Christian Sorrel

  • Des religieux sur les routes de l'exil... L'épiscopat français reçu en corps au Vatican... Les documents de la couverture bornent le chemin d'histoire du catholicisme français que le livre propose, entre les crises qui opposent l'État et l'Église catholique à l'aube du XXe siècle et le concile Vatican II. Les vingt-quatre chapitres analysent des événements, des groupes, des personnalités, des débats pour revisiter soixante-dix années souvent agitées.
    Le premier ensemble est centré sur les crises et les ruptures des décennies 1900 et 1910, de l'offensive contre les congrégations religieuses à la Première Guerre mondiale en passant par la loi de séparation de 1905 qui entraîne des transformations décisives pour l'Église catholique en France.
    Le deuxième ensemble explore les voies du changement dont les formes sont très diverses dans le demi-siècle qui suit la «guerre des deux France»: mobilisations militantes, initiatives pastorales et missionnaires, pensée et action sociales, affrontements intellectuels.
    Le troisième ensemble aborde les années 1960 et 1970 marquées par l'événement Vatican II et ses conséquences durables en observant la participation française au concile, les changements diplomatiques et politiques, les tensions ecclésiales et sociales dans la France gaullienne confrontée à Mai-68.

  • La Jeunesse étudiante chrétienne, mouvement d'action catholique fondé en 1929, a joué un rôle important dans le renouvellement des élites confessionnelles et la présence chrétienne dans la société française contemporaine. Les communications de Gérard Cholvy, Christophe Roucou, Bernard Giroux et Vincent Soulage et les témoignages de Yves-Marie Hilaire et Catherine Thieuw-Longevialle, donnés à la journée d'étude organisée par le Centre national des Archives de l'Église de France et la Société d'histoire religieuse de la France le 7 décembre 2009, éclairent un parcours jalonné de tensions et de crises. En complément, Bernard Giroux propose un « Dictionnaire biographique des responsables nationaux et des aumôniers de la JEC (1929-1975) » qui constitue un instrument de travail d'une grande richesse.

  • La publication en 2011 du dernier volume des « Matériaux pour l'histoire religieuse du peuple français », plus connus sous le nom de « Matériaux Boulard », et la journée d'étude organisée à cette occasion à l'Université de Lyon ont permis de mettre en lumière la figure trop ignorée du chanoine Fernand Boulard (1898-1977), pionnier de la sociologie religieuse pastorale. Il s'agissait dans le même temps de réfléchir à l'usage que les historiens ont fait des données qu'il avait collectées et pourront encore en faire à l'avenir, alors que les paradigmes historiographiques ont changé depuis la décennie 1970 qui vit le projet des « Matériaux Boulard » prendre forme.

  • Dans le prolongement des démarches scientifiques suscitées par le cinquantenaire du Concile Vatican II, un colloque international réuni à Lyon en mai 2016 s'est intéressé à un dossier inédit, celui des réactions à la lettre adressée le 24 juillet 1966 par le cardinal Ottaviani, pro-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, aux présidents des conférences épiscopales sur les « abus grandissants dans l'interprétation de la doctrine du Concile » et les « opinions étranges et audacieuses apparaissant ici ou là ». L'abondance des commentaires, la tonalité des réponses nationales et les suites romaines confèrent à ce document une dimension de révélateur face à la crise naissante, que les acteurs ont du mal à nommer et à identifier. Les thèmes abordés sont nombreux (instances de la société, évaluation du Concile, déplacements des modalités du croire, exercice de la collégialité, réforme de la Curie, responsabilités des évêques et des théologiens) et constituent autant de perspectives pour l'historicisation du moment conciliaire dans le temps court qui sépare la clôture de l'assemblée et la bourrasque de Mai-68 et, plus généralement, dans le mouvement des décennies 1950-1970. Avec les contributions de Christian Sorrel, Alessandro Santagata, Étienne Fouilloux, Philippe Chenaux, Gianni La Bella, Philippe Roy-Lysencourt, Marialuisa Lucia Sergio, Leo Declerck, Mathijs Lamberigts, Franz Xaver Bischof, Lorenzo Planzi, Feliciano Montero, András Fejérdy, Gilles Routhier, Miranda Lida et Denis Pelletier.

  • L'historiographie du Concile Vatican II accorde une place limitée au monde des religieux. Ce constat a guidé le projet du colloque international réuni à Rome en 2014 à l'initiative du LARHRA pour proposer une approche globale et évaluer les variables liées à la diversité des familles religieuses, des contextes sociaux ou ecclésiaux et des réalités nationales ou transnationales. En se centrant sur l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord et en croisant les études de cas, il a permis de mieux saisir la place de l'événement conciliaire dans les dynamiques de changement à l'oeuvre dans les décennies 1950, 1960 et 1970.

  • Alexandre Glasberg (1902-1981) est une figure étonnante. Né dans l'Empire des tsars, converti du judaïsme, ordonné prêtre catholique après son arrivée en France en 1932, il est l'une des figures du sauvetage des Juifs et de la Résistance entre 1940 et 1944 à Lyon, puis dans le Tarn-et-Garonne. Après la guerre, il poursuit son action dans le cadre du Centre d'orientation sociale des étrangers et soutient le jeune État d'Israël avant de critiquer l'évolution qui l'éloigne de l'utopie fondatrice. Novateur social, de sensibilité progressiste, il renouvelle son engagement dans les années 1960 au profit des réfugiés politiques et est l'un des fondateurs de France Terre d'Asile au début de la décennie suivante. Prêtre sans ministère, homme de l'ombre, acteur des politiques publiques, il s'est peu exprimé sur ses convictions et n'a guère laissé d'archives. La journée d'études organisée à l'Université de Lyon le 24 mai 2012 a néanmoins permis, grâce à des documents inédits, de relire son itinéraire et de dessiner son portrait avec plus de précision, même si demeure une part irréductible de mystère.

  • Aux temps posttridentins, l'infaillibilité pontificale a fait l'objet de nombreuses mises en cause de la part des catholiques antiromains. On sait que la question a été vivement agitée au temps du centenaire houleux de la Constitution Pastor Æternus. Après la publication de l'ouvrage célèbre de Hans Küng intitulé Infaillible ? Une interpellation (1970), l'historien Brian Tierney a fait paraître en 1972 une étude consacrée aux origines de l'infaillibilité pontificale. Il tentait d'y montrer, preuve à l'appui, que lorsqu'elle était apparue, la thèse comportait une limitation, et non pas une extension, de l'autorité romaine. Les deux concepts de souveraineté et d'infaillibilité, que Mauro Cappellari et Joseph de Maistre avaient étroitement liés au tournant des xviiie et xixe siècles, étaient en réalité antagonistes aux xiiie et xive siècles. Conception que ne reconnaissent plus les époques moderne et contemporaine, ainsi que le montre sans ambiguïté l'acharnement anti-infaillibiliste du catholicisme antiromain.L'objectif de la journée d'études organisée à Lyon le 7 mai 2009 par l'équipe RESEA du LARHRA, UMR-CNRS 5190, la seconde d'une série consacrée au catholicisme antiromain et à son opposition à la romanitas, consistait à évaluer la fécondité d'une démarche historienne qui tente de préciser, touchant spécifiquement la question de l'infaillibilité, ou de l'indéfectibilité, pontificale ratione fidei, le concept de romanité dans ses rapports avec l'antiromanisme doctrinal développé par certaines tendances centrifuges du catholicisme, le gallicanisme au premier rang, mais aussi les grands courants régalistes, comme le joséphisme, le fébronianisme, ou les juridictionalismes italiens. Une longue périodisation a été retenue afin de favoriser les échanges entre modernistes et contemporanéistes, mais aussi afin de respecter la cohérence d'une période de l'histoire de l'Église catholique qui court du concile de Trente à Vatican II.

  • Le congrès, étudié par les spécialistes du politique comme lieu de production d'un discours militant, est entré plus récemment dans d'autres champs historiographiques, en particulier celui du catholicisme où la pratique congressiste se révèle d'une grande plasticité : diversité des échelles, des congrès internationaux aux congrès paroissiaux ; diversité des thématiques, des congrès généralistes aux assemblées dédiées à un sujet particulier ; diversité des modalités, des rassemblements de masse aux réunions presque confidentielles. Sans prétendre à l'exhaustivité, les journées d'études réunies en septembre 2005 à Paris sous la responsabilité de Claude Langlois et Christian Sorrel ont eu pour but d'évaluer le phénomène à l'échelle européenne et de proposer des études de cas pour la France avant de prendre la mesure des congrès internationaux qui ne sont pas le simple résultat d'un processus cumulatif, mais qui sont présents dès les origines. Au fil des communications s'impose l'idée que le congrès, dans sa forme comme dans son contenu, est un observatoire pertinent des mutations du catholicisme contemporain.

  • « Mélomane, à la recherche du temps vécu » : un livre numérique pour lire, écouter, voir : 
    Lire comment la musique nous parle en nous procurant ces moments intenses d'émotion, de joie, de sérénité, de transe, de paix intérieure, d'excitation, de réflexion ? Quelles sont les oeuvres les plus remarquables ? Quels sont parfois aussi les blocages vis-à-vis de telle ou telle musique et les moyens d'y remédier ?
     Écouter instantanément les oeuvres citées grâce aux très nombreux (plus de 180) liens hypertexte insérés directement dans le corps du texte.
      Voir les plus grands interprètes jouer ces oeuvres (vidéos) ou parfois diaporama accompagnant la musique.
     Au-delà de la simple lecture, ce livre est donc à déguster toute l'année à travers toutes ces musiques et vidéos directement accessibles et dont beaucoup vous surprendront.

    Ce livre, écrit par un mélomane passionné a un double objet : témoigner du bonheur et de la richesse spirituelle que peut apporter la musique au quotidien et, par voie de conséquence, espérer communiquer cette expérience à d'autres personnes.

    Plan du livre 
    PRÉLUDE
    I- COMMENT LA MUSIQUE NOUS « PARLE »
    II- UNE NOURRITURE SPIRITUELLE
    III- L'INTERPRÉTATION
    IV- L'ÉCOUTE DE LA MUSIQUE
    V- LA MUSIQUE DANS NOTRE SOCIÉTÉ
    VI- ALLEGRO CON SPIRITO
    VII- SOUVENIRS
    VIII- CHEFS-D'OEUVRE, GÉNIES
    IX-  SÉLECTION DE QUELQUES JOYAUX PARMI BIEN D'AUTRES

empty