurs et intervenants sociaux, d´une manière riche et foisonnante. Histoire, études des femmes et des rapports de genre, psychologie, sciences de la communication, science politique, administration, sociologie, études littéraires, tout ce malstrom a fait se côtoyer les éléments interdisciplinaires d´une rare fécondité. Venus d´horizons très divers, les spécialistes croisant leurs savoirs ainsi que les intervenants médiatiques ont prouvé que le chemin est encore long pour que les femmes existent réellement dans les champs de la culture et du pouvoir... Pour ma part, venue de contrées sinistrées dans ces domaines, je suis repartie revigorée par un tel colloque : sa qualité m´a fait demander qu´il soit reconduit sur tous les continents... Lisez ces actes, plusieurs communications sont magistrales. » (Extrait de la préface de Rita El Khayat) « Portées par le souffle des grands mouvements féministes des années 1970, les études sur les femmes connaissent depuis quelques années une sorte d´écroulement. Ce colloque a réparé ce dommage, par les discussions et les échanges entre chercheurs et intervenants sociaux, d´une manière riche et foisonnante. Histoire, études des femmes et des rapports de genre, psychologie, sciences de la communication, science politique, administration, sociologie, études littéraires, tout ce malstrom a fait se côtoyer les éléments interdisciplinaires d´une rare fécondité. Venus d´horizons très divers, les spécialistes croisant leurs savoirs ainsi que les intervenants médiatiques ont prouvé que le chemin est encore long pour que les femmes existent réellement dans les champs de la culture et du pouvoir... Pour ma part, venue de contrées sinistrées dans ces domaines, je suis repartie revigorée par un tel colloque : sa qualité m´a fait demander qu´il soit reconduit sur tous les continents... Lisez ces actes, plusieurs communications sont magistrales. » (Extrait de la préface de Rita El Khayat)

  • La seigneurie est une institution de longue durée []. Dans sa forme classique le long du Saint-Laurent, le régime seigneurial s'est institué au coeur d'une tradition ancestrale de vie collective, il s'est fait agent de la constitution d'un paysage rural mythique et il a servi de marqueur de différence ethnique. [] Les collaborateurs au présent ouvrage [ont], en quelque sorte, propulsé l'étude du régime seigneurial dans le XXIe siècle. Leur approche du régime seigneurial ne néglige pas la question fondamentale de la propriété et de l'autorité, mais elle bouleverse la chronologie convenue. Insistant sur la persistance du régime seigneurial bien au-delà de son abolition théorique en 1854, les auteurs en observent le lent déclin s'étirer jusqu'à l'ère de l'automobile, dans le Québec duplessiste.
    - Extrait de la préface de Brian Young
    Avec des textes de Jessica Barthe, Isabelle Bouchard, Jean-Michel Daoust, Jonathan Fortin, Joseph Gagné, David Gilles, Benoît Grenier, Alain Laberge, Katéri Lalancette, André LaRose, Michel Morissette, Jean-René Thuot et Alex Tremblay Lamarche.
    Benoît Grenier est professeur au Département d'histoire de l'Université de Sherbrooke. Spécialiste de l'histoire seigneuriale du Québec, il dirige une recherche sur les persistances et la mémoire de la seigneurie dans le Québec contemporain. Il a publié plusieurs ouvrages, seul ou en collaboration, dans lesquels il s'est intéressé aux enjeux du pouvoir féminin et à la sociabilité rurale à l'époque préindustrielle.
    Michel Morissette est candidat au doctorat en histoire à l'Université de Sherbrooke. Ses recherches traitent des survivances sociales, économiques et politiques du régime seigneurial dans le Québec du xxe siècle.

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