Cahiers De La Sécurité

  • Nos sociétés ont connu, sur les trois dernières décennies, un passage d'une période marquée par la sécurité délimitée par la lutte contre la délinquance à une période où la sécurité investit tous les domaines de la vie quotidienne en termes de protection-répression mais également de détection des menaces et prévention (prévision) des risques.
    De nouveaux outils surgissent en permanence autour du développement de l'intelligence artificielle qui renforce les capacités de prévenir toutes les formes de risques et de menaces (robotique, algorithmes prédictif, cybersécurité, etc.).
    Plus la demande de sécurité se banalise et trouve de réponses efficaces grâce à la révolution numérique et plus se dessine un nouveau cadre politique et sociétal où l'accroissement de la protection des citoyens engendre un accroissement du contrôle de leur vie par des entités toujours plus puissantes.

  • Ce numéro présente plusieurs contributions issues d'une enquête mondiale sur l'homicide initiée en 2011 par le Centre international de criminologie comparée. Elle permet de mieux appréhender les raisons pour lesquelles la violence, et notamment le taux d'homicide, est plus élevée dans certaines sociétés, sur certains territoires ou régions que dans d'autres. L'enquête vise à produire des estimations sur la prévalence des différentes formes d'homicide, l'efficacité des contrôles sociaux formels et plus précisément du système pénal et sur les autres facteurs qui affectent directement le taux de violence. 

  • Ce numéro des cahiers de l'INHESJ traite des représentations du crime et de la violence. Il s'interroge sur l'attirance humaine pour le crime et ce qu'elle a reproduit dans deux dimensions principales de l'art, le langage écrit et le langage cinématographique. Quelques thèmes principaux font l'objet des articles de ce numéro : le roman policier dans la littérature moderne ; le film policier, le meurtre, le voyeurisme, l'explosion des séries télévisées, du terrain à l'oeuvre les professionnels devenus écrivains : policiers, magistrats, criminologues...

  • La France est l'objet de multiples attaques et menaces face auxquelles le niveau de réponse ne peut être limité au périmètre d'action des forces de sécurité. La vague terroriste islamiste qui l'a frappée à de multiples reprises, à l'instar d'autres pays démocratiques dans le monde, est un phénomène composé de plusieurs dimensions avec, en particulier, le croisement de forces extérieures organisées porteuses d'une idéologie de destruction et à la source des attaques menées sur le territoire avec une criminalité intérieure qui en assure l'exécution. La riposte de l'Etat français et la protection de ses citoyens repose ainsi sur le recours aux forces armées et aux forces de sécurité, dans le cadre fixé par la loi. Mais le terrorisme ne constitue pas la seule menace qui nécessite la coordination entre armée, police et justice. Les extrémismes politiques, religieux, les cyberattaques, le crime organisé de plus en plus mondialisé, mais aussi les risques de catastrophes naturelles ou de pandémies appellent de plus en plus à des réponses coordonnées mutualisant différentes ressources de l'appareil d'Etat.
    Ce numéro des Cahiers de la sécurité et de la justice présente ainsi plusieurs contributions permettant d'explorer la complexité d'un nouveau champ d'intervention qui dessine les nouveaux contours de la sécurité nationale.

    Les thèmes abordés dans ce dossier central seront les suivants.
    - Sécurité nationale et sécurité globale.
    - L'armée territoriale.
    - Le plan Vigipirate.
    - Frontières et migrations.
    - Le cadre judiciaire de l'intervention des forces armées sur le territoire national.
    - La protection et la sécurité de l'Etat.

    En dehors du dossier central, les autres rubriques de la revue présenteront les articles suivants.
    - « La nécessité d'individualiser le désengagement en matière d'extrémisme violent lié au djihadisme. » Dounia Bouzar.
    - « Daesh : une signature temporelle ». Pierre Boussel.

  • CAHIERS DE LA SECURITE N.49 ; dernier numero des cahiers - attente titre Nouv.

    Ce numéro des Cahiers de la sécurité et de la justice est un numéro spécial. Il vient clore la dernière phase des trente années d'existence de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ).
    Il ne s'agit pas pour autant d'un numéro à caractère historique.

    Il est bien question non d'une histoire qui s'achève, mais d'une séquence de cette histoire qui en inaugure une nouvelle.
    Depuis la création de l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI) par le ministre de l'Intérieur Pierre Joxe en 1989, cet organisme a connu plusieurs modalités d'existence déterminées par les évolutions à la fois de la thématique de la sécurité dans la société et par les réponses des instances politiques pour s'y adapter.

    Ainsi le passage en 2004 de l'IHESI à l'INHES (Institut national des hautes études de la sécurité) acte une transformation de la vision de la question de la sécurité en France en élargissant son champ de définition d'origine, la sécurité intérieure, la lutte contre les différentes formes de la délinquance et du crime, à la prise en compte de l'ensemble des menaces et des risques qui pèsent sur les sociétés démocratiques du XXIe siècle. Cette transformation accompagne l'émergence d'un nouveau concept, celui de sécurité globale. Cinq ans plus tard c'est la gouvernance de la sécurité qui est interrogée et amène l'autorité politique à prôner, en cohérence avec l'idée de penser la sécurité globale, une conduite des politiques de sécurité qui mutualise les ressources des principales institutions concernées, à commencer par celles qui dépendent des ministères de l'Intérieur et de la Justice. C'est la création de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) qui devient un établissement interministériel relevant des services du Premier ministre.

    2020 marquera une nouvelle étape de la vie de cet Institut. Fin 2019, le Premier ministre, dans le cadre d'un approfondissement de la réforme de l'État, est amené à repenser l'organisation de ses services en se concentrant sur sa mission de coordination de l'activité des différents ministères. Sans remettre en compte le bien-fondé de l'existence de l'INHESJ et de son action, il décide la poursuite des missions de celui-ci au sein du ministère principalement en charge des questions de sécurité, celui de l'Intérieur. C'est ainsi qu'est créé le 3 septembre 2020 l'Institut des hautes études du ministère de l'Intérieur (IHEMI).

  • Éditorial, Hélène Cazaux-Charles
    Dossier coordonne par Pierre Berthelet
    Les activités de la Sûreté du Québec à l'international, Pierre Allaire
    La légalisation du cannabis au Canada : la question des facultés affaiblies, Line Beauchesne
    Réinsertion des délinquants. Envers du décor et coulisses d'une propagande étatique, Philippe Bensimon
    La vérité judiciaire : une vérité à géométrie variable ?, Jean Claude Bernheim
    Portrait des infractions criminelles reliées à la conduite avec les capacités affaiblies au Québec de 2009 à 2016, Christophe Huynh, Valérie Beauregard, Jacques Bergeron, Serge Brochu
    Un programme d'enseignement et de recherche académique spécifique en science forensique au Canada : pourquoi ?, Frank Crispino
    Cerbère et les trois théories de l'enquête, Maurice Cusson
    Une technologie de surveillance pour prendre en charge les criminels violents dans la communauté et pour réduire la surpopulation carcérale, Maurice Cusson, Jonathan James
    Crime linkage et profilage criminel, Nadine Deslauriers-Varin, Craig Bennell, Andréanne Bergeron
    Radicalisation et extrémisme violent à l'ère du Web, Numerique et radicalites violentes : au-dela des discours communs, Benjamin Ducol, Martin Bouchard, Garth Davies, Christine Neudecker, Marie Ouellet
    Radicalisation(s) et extrémisme(s) violent(s) : regard sur l'émergence d'initiatives de prévention au Canada, Benjamin Ducol, Alexandre Chevrier-Pelletier
    L'aide aux victimes d'actes criminels et la reconnaissance de leurs droits au Québec : quatre décennies plus tard, Arlène Gaudreault
    Le terrorisme au Canada, Stéphane Leman-Langlois
    Quelle cybersécurité pour le Québec et le Canada ?, Hugo Loiseau
    Entre justice populiste et gestion du risque : la réponse sociolégale nord-américaine face aux crimes sexuels, Sébastien Brouillette-Alarie, Patrick Lussier
    La baisse de la criminalité traditionnelle au Canada au cours des 40 dernières années ?, Marc Ouimet
    L'évaluation de la menace en matière de crime organisé : difficultés méthodologiques et pistes de solution, Robert Poirier
    Adversité psychosociale, détresse psychologique et sympathie pour la radicalisation violente chez les collégiens du Québec, Cécile Rousseau, Ghayda Hassan, Aude Rousseau-Rizzi, Victorine Michalonbrodeur, Youssef Oulhote, Abdelwahed Mekki-Berrada, Habib El-Hage
    La justice réparatrice au Québec : mesures de rechange, non-judiciarisation, rencontres de dialogue et médiations, Catherine Rossi, Serge Charbonneau
    Passé, présent et avenir des programmes de formation en criminologie et en justice pénale au Canada, John Winterdyk, Jean Sauvageau
    Recension du livre de John Winterdyk : Pioneers in Canadian Criminology, André Normandeau
    1968 aux origines de la sociologie de la police, Jean-Louis loubet del Bayle
    Culture du cannabis en France : de l'artisanat à la production industrielle, Caroline Masson, Michel Gandilhoni
    L'intelligence-led policing, une doctrine d'action policière pour faire d'Europol le « centre névralgique » du renseignement européen, Pierre Berthelet
    Un exemple de criminalité économique : Le racket policier en Côte d'Ivoire, Henry B. Yebouet

  • Ce dossier aborde les attentes des territoires ruraux qui résultent des maux auxquels ils sont exposés. L'isolement géographique, la fragilité économique et sociale, le retrait des services publics constituent leur quotidien. Les populations rurales connaissent également les incivilités, la prévention de la délinquance, une insécurité multiforme et mobile. Même le terrorisme et la radicalisation les concernent, les inquiètent.
    Ce numéro est aussi l'occasion de mettre en lumière le travail de la jeune génération de chercheurs qui, dans les universités et les laboratoires assurera la pérennité et le renouvellement de la réflexion en matière de sécurité et de justice.

  • L'extrémisme violent est diversifié et multiforme. La notion d'extrémisme violent recouvre bien plus que l'atteinte à la vie ou à l'intégrité physique des personnes et la destruction de leurs biens. Elle englobe aussi, les violences sexuelles et les autres violations des droits de l'homme. Qui plus est, les groupes et cellules extrémistes se créent et se fragmentent presque continuellement, et leurs tactiques et stratégies évoluent sans cesse. Les attaques terroristes qui se sont succédé ont mis particulièrement en lumière la radicalisation islamiste qui a conduit les autorités à trouver des réponses qui portent en premier lieu sur un plan sécuritaire et pénal mais également, pour tenir compte de la globalité du phénomène, sur la prévention et une possible réinsertion. Plusieurs expérimentations ont eu lieu portant sur des programmes dit de « déradicalisation » conduits dans le cadre carcéral ou hors les murs de la prison.
    Ce numéro des Cahiers de la sécurité et de la justice présente plusieurs contributions qui rendent compte d'un travail scientifique ambitieux visant à produire des données probantes permettant un début d'évaluation sérieuse des programmes de désengagement de la violence extrémiste ».

  • La peine est souvent limitée à la prison dans l'esprit du grand public, négligeant ainsi les opportunités de travailler efficacement avec des personnes délinquantes en milieu ouvert. La probation est une démarche qui vise à mettre en oeuvre des alternatives à l'incarcération en lui substituant un régime de contraintes et de conditions à respecter pendant la durée de la peine prononcée. Les recherches sur le sujet évoquent 10 à 35% d'infractions en moins selon les conditions de mise en oeuvre. La question de l'efficacité de ces peines alternatives, en milieu ouvert ou au sein de la prison, au regard de la réduction de la récidive, n'est plus un débat. Elles sont efficaces pour réduire le nombre d'infractions commises, à condition de respecter un certain nombre de règles. C'est un état exhaustif des connaissances issues de la recherche sur les peines de probation et la prévention de la récidive que présente ce numéro des Cahiers de la sécurité et de la justice.

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