Langue française

  • La maladie d'Alzheimer inquiète, angoisse, bouleverse. Elle remet en question l'identité personnelle et notamment l'autonomie, altérant l'existence en termes de choix, de relation à l'autre, d'expression de la volonté et de la pensée. Elle impose aux sujets malades de nouvelles règles de pensée et de décision elle demande une adaptation du milieu et des autres à ce nouveau mode d'être. Ce livre réunit les interrogations de différents acteurs (médecin, cadre infirmier, psychologue, sociologue, philosophe, juriste) sur cette question difficile et les problèmes qui en découlent. Quelle représentation se fait-on de la maladie ? Que va susciter son annonce ? Quelleplace nos sociétés, nos institutions, nos prévisions de santé publique peuvent-elles accorder au statut de la personne dite « démente » ? Que peut être l'accompagnement d'un patient dont on pense qu'il est « déchu » de son identité et d'une partie de ses droits ?
    L'enjeu de cette réflexion pluridisciplinaire est d'une part épistémologique, en exposant l'écart existant entre l'image de la maladie, sa conception scientifique, la réalité vécue, et d'autre part éthique, en invitant à ne pas confondre entrée dans la dépendance et perte d'autonomie. Cet ouvrage défend le principe d'un respect de l'autonomie propre à motiver soignants et « aidants » vers plus d'écoute, de confiance, de nuances, d'échanges, de compréhension et de sollicitude.

  • À partir de plusieurs histoires cliniques issues de leur pratique quotidienne, les auteurs, neurologues, tentent d'éclairer, dans sa complexité, le « symptôme somatomorphe » : symptôme qui, prenant la forme d'un symptôme du corps, n'est pourtant pas associé à une lésion pouvant en rendre compte. Formation de l'inconscient, au même titre que le rêve ou le lapsus, le symptôme somatomorphe motiverait jusqu'à un tiers des demandes adressées au médecin, habituellement mal préparé à y répondre. Vérifier qu'il ne s'agit pas d'une pathologie organique constitue sa principale intervention.
    Tout en tenant compte des avancées récentes des neurosciences, les auteurs restituent dans leur pertinence clinique des concepts mis au jour par Freud puis Lacan pour comprendre les éléments constitutifs de ce type de symptôme et le sens qu'il peut avoir. À partir de cet héritage, ils proposent au médecin de porter intérêt à l'histoire que lui raconte le sujet en se gardant bien d'interpréter à sa place. À l'horizon de cette position, la considération de la singularité absolue de chaque sujet apparaît comme un impératif éthique qui permet d'entendre la véritable demande adressée au soignant, et, par là, de soutenir un accompagnement thérapeutique.

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