Christine Ferlampin-Acher

  • Croisant les approches (littérature, histoire du livre, codicologie, iconographie), cet ouvrage étudie le texte d'Artus de Bretagne et ses mutations sur six siècles, du début du XIVe siècle au XIXe. Il suit l'évolution des goûts des publics, en même temps que les changements des pratiques littéraires et éditoriales.

  • Après une introduction mettant au clair l'état des diverses sources concernant Arthur et faisant rapidement le point sur les études arthuriennes, les deux chercheurs développent chronologiquement les grandes étapes de la vie d'Arthur, en précisant les traditions divergentes. Outre la biographie d'Arthur (de sa naissance par l'entremise de Merlin à sa mort ou plutôt son départ pour Avalon), ils s'intéressent également à ses rapports avec Merlin, avec Guenièvre, au Graal.
    En couverture : Le roi Arthur lutte contre un géant. Guillaume Vrelant, Chroniques de Hainaut,
    xve siècle.

  • Conforme à la majorité des travaux consacrés à l'hypertextualité, la dernière réévaluation en date de l'histoire du pastiche fait l'impasse sur la littérature du Moyen Âge. Dans l'ouvrage qu'il fait paraître en 2008, Paul Aron fait remonter les plus anciens exemples à la Renaissance et laisse en perspective l'Antiquité et le Moyen Âge, sous prétexte que leurs « pastiches et parodies [...] relèvent d'un contexte où l'activité littéraire est à ce point différente des codes actuels que toute analogie en devient trompeuse[1] ». Le numéro que nous proposons espère contourner cette impasse et réhabiliter le corpus médiéval en l'incluant dans la réflexion critique et théorique sur cette pratique qu'on définit, depuis l'ouvrage phare de Gérard Genette[2], comme l'imitation en régime ludique d'un style, d'une manière, là où on parlera plutôt, à propos de la parodie, de la « transformation ludique d'un texte singulier[3] » ou d'un genre[4]. Si les recherches menées dans le cadre de ce numéro ne parviennent pas à faire tomber toutes les réticences, elles ont néanmoins le mérite de préciser davantage les raisons de cette exclusion et de cibler, dans un corpus jusqu'ici ignoré, une pratique imitative qui n'est pas radicalement différente de celles que l'on retrouvera dans la littérature de l'Ancien Régime et du xixe siècle.

  • S'interroger sur les enfances arthuriennes revient à accepter que les héros, Arthur et toute la Table Ronde, nous intéressent au point de désirer savoir ce qu'ils étaient lorsqu'on les appelait Gauvainet ou Sagremoret. Les réponses présentes dans la littérature arthurienne prouvent que notre questionnement est partagé par toute une tradition de lecteurs, et que les auteurs, copistes, rédacteurs des diverses Suites, ont souhaité combler les attentes de leur public. Le monde arthurien, monde du roi adulte guidé par un Merlin sans âge, est un univers qui s'efforce d'accéder à la maturité : la disparition des dragons et des diables, la parade amoureuse, le jeu des tournois et même la quête du Graal ne disent pas autre chose. Abandonner l'enfance, s'inscrire dans un lignage, dans une mémoire, écrire ce qui est arrivé pour en faire histoire: tout cela est bien la tâche sans fin de qui s'éloigne de l'enfance.

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