Bernard Barbiche

  • Quelle était la nature du pouvoir monarchique en France à l'époque moderne ? Que faut-il entendre par « absolutisme » ? Comment le roi gouvernait-il ? Comment fonctionnait l'administration royale ? Par quels actes le souverain faisait-il connaître ses volontés et imposait-il ses décisions ?Telles sont quelques-unes des questions auxquelles répond ce manuel en décrivant méthodiquement les institutions centrales et provinciales de l'ancienne France. Une large place est faite à la structure des départements ministériels, à leurs bureaux et à leur personnel, à leur cadre matériel, de même qu'aux dépôts d'archives dont la constitution est l'un des effets de la croissance de l'État et du développement de la bureaucratie.

  • La Jeunesse étudiante chrétienne, mouvement d'action catholique fondé en 1929, a joué un rôle important dans le renouvellement des élites confessionnelles et la présence chrétienne dans la société française contemporaine. Les communications de Gérard Cholvy, Christophe Roucou, Bernard Giroux et Vincent Soulage et les témoignages de Yves-Marie Hilaire et Catherine Thieuw-Longevialle, donnés à la journée d'étude organisée par le Centre national des Archives de l'Église de France et la Société d'histoire religieuse de la France le 7 décembre 2009, éclairent un parcours jalonné de tensions et de crises. En complément, Bernard Giroux propose un « Dictionnaire biographique des responsables nationaux et des aumôniers de la JEC (1929-1975) » qui constitue un instrument de travail d'une grande richesse.

  • Ouvert le 11 octobre 1962 dans la basilique Saint-Pierre, le XXIe concile oecuménique, dit couramment « concile Vatican II », a été fortement marqué par l'influence que la France, aux côtés d'autres pays, a exercée sur sa préparation et son déroulement : cardinaux et évêques, théologiens, experts, diplomates, journalistes ont joué à des moments clés un rôle décisif, non seulement dans l'aula conciliaire mais aussi dans des lieux prestigieux tels que la Villa Bonaparte (ambassade de France près le Saint-Siège), le palais Saint-Louis ou le séminaire de la via Santa Chiara. Douze spécialistes réunis en présence de quelque cent soixante auditeurs dans le cadre du service des archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères (site de La Courneuve) le 9 novembre 2012, à l'occasion du 50e anniversaire de l'événement, ont confronté les résultats de leurs recherches sur cette période exceptionnelle de l'histoire de l'Église. Le présent volume rassemble les communications qui ont été présentées lors de cette journée d'étude.

  • Né sous François II, Maximilien de Béthune, devenu duc de Sully en 1606, est mort à la fin du règne de Louis XIII. Mais, sur ses quatre-vingt-deux années de vie, il n'en a passé qu'une douzaine au pouvoir auprès d'Henri IV, et il n'a été tout-puissant que pendant cinq ans, de 1605 à 1610. Cette courte période lui a suffi pour donner une vigoureuse impulsion à la reconstruction économique, financière et matérielle du royaume après quarante ans de guerres civiles. On lui doit notamment la place Royale (place des Vosges) et la place Dauphine à Paris, la remise en état des voies de communication, la construction de ponts et de canaux, la rénovation du réseau des fortifications dans les provinces frontières, le développement de la cartographie militaire, de l'industrie d'armement et de la marine en Méditerranée, et un budget en excédent. Surtout, il a instauré un nouveau style de gouvernement, autoritaire et centralisateur: soixante ans avant Colbert, il a établi une première forme de " monarchie administrative ". Il est le père de l'" Etat de finance ".

    Très présente dans la mémoire collective, l'image de Sully est en grande partie mythique et ne reflète que très imparfaitement sa véritable personnalité:
    Maximilien de Béthune n'a pas été une sorte de ministre de l'Agriculture avant la lettre, ni un mentor grincheux perpétuellement occupé à morigéner un souverain dévergondé. Premier en date des grands ministres du Grand Siècle, il fut le seul protestant et le seul gentilhomme, le seul aussi qui ait été l'ami du roi et qui ait été frappé par la disgrâce. Il est également le seul noble d'épée qui se soit aventuré dans les arcanes de la gestion administrative et financière, d'ordinaire réservée aux gens de robe, et qui y ait personnellement acquis une réelle compétence, situation rendue possible par l'instruction soignée qu'il avait reçue.

    En retraçant cette destinée exceptionnelle, les auteurs apportent une contribution majeure à l'histoire d'une période décisive pour notre histoire:
    Le passage de la Renaissance à l'âge classique et l'émergence de l'Etat moderne.

    Bernard Barbiche est professeur à l'Ecole nationale des chartes où il enseigne l'histoire des institutions, l'archivistique et la diplomatique de l'époque moderne. Ségolène de Dainville-Barbiche est conservateur en chef aux Archives nationales. Tous deux sont spécialistes de l'histoire politique, diplomatique et religieuse du XVIIe siècle.

  • Aux temps posttridentins, l'infaillibilité pontificale a fait l'objet de nombreuses mises en cause de la part des catholiques antiromains. On sait que la question a été vivement agitée au temps du centenaire houleux de la Constitution Pastor Æternus. Après la publication de l'ouvrage célèbre de Hans Küng intitulé Infaillible ? Une interpellation (1970), l'historien Brian Tierney a fait paraître en 1972 une étude consacrée aux origines de l'infaillibilité pontificale. Il tentait d'y montrer, preuve à l'appui, que lorsqu'elle était apparue, la thèse comportait une limitation, et non pas une extension, de l'autorité romaine. Les deux concepts de souveraineté et d'infaillibilité, que Mauro Cappellari et Joseph de Maistre avaient étroitement liés au tournant des xviiie et xixe siècles, étaient en réalité antagonistes aux xiiie et xive siècles. Conception que ne reconnaissent plus les époques moderne et contemporaine, ainsi que le montre sans ambiguïté l'acharnement anti-infaillibiliste du catholicisme antiromain.L'objectif de la journée d'études organisée à Lyon le 7 mai 2009 par l'équipe RESEA du LARHRA, UMR-CNRS 5190, la seconde d'une série consacrée au catholicisme antiromain et à son opposition à la romanitas, consistait à évaluer la fécondité d'une démarche historienne qui tente de préciser, touchant spécifiquement la question de l'infaillibilité, ou de l'indéfectibilité, pontificale ratione fidei, le concept de romanité dans ses rapports avec l'antiromanisme doctrinal développé par certaines tendances centrifuges du catholicisme, le gallicanisme au premier rang, mais aussi les grands courants régalistes, comme le joséphisme, le fébronianisme, ou les juridictionalismes italiens. Une longue périodisation a été retenue afin de favoriser les échanges entre modernistes et contemporanéistes, mais aussi afin de respecter la cohérence d'une période de l'histoire de l'Église catholique qui court du concile de Trente à Vatican II.

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