Carole Martinez

  • Le coeur cousu

    Carole Martinez

    "Écoutez, mes soeurs !
    Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit !
    Écoutez... le bruit des mères !
    Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recette se côtoient.
    Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes !"

    Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre ; le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement...
    Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels...

    Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses ou cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.

  • En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire 'oui' : elle veut faire respecter son voeu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe...
    Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.
    Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d'une sensualité prenante.

  • "Peu après la sortie de mon premier roman, Le coeur cousu, une lectrice m'a raconté une coutume espagnole dont j'ignorais l'existence : dans la sierra andalouse où étaient nées ses aïeules, quand une femme sentait la mort venir, elle brodait un coussin en forme de coeur qu'elle bourrait de bouts de papier sur lesquels étaient écrits ses secrets. À sa mort, sa fille aînée en héritait avec l'interdiction absolue de l'ouvrir. J'ai métamorphosé cette lectrice en personnage.
    Lola vit seule au-dessus du bureau de poste où elle travaille, elle se dit comblée par son jardin. Dans son portefeuille, on ne trouve que des photos de ses fleurs et, dans sa chambre, trône une armoire de noces pleine des coeurs en tissu des femmes de sa lignée espagnole. Lola se demande si elle est faite de l'histoire familiale que ces coeurs interdits contiennent et dont elle ne sait rien. Sommes-nous écrits par ceux qui nous ont précédés ?
    Il faudrait déchirer ces coeurs pour le savoir..."
    C. M.

  • Blanche, la môme chardon, est-elle morte en 1361 à l'âge de douze ans comme l'affirme son fantôme ? Cette vieille âme qu'elle est devenue et la petite fille qu'elle a été partagent la même tombe. L'enfant se raconte au présent et la vieillesse écoute, s'émerveille, se souvient, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l'y attend. Veut-on
    l'offrir au diable pour que le mal noir qui a emporté la moitié du monde ne revienne jamais ?

    Un voyage dans le temps sur les berges d'une rivière magnifique et sauvage, la Loue, par l'auteur du Domaine des Murmures et du Coeur cousu.

  • Dans la ville où vivent Luce et Lucas, tout est en ordre : les rues, les panneaux, les chiens, les arbres, les dents dans la bouche des gens, les mots enfermés dans les livres, même les oiseaux sur leurs perchoirs. Le dimanche, il arrive aux deux enfants de s'échapper à vélo. Rêves au vent, ils pédalent jusqu'à l'orée de la forêt... Sans jamais oser s'y aventurer.
    La faute aux affreux géants qui, dit-on, vivent cachés sous les grands arbres.

  • "Elle a poussé une porte sans se douter de ce qu'il y avait derrière.
    -Et maintenant ?
    -Maintenant elle est un réceptacle qui nous contient toutes. Nos amours, nos vies, nos peines. Elle a un petit cimetière à elle toute seule.
    -Percevrait-elle nos murmures ?
    -Sans doute."
    Paris 1985 : Lou est en classe de première, elle ne s'intéresse qu'à son monde adolescent, ses amis, les fêtes, le lycée... Jusqu'au jour où toute sa petite bande décide de s'essayer au spiritisme. Le verre bouge et l'univers de Lou vacille...

  • « Que t'est-il donné à voir, Lou ?
    Mes pauvres souvenirs. Rien de plus.
    Tu dois comprendre, mon enfant, que seul l'amour compte, que seul l'amour cherche à s'exprimer par delà la mort. Comme moi, tu es une passeuse silencieuse. »
    Paris, printemps 1985 : Lou a le don de voir les morts. Hantée par une femme sans visage, elle va, grâce à l'hypnose, être projetée dans la vie de Lucie et découvrir l'univers scientifique du début du XXe siècle et les relations qu'entretenaient les grands savants de l'époque avec l'occulte.

  • « Qu'est-ce qu'ils fichent autour de cette table, les Hugo ?
    - C'est le grand jeu à la mode dans les salons, ils font comme à Paris, ils appellent les esprits. Ça fait déjà un an qu'ils vivent en exil sur ce territoire minuscule. Il faut bien qu'ils s'occupent. »
    Paris, printemps 1985. Pour arracher son amoureux aux griffes de la mort, Lou va devoir voyager dans le temps sur les traces de la vieille Lucienne, voisine de Victor Hugo sur l'île de Jersey. Elle va approcher de très près ce grand poète au moment où en exil, il converse avec les morts et cherche à déchirer le voile qui le sépare de sa fille noyée...

  • Paris, les années 80, l'univers de la lycéenne Lou bascule, quand une séance de spiritisme vire au drame. Son amie Marie-Rose se suicide et le réel s'emplit alors de fantômes. Lou aurait-elle un don ? Et quels mystères se cachent dans le passé familial ?
    Ce poignant tome 4, livre la clef du secret, avec un voyage final qui emporte Lou au coeur du 16ème siècle, à Issenheiem, sur les pas du peintre Grunewald et au temps des chasses aux sorcières.

  • Retrouvez dans ce dossier les premiers chapitres des 20 titres de la rentrée littéraire 2015 des éditions Gallimard :

    La Terre qui penche (Carole Martinez) ; Le Censeur (Clélia Anfray) ; Au pays d'Alice (Gaëlle Bantegnie) ; Le secret de l'empereur (Amélie de Bourbon Parme) ; Le Bercail (Marie Causse) ; Daniel Avner a disparu (Elena Costa) ; Mémoires d'outre-mer (Michaël Ferrier) ; Les irremplaçables (Cynthia Fleury) ; 7 (Tristan Garcia) ; Un papa de sang (Jean Hatzfeld) ; Gratis (Félicité Herzog) ; Magique aujourd'hui (Isabelle Jarry) ; Casanova l'aventure (Alain Jaubert) ; Les Prépondérants (Hédi Kaddour) ; Pirates (Fabrice Loi) ; Intérieur nuit (Marisha Pessl) ; Une Antigone à Kandahar (Joydeep Roy-Bhattacharya) ; Hallali pour un chasseur (Jean-François Samlong) ; 2084. La fin du monde (Boualem Sansal) ; D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds (Jón Kalman Stefánsson).

    Vous pouvez accéder directement à chaque extrait par la table des matières de ce dossier ou lire les extraits à la suite. Retrouvez aussi photographie et biographie des auteurs. Tous ces livres numériques seront disponibles chez votre libraire.

  • El uso político del mito no es una novedad. Lo que sí es nuevo en América Latina es la potente emergencia de mitos históricos y su utilización como fuente de legitimidad política. Se cuestiona así la "racionalidad" que había venido sustentando los procesos democráticos del continente. ¿Es que basta con invocar el inasible concepto de "populismo" (militarista o civilista), hoy cada vez más extendido, para dar cuenta de los complejos y diversos procesos en el subcontinente? ¿No se funda ese populismo en creencias desarrolladas a lo largo de la construcción, reelaboración y hasta invención de nuestras respectivas historias nacionales? ¿Cuánta fuerza ejerce aún el pasado hispánico y prehispánico en la forja de nuestra cultura política? Si en todas partes el pasado sirve para construir el presente, si toda historia nacional ha estado siempre al servicio de un propósito retórico más allá de sí misma, ¿cómo y por qué se desarrollan esas prácticas constructoras de prestigio y legitimación? Desde la singularidad de sus miradas nacionales, una veintena de investigadores de Bolivia, Colombia, Ecuador, Francia, Inglaterra, Perú y Venezuela elabora y propone sugestivas respuestas. Este uerzo colectivo por reconstruir el origen y la trayectoria de los mitos fundacionales y de nacionalidad, en función de nuevos contextos en los siglos XIX y XX, sienta las bases de una historia comparativa de las mitologías modernas en el área andina y su influjo en la realidad política. Desde la narrativa sobre el "tirano" Rumiñahui a mediados del siglo XVI hasta el bolivarianismo de Hugo Chávez en la Venezuela de nuestros días, es un apasionante itinerario por nuestra cultura simbólica, indispensable para historiadores, politólogos y estudiosos de América Latina, que ningún lector bien informado debe perderse.

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