Clermont Gauthier

  • Clermont Gauthier est une figure marquante des sciences de l'éducation dans toute la francophonie. Premier titulaire d'une chaire du Canada en éducation au Québec, il est l'un des fondateurs du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE). Ses recherches ont toujours eu pour point central la formation des enseignants et la pédagogie. Cet ouvrage d'entretiens fait état de son parcours professionnel, lequel s'étend sur plus de quarante ans. Il retrace également les principaux aspects de sa pensée : qu'est-ce que la pédagogie ? Comment repenser la formation des enseignants ? Qu'est-ce qu'un enseignement efficace ? Qu'en est-il de la professionnalisation de l'enseignement ? Au fil des entretiens, il aborde aussi d'autres questions importantes, telles la collaboration avec les pays en développement, les transformations qu'a connues le travail de professeur d'université et la recherche comme activité d'écriture. En répondant aux questions de Stéphane Martineau, Clermont Gauthier nous livre ici une synthèse captivante de son parcours et de sa pensée.

  • Les technologies de l'information et des communications (TIC) peuvent offrir des possibilités extrêmement intéressantes pour les écoles. Il est cependant illusoire de croire que les avancées technologiques vont devenir la nouvelle panacée du monde de l'éducation. La technologie ne garantit pas des gains en ce qui concerne les apprentissages. Un mauvais enseignement en mode présentiel n'entraînera pas la réussite des élèves ; de même un design pédagogique inadéquat avec les TIC ne donnera pas non plus de bons ­résultats.

    Le défi à relever peut être résumé de la façon suivante : il faut ­tenter de résister aux modes et prendre appui sur ce que la ­recherche offre de plus solide pour favoriser l'apprentissage des élèves. Il est important pour ce faire de décrire les principes ­formalisés par les chercheurs et de fournir des conseils pratiques pour ceux qui sont intéressés à intégrer le multimédia dans leur enseignement.

  • Cet ouvrage collectif analyse et compare les réformes de la formation des enseignants, entreprises depuis à peu près une décennie dans divers pays (l'Angleterre, le Brésil, le Canada et le Québec, les États-Unis, la France et la Suisse francophone), sous l'angle de la professionnalisation de l'enseignement et de ses enjeux. Il veut, en même temps, offrir une vision contrastée et critique de ce qui se passe dans chacun de ces pays. L'hypothèse de travail qui sous-tend cet ouvrage est que la professionnalisation de l'enseignement constitue, actuellement, une tendance globale qui traverse les frontières nationales de chacun des pays concernés. Toutefois cette tendance n'est pas uniforme, elle revêt des significations différentes selon les pays ; elle est aussi porteuse de tensions internes, de contradictions peut-être insolubles, tout en étant confrontée à plusieurs obstacles. C'est pourquoi il est nécessaire de l'étudier, non comme le déroulement linéaire et sans heurt d'un nouveau programme d'amélioration de la formation des enseignants qui ferait partout consensus, mais plutôt comme un processus de changement, comportant de multiples aspects économiques, idéologiques, professionnels, éducatifs, et qui se déploie dans plusieurs directions à la fois, avec son assortiment de dérapages, de glissements, de détours... [...] C'est dans cet esprit que les auteurs examinent les différents projets de réforme de la formation des maîtres. Ces diverses analyses permettent d'avoir une vue d'ensemble du processus de professionnalisation de l'enseignement, tout en prenant en compte son enracinement dans le contexte social de chacun des pays concernés. L'ouvrage vise ainsi à dépasser le dilemme du local et du global, en fournissant aux lecteurs des études concrètes permettant de dégager des éléments de comparaison internationale sur cette question qui domine aujourd'hui le champ de l'éducation.

  • On ne peut plus désormais affirmer que la recherche n'a pas de lien avec la pratique enseignante. Au contraire, il est possible de constater que la recherche en enseignement a produit ces dernières années des résultats fort intéressants qui peuvent nous informer comme enseignants, nous aider à analyser notre action quotidienne dans la classe.

    L'objectif de ce petit ouvrage est de faire connaître des résultats de recherches sur l'enseignement tout en les présentant de manière simple et claire. Il s'adresse tant aux futurs enseignants en formation initiales qu'aux novices ou même aux maîtres plus expérimentés du primaire, du secondaire et du collégial.

    Nous espérons que cette seconde édition qui inclut un chapitre inédit de Annie Presseau saura permettre à chacun d'y trouver un certain profit dans son enseignement.

  • Inlassablement décoder, recoder, trier, choisir, rejeter, traquer le sens derrière le changement des concepts et des modes pédagogiques, formuler et reformuler dans un langage accessible aux générations d'élèves et de stagiaires qui se succèdent et ne se ressemblent guère, qui ont leur langage, leur musique, leurs manières de se comporter, leur style de vie, leurs idoles, leurs forces, leurs difficultés. S'émouvoir et se mouvoir, lire sur les visages, relever les interrogations muettes, dissiper les distractions, avertir, motiver, attirer l'attention, s'animer, réfléchir, agir, blâmer, rire, se réjouir, jouer, s'abstenir. Raison, coeur, émotion, enthousiasme, inquiétude, détresse, tout, sauf l'indifférence délibérée. On ne le peut devant la fanfaronnade d'un élève, l'échec, le mal-être ou le chagrin d'amour d'un autre, devant le contentement du stagiaire après avoir donné une bonne leçon ou l'abattement qui assombrit son visage en songeant aux préparations et aux corrections à faire pour demain. Tout est dans l'acte d'enseigner, qu'il soit dicté par une vocation ou exercé pour des motifs simplement matériels.

    En deux mots comme en cent, les enseignants qui encadrent les stages de formation pratique de leurs futurs collègues sont des formateurs, au sens plein et fort du terme. Les récits de pratiques réunis dans ce recueil en témoignent.

  • Existe-t-il un lien entre les écoles efficaces, particulièrement celles situées dans les milieux défavorisés, et les stratégies d'enseignement qui y sont déployées?? Pour tenter de répondre à cette question, les auteurs ont établi un pont entre les recherches effectuées sur l'enseignement efficace et celles qui traitent des écoles efficaces. Les résultats font état d'une relation significative et constante entre l'efficacité des écoles et les pratiques d'enseignement utilisées. Ce constat semble d'ailleurs le même dans nombre de pays évoluant pourtant dans des systèmes scolaires différents. ?Par la suite, un parallèle a été établi entre les résultats de recherches sur l'efficacité des écoles et de l'enseignement et les différentes propositions pédagogiques qui émanent des réformes éducatives francophones, notamment celle du Québec. Constatant que plusieurs changements proposés par ces réformes s'éloignent radicalement des pratiques d'enseignement utilisées dans les écoles efficaces, on peut en déduire que les changements suggérés par les réformateurs actuels ne peuvent être interprétés comme le reflet de l'évolution des connaissances scientifiques. Au contraire, plusieurs de ces propositions, présentées comme des innovations pédagogiques, n'ont aucun fondement empirique solide ou, pis encore, sont carrément réfutées sur le plan scientifique. Les résultats de la présente étude peuvent éclairer les décideurs et les enseignants quant au choix des stratégies pédagogiques à privilégier afin d'assurer la réussite scolaire du plus grand nombre d'étudiants. ?

  • L'enseignant fait-il une différence pour favoriser l'apprentissage ? Ou considère-t-on que tout est déterminé en grande partie par le développement de l'enfant, le contexte social, les programmes ? Et s'il fait une différence, quelle est-elle ? Comment se manifeste-t-elle dans ses comportements, idées, attitudes en tant qu'enseignant ? La nature de cette différence serait précisément une base de connaissances pour enseigner.

    Clermont Gauthier dirige une équipe de recherche avec laquelle il a travaillé pour la rédaction de cet ouvrage. En réaction au plaidoyer du groupe Holmes (1986, 1990, 1995) pour la professionnalisation de l'enseignement et à son postulat sur l'existence d'une base de connaissances pour enseigner, les auteurs se sont interrogés sur la provenance, la nature et la solidité d'une telle base de connaissances.

    Cette voie de recherche, habituellement délaissée par les chercheurs francophones en éducation, porte sur l'enseignement et non sur l'apprentissage. Les auteurs ont pris le parti d'analyser des recherches empiriques menées dans les classes et non des essais normatifs sur ce que devrait être l'enseignement et en ont regroupé les résultats en deux catégories : la gestion de la classe et la gestion de la matière.

    Le problème de l'utilisation des résultats de la recherche leur apparaissant aussi important que celui de la détermination d'une base de connaissances, ils ont jugé nécessaire de situer leurs analyses dans un cadre plus vaste et de formuler les prolégomènes d'une théorie empirique de la pédagogie.

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