Denis Simard

  • L'effritement du modèle rationaliste et humaniste de culture, des valeurs de progrès, d'éducation, de raison et d'humanité, constitue depuis une cinquantaine d'années le noyau de l'expérience culturelle occidentale. Des travaux récents en sciences humaines, de même que ceux portant sur la postmodernité en philosophie, soulignent clairement que la perte de repères, de sens et d'évidence est constitutive du vécu des êtres humains dans les sociétés avancées. Comment alors penser l'éducation, la culture et la pédagogie en l'absence de tout fondement absolu et de toute certitude ? Comment éduquer et cultiver quand vient à manquer un modèle de culture universel rationnellement fondé ? Comment articuler l'école et la pédagogie à la culture ? Au coeur de cet ouvrage, un double dialogue : celui avec la pédagogie, pour interroger ses fondements, le sens qu'elle peut revêtir face aux défis de l'éducation contemporaine, celui aussi, peut-être surtout, avec la tradition éducative occidentale dans la perspective d'une relève herméneutique des écueils de la modernité. Un double dialogue où l'herméneutique, comme théorie générale de l'expérience humaine du sens, constitue le terreau d'une réflexion philosophique sur la pratique pédagogique et sur la restauration possible des liens et des continuités entre la culture et la vie, entre les savoirs, entre les hommes, entre le passé et le présent. L'herméneutique pour refonder la pédagogie et l'éducation scolaire ? C'est l'hypothèse que le lecteur trouvera examinée dans cet ouvrage.

  • A l'âge de la mondialisation du commerce des marchandises, du savoir et des biens symboliques, des sciences et des techniques, des banques de données et des technologies de l'information, à l'âge aussi de la pluralisation sous toutes ses formes de la vie humaine, l'humanisme a-t-il encore un avenir scolaire ?
    Alors que dominent les critères de performance, de vitesse, d'efficacité, de réussite, de rentabilité des industries culturelles et de standardisation des univers symboliques de référence, comment est-il encore possible de penser l'école comme lieu de formation humaniste ? Quelles seraient ses lignes de force, ses configurations possibles dans l'état actuel de nos savoirs sur l'être humain ? Et quelle place pour les figures classiques et modernes de l'humanisme ? Peuvent-elles encore inspirer, au-delà de la simple déploration, la réflexion éducative contemporaine ? Ont-elles encore quelque pertinence ? Ces questions sur l'humanisme, sur l'éducation et l'école convoquent ici des points de vue aussi bien anthropologique et philosophique, que littéraire, historique, sociologique et pédagogique.
    La plupart des textes de cet ouvrage sont issus d'un symposium tenu les 30 avril et 1er mai 2015 à Montréal lors du 2e Colloque international du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE).

  • Le rehaussement culturel des programmes d'études constitue l'un des axes prioritaires de la réforme de l'éducation entreprise par le gouvernement du Québec dans les années 1990. A cet effet, dans son énoncé de politique éducative, le gouvernement prescrit qu'une place plus grande soit accordée aux matières « plus naturellement porteuses de culture », dont le français, langue première, et qu'une approche culturelle préside à l'enseignement de toutes les matières. Or, les documents officiels accompagnant cette prescription accordent des significations plurielles à la culture et à l'approche qui en découle. En outre, les auteurs ayant pensé la culture et la langue en lien avec l'éducation proposent des conceptions non seulement nombreuses, mais également conflictuelles de la culture et de la langue. Par conséquent, que peut signifier l'approche culturelle dans l'enseignement du français, langue première, au secondaire? Répondre à cette question s'avère essentiel afin d'éclairer la pratique d'enseignants soucieux d'intégrer la culture dans leur classe. Pour ce faire, nous avons circonscrit différents discours tenus sur la langue, la culture et l'éducation et les avons examinés sous l'angle de leurs fondements, de leurs finalités et des rôles qu'ils accordent à l'élève, à l'enseignant et au savoir dans le cadre d'une approche culturelle de l'enseignement. De la sorte, il nous est possible de proposer des pistes pour donner sens à cette dernière dans l'enseignement du français, langue première, au secondaire et pour penser la relation fondamentale entre la langue et la culture sur le terrain de l'école.

  • Rédigé en termes clairs et concis, cet ouvrage présente les avantages et les limites des groupes de discussion. Les auteurs situent la formule parmi les différentes pratiques pédagogiques et décrivent sa situation typologique et ses caractéristiques.

    Ils précisent les conditions d'utilisation, les rôles et les fonctions de l'enseignant et de l'apprenant, les différents types de groupes et les divers styles d'animation. Quatre témoignages d'enseignants qui utilisent le groupe de discussion dans leur enseignement viennent étayer leurs propos.

  • « L'utopie est à l'horizon. Je fais deux pas en avant, elle s'éloigne de deux pas. Je fais dix pas de plus, elle s'éloigne de dix pas. Aussi loin que je puisse marcher, je ne l'atteindrai jamais. Alors à quoi sert l'utopie ? A faire avancer. »
    Eduardo Galeano

    C'est sans doute pour cette raison qu'Antoine Baby s'amuse à distiller un certain nombre d'utopies en éducation, dans l'espoir de faire avancer le monde scolaire dans le sens de l'émancipation des plus démunis.

    De toutes ces utopies, celle qui consiste à faire partager par tous les citoyens et toutes les citoyennes de toutes conditions sociales, le goût d'apprendre tout au long de la vie, n'est pas la moindre.

  • L'enseignant fait-il une différence pour favoriser l'apprentissage ? Ou considère-t-on que tout est déterminé en grande partie par le développement de l'enfant, le contexte social, les programmes ? Et s'il fait une différence, quelle est-elle ? Comment se manifeste-t-elle dans ses comportements, idées, attitudes en tant qu'enseignant ? La nature de cette différence serait précisément une base de connaissances pour enseigner.

    Clermont Gauthier dirige une équipe de recherche avec laquelle il a travaillé pour la rédaction de cet ouvrage. En réaction au plaidoyer du groupe Holmes (1986, 1990, 1995) pour la professionnalisation de l'enseignement et à son postulat sur l'existence d'une base de connaissances pour enseigner, les auteurs se sont interrogés sur la provenance, la nature et la solidité d'une telle base de connaissances.

    Cette voie de recherche, habituellement délaissée par les chercheurs francophones en éducation, porte sur l'enseignement et non sur l'apprentissage. Les auteurs ont pris le parti d'analyser des recherches empiriques menées dans les classes et non des essais normatifs sur ce que devrait être l'enseignement et en ont regroupé les résultats en deux catégories : la gestion de la classe et la gestion de la matière.

    Le problème de l'utilisation des résultats de la recherche leur apparaissant aussi important que celui de la détermination d'une base de connaissances, ils ont jugé nécessaire de situer leurs analyses dans un cadre plus vaste et de formuler les prolégomènes d'une théorie empirique de la pédagogie.

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