Bernard Andrieu

  • L'écologie corporelle est le principe de constitution des relations entre le corps et le monde : exploration et apprentissage du milieu intérieur du corps, redécouverte d'une nature intériorisée. L'injonction au bien-être est partout, et le marché du bien-être est désormais un moyen de proposer des pratiques alternatives (nouveaux thermalismes, masseurs-khinésithérapeutes, pratiques de plein air, sport de pleine nature...). La cosmose, concept-clé de cet ouvrage, décrit comment le corps, dans les éléments et les expériences corporelles, trouve une harmonie et un éveil créatif.

  • Dans l'histoire des techniques et des sciences, l'humanité a créé des techniques écologiques pour éveiller les corps et en définir de nouvelles utilisations. Grâce à l'énergie solaire, le bronzage est devenu une économie durable de la santé, tandis que le retour à la terre aura trouvé un mode équitable des relations entre les hommes et les espèces. Plonger dans les éléments, c'est aussi l'occasion d'écologiser notre corps vivant et d'éveiller des informations inédites ou perdues dans la mémoire inconsciente.

  • La thèse de Jean Le Boulch (1960) est un texte de référence pour les Staps, les psychomotriciens et les thérapeutes du corps. Motricité, action, perception, mais aussi psychologie, éducation physique et corps sont des apports essentiels pour les communautés de l'enseignement, de l'éducation et e la recherche.

  • Avant moi, qui sont ces autres que je suis devenu ? Cet ouvrage auto-bibliographique rassemble les idées que j'ai lues et retenues parmi les livres, parus entre 1959 et 1960, que j'ai achetés. Ces derniers sont devenus comme autant d'enveloppes m'entourant pour donner corps à ce qui devait devenir mes idées.

  • Depuis 1850 jusqu'à nos jours, trois conceptions du sport-santé se seront succédé tout en se maintenant comme des thèmes récurrents : - se régénérer avec les naturistes, les hygiénistes et les végétariens anarchistes de la fin du XIXe siècle ;- s'activer avec la naissance de la médication physique par la médecine du sport, qui aura transformé le sport-santé en sport sur ordonnance ; - s'éveiller avec le développement du slow sport dans la nature, des pratiques d'explorations sensorielles comme le yoga qui ouvre la possibilité de découvrir un corps capacitaire jusque-là inédit. Un ouvrage qui s'attaque à un domaine placé sous les feux de l'actualité : le sport-santé.

  • Grâce à un atlas, des notes bibliographiques sur quelques pionniers et fondatrices, ainsi que les principaux concepts et modèles, la philosophie du sport est présentée dans ce premier tome à travers les écoles internationales de pensée. Ces modèles servent d'analyseur des pratiques corporelles et sportives, s'appuyant sur des concepts propres à chaque philosophie et épistémologie, mais qui sont utilisés dans le domaine sportif.

  • L'ouvrage présente les différentes manières selon lesquelles le sujet contemporain peut faire corps avec lui-même et avec les autres. Décrit dans son développement, le sujet utilise désormais la matière de son corps pour s'identifier et être reconnu : l'apparence est la surface de son être. Cette nouvelle philosophie du corps, apparue depuis les années 1990, développe l'idée d'une formation du sujet par la matière même de ses expériences sensibles. En allant de l'expérience individuelle à la rencontre intersubjective avec les autres corps, le livre présente les modes d'expression et d'incarnation du faire-corps .

  • Le patient « bon et docile » n'existe plus. Désormais, le sujet contemporain entend devenir agent de sa santé et refuse de se laisser enfermer dans une simple relation soignant-soigné, vécue sur un mode passif, jusque dans la demande de disposer de son corps. Il s'informe, revendique des droits et entend le faire savoir. En France, la loi dite Kouchner lui garantit, depuis 2002, le droit à accéder à son dossier médical et le devoir des médecins de rechercher le consentement aux soins, tandis que les associations de malades alimentent les forums des sites d'information sur leur vécu. 
    Un seul diagnostic ne suffit plus à notre patient qui recherche des solutions parfois moins conventionnelles, jugées plus en harmonie avec sa propre sensibilité et son vécu. Loin du simple bricolage thérapeutique ou de la pratique occasionnelle des médecines douces, cette tendance - que l'on peut qualifier d'autosanté - devient alors une expérience d'éducation corporelle et de transformation de soi. Le patient fait appel à des pratiques nouvelles, sources d'habitudes, de croyances psychologiques et d'un nouveau style de vie. Il n'est plus patient, mais agent de sa propre médecine, une médecine à la première personne. 
    Bernard Andrieu est philosophe, professeur en « épistémologie du corps et des pratiques corporelles » à la Faculté du sport de l'Université de Lorraine et chercheur (EA 4360 APEMAC / EpsaM et à la MSH Lorraine, associé à ADES UMR 7268 CNRS).

  • «Cet ouvrage réfléchit aux conséquences de l'incorporation des techniques sur notre identité et sur nos pratiques corporelles. L'immersion du corps dans la technique n'est pas une fusion ou une confusion, mais une expérience nouvelle qui vient troubler l'identité, le genre et l'action, et que la conscience ne suffit pas toujours à contenir. L'instabilité et la fluidité pourraient nous perdre au cours de l'immersion si notre corps ne parvenait à distinguer ce qui lui est propre de ce qui provient d'autrui. Vivre hybride engage donc le sujet dans un corps à corps avec la technique sans être toujours certain d'en contrôler les effets. Ce jeu identitaire avec les limites implique de sortir de la maîtrise du corps en se livrant, parfois dans le risque mortel, à l'altérité et à l'altération de nos repères habituels.»
    Des techniques qui modifient les modes de subjectivation à celles qui permettent de changer de sexe et de genre dans un processus inédit de construction de l'identité en passant par celles qui remodèlent non seulement les sensations, mais aussi l'organisation de la perception, l'auteur s'interroge sur les figures contemporaines, parfois spectaculaires, parfois subtiles, jamais inoffensives, de l'immersion du corps dans un nouvel imaginaire de l'espace et du vécu du sujet humain.

  • L'enseignement des sciences est en crise en Europe et l'école française est interpellée par le défaut de recrutement, d'internet, de crédits pour les études et les recherches scientifiques et technologiques. Il apparaît nécessaire de re-interroger l'expérience : comment articuler un enseignement suscitant le désir de sciences tout en favorisant la formalisation de l'expérience ? Cette étude défend des thèses empiristes et réalistes : comment apprendre en expérimentant, peut-on tout apprendre par l'expérience ?

  • L'enjeu du Médecin de son corps est celui d'une philosophie matérielle du sujet vivant : les interactions entre génétique et histoire, immunité et liberté, cerveau et corps, placent le sujet parmi les autres. Cette médecine intégrée et holiste peut verser dans un culte sanitaire des individus : soit par le design génétique de soi-même et des autres, soit par un contrôle de l'économie sanitaire et sociale. La génération de la biologie moléculaire utilise désormais les somatechnies pour se construire un corps à son image. Cette anaturalité du sujet rend le corps culturel en libérant, par les médecines, l'espèce humaine de la nature. Si le XXe siècle aura permis à la médecine de poser la question des limites de l'expérimentation, le XXIe siècle a commencé, depuis les années 80, par l'appropriation des techniques de la vie par ses usagers. En faisant du corps la définition de l'individu, l'idéologie libérale de la santé ne parvient qu'à réguler la revendication d'un corps individué. Dès lors que mon corps est à moi, aucun médecin et aucune médecine ne devra me prescrire, sans consentement, un remède. Dès lors que les produits de mon corps m'appartiennent, l'éthique et la loi suffiront-ils pour m'interdire l'usage libre de mes organes, de mon sang, de mes fonctions procréatrices ? Chacun a désormais les moyens, du moins selon le développement occidental de la science, de se créer un nouveau corps et de créer un corps nouveau.

  • L'interprétation des rêves serait à remplacer depuis 1980 par l'interprétation des gènes. Cette confusion des savoirs est une des figures du mouvement entre les sciences de la vie et les sciences humaines afin de constituer du comportement génétique. Le comportement génétique sert d'alibi pour justifier une explication naturelle de la vie individuelle et sociale. Les succès de la recherche génétique sont ici relativisés par les enjeux philosophiques découverts.

  • En prêtant une attention au vivant extérieur (le cosmos et la nature) et intérieur (notre corps et nos sensations internes), les sciences du vivant que sont l'esthésiologie et l'émersiologie viennent renouveler leur méthode. L'écologie corporelle, étudiée dans les précédents ouvrages de l'auteur, permet effectivement de s'ouvrir au monde et de s'y sentir présent. Car la question centrale est la suivante : comment passer au travers du vivant et pas seulement à travers ?

  • L'art vivant implique le corps dans la création d'une esthétique intercorporelle : relation directe avec le public, échanges entre les partenaires, émersion de sensations intimes. Par le contact tactile des mains, des corps et des peaux, des informations invisibles sont activées dans les réseaux nerveux, hormonaux et cérébraux. Ainsi, les artistes se reconnaissent par la projection de leur espace corporel qui repose sur une sensibilité empathique, dans une reconnaissance affective et sur une résonance motrice.

  • L'Encyclopédie du corps "Somaticiens" vise à transmettre des connaissances produites par des gens qui se sont investis dans la libération du corps et la compréhension de la culture corporelle. Les entrées de la centaine de notices ici publiées sont fabriquées à partir des noms de ces pionniers et pionnières du corps et de leurs connaissances, compétences, valeurs et possibilités.

  • En 1982, Alain Hébrard, pionnier des Staps, soutient une thèse, jusque-là inédite, de psychologie sur « La représentation du corps en mouvement en pédagogie du geste sportif ». À partir de la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty et Paul Ricoeur, il ouvre l'étude du corps en action à l'adaptation au milieu. Quelles conséquences pour la perception du corps vécu pour le sujet en action ? Quelle pédagogie de l'image du corps au coeur de la conduite motrice ? Le livre, précédé d'une préface de l'auteur résumant les enjeux de son parcours scientifique et institutionnel, présente pour la
    première fois comment les Staps ont pu s'instituer en France entre philosophie du corps, sciences cognitives et théorie de l'action.

  • Apprendre de sa santé motrice nécessite, en première partie, d'analyser les gestes à partir des techniques du corps et des effets sur la perception du corps vécu. Apprendre du bien-être de son corps vivant, en deuxième partie, explore l'estime de soi et l'approfondissement par des gestes sensoriels. Apprendre par des gestes ludo-coopératifs ouvre, en troisième partie, à une socialisation heureuse et partagée dans une santé durable.

  • L'hybridation en prothèse maxillo-faciale a rendu une conscience aux praticiens tout en donnant une nouvelle forme de vie aux patients. Par la convocation des dernières recherches en neurosciences et grâce au support conceptuel de la philosophie du corps, voire même de la neurophilosophie au sens large du terme, les auteurs de cet essai démontrent l'importance du geste de la mise en place d'une prothèse sur un individu blessé, mais appréhendé en tant qu'entité bio-psycho-sociale.

  • Créée en 1928, il y a quatre-vingt-dix ans, la faculté des sciences du sport Staps au 1 rue Lacretelle représente bien l'histoire des recherches sur le corps et le mouvement en France. Au sein de la future Université de Paris et du nouvel Institut des sciences du sport - Santé de Paris, ce livre présente l'architecture des pratiques, des modèles et des savoirs enseignés hier et aujourd'hui. Laboratoires, consultation sociale, gymnase, stade et bibliothèque, autant de lieux aménagés en fonction des courants scientifiques et des conceptions pédagogiques du corps sportif.

  • De nouveaux programmes de recherche sont présents dans ce deuxième tome et ouvrent la philosophie du sport sur les questions du genre, du handicap, de la technique, de l'immersion ou encore de l'action motrice. A travers l'esthétique, l'émersiologie, l'écologie corporelle, les arts martiaux et le méliorisme, les questions des limites du corps sont ici étudiées dans les enjeux du XXIe siècle de notre relation au corps vivant.

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