Bernard Hudon

  • Le Forum social des peuples qui se tiendra en août prochain à Ottawa et à Gatineau est l'occasion de se questionner sur les forces sociales du Québec, du Canada, des nations autochtones et des autres peuples du pays qui y convergeront. Quels objectifs poursuit cette gauche plurielle avec l'organisation de ce forum? La nécessité de s'unir face à un gouvernement Harper qui multiplie les attaques contre elle peut-elle se traduire en nouvelles expériences de lutte s'inspirant par exemple de la mobilisation des peuples autochtones, en particulier du mouvement Idle No More? Les écueils liés au manque d'histoire et de références communes, au caractère colonial de l'État canadien et à la question nationale québécoise peuvent-ils être surmontés pour construire des alliances durables et contrer la droite canadienne?

  • Les différentes crises qu'a connues le système d'éducation québécois ces dernières années - et en particulier le printemps étudiant de 2012 - ont révélé de profonds malaises qui couvent en son sein. De l'école primaire à l'université, la mise au pas de l'éducation aux logiques néolibérales transforme sa mission, dans une société québécoise qui entretient par ailleurs une relation trouble avec le savoir et la connaissance. Prenant le relais de critiques souvent formulées à cet égard, le dossier de ce numéro cherche des voies vers un renouveau de la mission humaniste de l'école et le dépassement des limites de ses cadres organisationnels, sociaux et politiques actuels. Il s'interroge aussi sur le rôle de notre système d'éducation dans la transmission d'une histoire et d'un monde communs.

  • Les initiatives et les mobilisations citoyennes autour des questions écologiques sont au coeur de ce numéro d'automne. À mesure que l'urgence climatique s'accentue, ces luttes et revendications prennent une ampleur inédite et inégalée, et ce, partout dans le monde. Comment penser des modes de vie et des rapports au territoire humains et respectueux alors que des grands projets industriels, entre autres, écrasent, envahissent et détruisent? Et quelles initiatives et projets politiques émergent au Québec pour relever les défis de la transition? La rentrée d'automne est également l'occasion d'accueillir deux nouveaux collaborateurs dans les pages de la revue pour l'année 2016-2017: Catherine Mavrikakis et Rodney Saint-Éloi, qui signeront respectivement le Carnet et la Chronique poétique. Également dans ce numéro, un débat sur le financement public des médias d'information ainsi que le second texte lauréat du concours d'écriture Jeunes voix engagées, «Les Égarés» de Marie-Laurence Rancourt.

  • La Confédération a 150 ans et Relations se fait l'avocat du diable avec son dossier : « Ce qu'on ne fêtera pas ». Jean-Claude Ravet, Frédéric Barriault, Alain Deneault, Dalie Giroux, Diane Lamoureux, Murray Dobbin, Éric Pineault, Emiliano Arpin-Simonetti et Catherine Caron, Linda Cardinal et Rémi Léger, prêtent leur plume à ce dossier qui « vise à remettre certaines pendules à l'heure - notamment sur le colonialisme qui caractérise l'entreprise canadienne depuis ses origines. » (Jean-Claude Ravet). En bute à l'image édulcorée du Canada et de son histoire qui est servie jusqu'à plus soif dans le cadre des célébrations officielles, les auteurs se demandent « comment dépasser la logique extractiviste et capitaliste qui oriente le développement du Canada, au détriment des peuples qui l'habitent? Quels sont la place et l'avenir de ces peuples au sein d'un pays multinational qui ne s'assume pas? » Aussi dans ce numéro, l'extrême-droite québécoise est-elle réellement menaçante et Trump sera-t-il un tremplin pour les idéologies de gauche?

  • Le dossier principal de ce numéro de décembre est consacré à la démondialisation amorcée par le Brexit au Royaume-Uni et aux États-Unis par Donald Trump qui a forcé une renégociation de l'ALENA et renoncé à l'Accord de partenariat transpacifique. Cependant, ce mouvement annonce-t-il vraiment une ère de remise en question de l'ordre économique mondial fondé sur le libre-échange? Après des années de mobilisations altermondialistes visant à freiner la mondialisation néolibérale, comment expliquer que ce soit finalement la droite populiste qui parvient à mettre la démondialisation à l'ordre du jour politique en Occident? Cette démondialisation pourrait être « heureuse », c'est-à-dire, plus juste, solidaire et respectueuse de la planète et des peuples, notamment en Europe et en Amérique du Nord? Ce sont ces questions et d'autres encore qui nourrissent les réflexions des auteurs de ce 793e numéro qui s'ouvre sur un hommage au théologien Gregory Baum, décédé en octobre.

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