Daniel Zamora

  • La dernière décennie de Michel Foucault a coïncidé avec l'agonie des espoirs de transformation sociale qui avaient marqué l'après-guerre. Face à cette « fin de la révolution », le philosophe a tenté de réinventer la manière dont nous pensons la politique et la résistance, ce que sa génération n'avait, jugeait-il, pas réussi à faire.

    C'est dans cette perspective qu'il s'est intéressé au néolibéralisme en tant qu'outil permettant de repenser les fondements conceptuels de la gauche et d'imaginer une gouvernementalité plus tolérante aux expérimentations sociales, ouvrant un espace aux pratiques minoritaires et à une plus grande autonomie du sujet vis-à-vis de lui-même. Le moyen, en somme, de réaliser le projet énoncé à la fin de sa vie, celui de n'être « pas tellement gouverné ». Et c'est ainsi que, dans sa quête d'une « gouvernementalité de gauche », Foucault a anticipé et contribué, en quelque sorte, au façonnement de la situation politique contemporaine.

  • Contre l'allocation universelle

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    • Lux éditeur
    • 6 Octobre 2016

    Depuis la crise de 2008, l'idée d'une allocation universelle suscite un engouement renouvelé, tant en Europe qu'en Amérique. Le projet trouve des appuis à gauche comme à droite et, de l'avis de bien des spécialistes, il pourrait être le fondement des politiques sociales de l'avenir. Plus d'un penseur critique l'a prôné, Philippe Van Parijs, Toni Negri, José Bové ou André Gorz, mais que signifie vraiment cet étonnant consensus ?

    Selon les auteurs de cet essai, l'allocation universelle, sous couvert d'une bienveillante redistribution de la richesse, consacre l'abandon de l'enjeu politique central des cent cinquante dernières années: le conflit entre le capital et le travail. Chacun des textes composant ce livre oeuvre au rappel de l'importance décisive de cette question, pour justifier qu'il faille impérativement être contre l'allocation universelle.

  • Malgré les discours et les prises de conscience, l'état de la pauvreté ne semble pas avoir diminué en Belgique.
    Depuis le début des années 1970, la réduction de la pauvreté est un axe majeur des politiques sociales dans les pays industrialisés. En Belgique, la mobilisation d'acteurs sociaux et politiques a débouché sur la création du minimex en 1974 et la publication du Rapport général sur la pauvreté en 1994. Pourtant, en dépit de l'omniprésence de la question dans les discours et l'action publics, la pauvreté n'aurait pas diminué à en croire les chiffres.
    Dans un ouvrage complet et documenté, l'auteur dresse un bilan de l'assistance en Belgique et de l'évolution du concept de pauvreté.
    EXTRAIT de l'Introduction
    La question de la lutte contre la pauvreté est désormais une préoccupation majeure des politiques publiques, de nombreuses organisations humanitaires ou d'ASBL tant dans les pays en voie de développement que dans les pays industrialisés. Réduire la pauvreté est un des objectifs incontournables des politiques sociales et de développement dans le monde. Il n'est plus un seul pays ou dirigeant qui ne sera jugé, d'une manière ou d'une autre, sur ses résultats en la matière. En ce sens, depuis plus d'une trentaine d'années, la figure du pauvre domine le débat public. Au centre des objectifs européens pour 2020 (2012 était « l'année européenne de lutte contre la pauvreté »), des politiques publiques des différents Etats nationaux, des programmes politiques de l'immense majorité des partis (de droite comme de gauche), au coeur d'innombrables recherches, publications, rapports et analyses, la pauvreté est quasi devenue un « champ » au sens où Pierre Bourdieu pouvait l'entendre. Elle a ses enjeux, ses indicateurs, ses experts, ses budgets et ses institutions ainsi que ses problématiques. Entendue aujourd'hui comme une politique à vocation transversale, elle a, en Belgique, un ministère censé agir sur l'ensemble des dimensions que peut recouvrir une politique sociale (logement, enseignement, enfance, énergie, etc.).

  • Michel Foucault's death in 1984 coincided with the fading away of the hopes for social transformation that characterized the postwar period. In the decades following his death, neoliberalism has triumphed and attacks on social rights have become increasingly bold. If Foucault was not a direct witness of these years, his work on neoliberalism is nonetheless prescient: the question of liberalism occupies an important place in his last works. Since his death, Foucault's conceptual apparatus has acquired a central, even dominant position for a substantial segment of the world's intellectual left. However, as the contributions to this volume demonstrate, Foucault's attitude towards neoliberalism was at least equivocal. Far from leading an intellectual struggle against free market orthodoxy, Foucault seems in many ways to endorse it. How is one to understand his radical critique of the welfare state, understood as an instrument of biopower? Or his support for the pandering anti-Marxism of the so-called 'new philosophers'? Is it possible that Foucault was seduced by neoliberalism? This question is not merely of biographical interest: it forces us to confront more generally the mutations of the left since May 1968, the disillusionment of the years that followed and the profound transformations in the French intellectual field over the past thirty years. To understand the 1980s and the neoliberal triumph is to explore the most ambiguous corners of the intellectual left through one of its most important figures.

  • This new edited collection brings together historians and social scientists to engage with the global history of Universal Basic Income (UBI) and offer historically-rich perspectives on contemporary debates about the future of work. In particular, the book goes beyond a genealogy of a seemingly utopian idea to explore how the meaning and reception of basic income proposals has changed over time. The study of UBI provides a prism through which we can understand how different intellectual traditions, political agents, and policy problems have opened up space for new thinking about work and welfare at critical moments.Contributions range broadly across time and space, from Milton Friedman and the debate over guaranteed income in the post-war United States to the emergence of the European basic income movement in the 1980s and the politics of cash transfers in contemporary South Africa. Taken together, these chapters address comparative questions: why do proposals for a guaranteed minimum income emerge at some times and recede into the background in others? What kinds of problems is basic income designed to solve, and how have policy proposals been shaped by changing attitudes to gender roles and the boundaries of social citizenship? What role have transnational networks played in carrying UBI proposals between the global north and the global south, and how does the politics of basic income vary between these contexts?In short, the book builds on a growing body of scholarship on UBI and lays the groundwork for a much richer understanding of the history of this radical proposal.Chapter 3 is available open access under a Creative Commons Attribution 4.0 International License via link.springer.com.

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