Bruno Clement

  • En rapprochant le commentaire du premier chapitre de la Genèse du récit de vie des «Confessions» qui le précède, l'auteur fait apparaître la dépendance poétique et existentielle entre ces textes. Dépendance qui se retrouve dans «Circonfession» de J. Derrida où la tentative autobiographique conduite en bas de page tient lieu de commentaire.

  • "Toute méthode est une fiction", dit quelque part Mallarmé. Et Descartes ne propose en effet son Discours de la méthode que "comme une histoire, ou, si vous l'aimez mieux, que comme une fable".
    La proposition certes ne va pas de soi: qu'est-ce que la méthode peut bien devoir à la fiction? À la fable? Avec quelles conséquences, d'ailleurs, sur la pensée qu'elle est censée permettre? C'est à partir de récits que cette face ordinairement cachée de la méthode est ici explorée. Car il est remarquable que celui qui cherche à s'expliquer sur sa méthode le fasse presque toujours en racontant une histoire - et même son histoire. Le philosophe, sans doute, mais le romancier tout aussi bien, ou le critique littéraire, ou l'anthropologue, le poète même, sont intéressés à cette question. Et les enjeux du présent travail touchent autant à la pensée qu'on dit parfois "abstraite" qu'au récit configuré.
    Dans la méthode, roman et traité sont bien près de se toucher.

  • De quoi donc peut-on parler encore ?

    Quelle forme élaborer pour accommoder le gâchis ?

    Comment mal dire ?

    Où ? Quand ? Quoi ?

    D’où vient la notion d’ancêtre ?

    Ces questions, beckettiennes par excellence, correspondent aussi aux cinq catégories antiques de la technè rhètorikè ; et c’est sous l’angle rhétorique qu’en cinq sections distinctes elles sont ici envisagées.

    L’œuvre de Samuel Beckett est d’abord, par cette démarche, située dans une tradition à laquelle elle entend donner une inflexion décisive. Mais l’outil rhétorique permet aussi de reconstituer le travail d’un texte dans lequel le discours critique ordinaire, qui parle d’une œuvre ratée, informe, neutre, humaine, classique, trouve à la fois son origine et son alibi.

    Le parti, résolument technique, de cette lecture n’exclut pas, loin de là, tout souci métaphysique (« c’est la même chose, disait Roland Barthes, que de parler technique ou métaphysique ») ; mais la métaphysique dont il est question ici diffère sensiblement de celle que confesse le texte beckettien et qu’il œuvre, avec succès semble-t-il, à faire recevoir.


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  • Samuel Beckett, prix Nobel de littérature (1969), est né en 1906 dans une Irlande encore britannique, et mort en 1989 à Paris où il a vécu plus de 50 ans. C'est probablement le seul auteur ayant jamais écrit son oeuvre deux fois : en anglais et en français. Ce bilinguisme, loin d'être anecdotique, fait partie d'un projet radical, dont on trouvera ici les traits essentiels. Beckett a profondément ébranlé les assises de tous les genres qu'il a pratiqués : ses pièces sont pour la scène, pour la radio, pour la télévision, certaines sont sans paroles, l'une a pour personnage une Bouche, l'autre un souffle, une autre un air de musique. Ses récits, tous plus ou moins expérimentaux, peuvent être sans ponctuation, sans alinéas, sans personnages caractérisés. Son oeuvre est traduite, jouée et étudiée dans le monde entier. Elle fascine les philosophes, intrigue les psychanalystes. Elle a inspiré de nombreux artistes, peintres ou musiciens.

  • "Conte illustré, Susine et le Dorméveil jongle magiquement entre surréalisme, fantaisie et humour pour aborder la difficulté à trouver sa place en tant qu'enfant dans un monde d'adultes. Petite fille à l'imaginaire fertile, Susine habite au 12 rue des Cauchemars. Les disputes de ses parents et la disparition de sa grand-mère l'ont transportée dans le Dorméveil, un monde mystérieux divisé en deux : le Monde d'Avant - joyeux et aérien - qu'elle a déjà exploré ; et le Monde d'Après - triste et lourd - où elle s'apprête à vivre la plus explosive des aventures. Pour Susine, aucun doute : ses parents avaient cessé de s'écouter, de se parler car... ils avaient perdu leurs oreilles et il lui fallait à tout prix les retrouver ! Selon les dires du Docteur Baisselapaupière, elles se trouveraient sur le navire de la Reine aux Orbites Vides... Mais une prophétie dont elle fait l'objet plane... Susine retrouvera-t-elle les oreilles de ses parents, Le Monde d'Avant et Le Monde d'Après pourraient-ils ne plus faire qu'un et quelle est cette mystérieuse prophétie ?".

  • L'histoire est connue : tout commence quelque part en Grèce antique, alors que logos et mythos se confondaient en une seule voix dans la parole sacrée (hieros), jusqu'à ce qu'au siècle de Platon, une méfiance philosophique provoque la séparation entre les légendes fabuleuses et la recherche de la sagesse. La philosophie n'a peut-être d'autre origine que cette méfiance à l'égard du mythos, méfiance fascinée cependant, qui maintient à distance en même temps qu'elle semble répondre sans cesse au chant des sirènes narratives, attachée au mat de la raison.
    Cependant, la narrativité, comme l'a montré Paul Ricoeur à maintes occasions, notamment à propos de l'histoire, cette autre discipline soupçonneuse, ne se limite pas au simple fait de raconter de la fiction. Il y a de la narrativité jusqu'à la limite de la pure syntaxe, pourrait-on dire. À partir du moment où les mots sont arrangés de façon à représenter un monde, parler de ce monde ne peut aller sans le présenter d'une certaine manière, sans lui donner une cohérence quelconque, c'est-à-dire en somme sans le raconter, ce dont ne se prive pas bien sûr la philosophie, ni l'histoire d'ailleurs, comme le soulignent heureusement depuis quelques décennies de nombreux historiens et non des moindres, que l'on pense à Michel de Certeau. La racine du fait narratif est ainsi enfouie beaucoup plus creux que ne le laissent croire les récits philosophiques d'affranchissement du narratif (dont il faudrait dresser un inventaire exhaustif, si la chose était possible). Mais affirmer cela, c'est du même coup prendre en compte l'inverse, à savoir que la racine philosophique est elle aussi très profondément enfoncée dans le terreau narratif et que le récit ne fait pas que raconter, il fait mieux : il pense en racontant. Ce dossier voudrait donc, à partir de quelques exemples, montrer ce double jeu de la pensée et du récit en examinant à l'oeuvre la pensée se racontant ou le récit pris en flagrant délit philosophique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un genre Indéfini. Ce que Marthe Robert disait du roman se dirait aussi bien du récit, dont on ne saurait proposer une définition qui vaille toujours, ou pour tous. C'est cette question des frontières, des limites, des bords et lisières du récit que reprend, sur de nouvelles bases, le recueil que voici. Les auteurs n'évoluent pas tous dans l'univers de la littérature, que la pratique du récit déborde de fait largemement. Le cinéma, l'histoire, la mythologie ne peuvent se concevoir sans récit. Et la philosophie, la peinture, la théologie ou la musique n'ont pas davantage recours au récit comme à un simple ornement ; le récit les informe de part en part, voire les conditionne.
    Cette promenade aux confins du récit invite à considérer la littérature dans sa relation essentielle avec les autres domaines du savoir qui partagent avec elle cette condition, humaine par excellence, qu'est le besoin de raconter.

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