Christian Maroy

  • Inspirée de la nouvelle gestion publique, la politique de gestion axée sur les résultats (GAR) a changé profondément la gouvernance du système scolaire québécois en renforçant le pouvoir du ministère de l'Éducation sur les commissions scolaires (CS) et leurs écoles.
    Combinant l'étude des débats parlementaires, l'exploitation des statistiques disponibles et l'analyse d'une centaine d'entretiens approfondis auprès d'enseignants, d'administrateurs et de cadres scolaires, ce livre propose une analyse multiniveau de la trajectoire et de la mise en oeuvre de cette politique dans quatre CS. Quelle vision les acteurs scolaires ont-ils de cette politique ? Quels changements organisationnels, institutionnels et professionnels produit-elle dans les CS et les écoles? Avec quelles médiations et quelle instrumentation ? Cette politique est-elle légitime et efficace ? L'analyse montre que la GAR renforce le pouvoir des CS et des directions, car elle permet une gestion plus suivie de la pédagogie et une surveillance des pratiques des enseignants. Son efficacité reste discutable et sa légitimité faible parmi les enseignants, car la logique managériale et quantifiée de la GAR remet en question leurs conceptions de l'éducation et grignote leur autonomie professionnelle.

  • Ce livre, issu d'une recherche européenne, Reguleducnetwork, établit un état des lieux des tendances en cours et analyse leur genèse et leurs effets au plan local. Il s'appuie sur la comparaison des politiques nationales et sur l'analyse de six espaces scolaires : Budapest, Charleroi, Lille, Lisbonne, Londres et région parisienne. Ces études de cas montrent que, partout, des relations d'interdépendances compétitives existent entre les établissements scolaires qui affectent leurs relations aux autorités locales comme avec les parents, mais aussi leur fonctionnement pédagogique interne. Les établissements scolaires sont pris dans une "régulation de marché" qui semble échapper à la maîtrise des politiques et peser sur les inégalités sociales et scolaires.

  • Depuis une vingtaine d'années, les responsables de l'enseignement de nombreux pays mettent en place des objectifs et des indicateurs leur permettant de piloter le système et de mieux réguler le fonctionnement des établissements et des organisations scolaires. Par ailleurs, des procédures d'évaluation des résultats des établissements, et indirectement du travail des enseignants, se développent, accompagnées de mécanismes parfois pressants de reddition de comptes. L'école est ainsi de plus en plus soumise à une obligation de résultats et de performance mise en place sous des appellations diverses : « accountability » dans les pays anglo-saxons, « pilotage » basé sur l'évaluation externe en Europe continentale, « gestion axée sur les résultats » au Québec.
    L'objectif de cet ouvrage est d'étudier les effets de ces politiques sur le travail et le professionnalisme des enseignants : il s'agit d'interroger les formes d'acceptation, d'adhésion, mais aussi de résistance, de contestation et de changement de relations qu'elles suscitent. Son intérêt est de porter un regard comparatif sur la situation générée dans des pays aux traditions très diverses (Belgique, Brésil, Espagne, France, Québec et Suisse) à travers les résultats d'enquêtes menées auprès des enseignants et des cadres éducatifs et un ensemble d'études de cas complémentaires portant par exemple sur l'évaluation des acquis des élèves, l'orientation, le travail en équipe ou encore la formation des enseignants.
    Ce livre, sans équivalent dans la littérature francophone, aborde une thématique de forte actualité, la redéfinition du professionnalisme des enseignants, à la croisée de l'intérêt des chercheurs et des préoccupations des acteurs de terrain.

  • This book addresses current changes of education policies in a context of globalisation. It does so by focusing on the implementation of performance-based accountability policies in France and in Quebec (Canada). It questions the trajectory of these policies, their mediations and their instrumentation in various territories and schools through a theoretical framework which combines a North American neo-institutionalist approach with the perspective of the French sociologie de l'action publique. The book extends the current international literature on English-speaking experiences of hard accountability to research on "soft" accountability policies and proposes a deep investigation in two highly contrasted education systems. This investigation is multilevel and has led to field research both in schools, in intermediate authorities, and in central administrations for three years. The research presented in the book addresses the international literature on accountability in public administration and in education, the current transformations of governance in education, as well as the forms taken by the globalisation of education policies in countries differently exposed to international influences. The comparison highlights a convergent neo-statist trajectory of the performance-based accountability policy in the two countries, various forms of governance by results enacted at the local and meso level, and more intense impacts of these policies on schools and teacher's practices in Quebec than in France.  

     

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