Denis Jeambar

  • Paris, 23 juin 1981 : quatre ministres communistes entrent au gouvernement. C'est une grande première dans le monde occidental. Un phénomène unique qui, trois ans après, suscite encore polémiques et débats passionnés. La question que l'on entend le plus fréquemment, c'est celle de savoir si le P.C. ne profite pas de sa présence au plus haut niveau pour placer ses hommes au sein de l'État. Interrogation judicieuse et sans aucun doute justifiée. Mais cette vieille peur masque le véritable sens de la présence des ministres communistes : adopter des mesures parfaitement légales qui profitent au P.C. et à la C.G.T. C'est pour repérer ces mesures, les analyser, anticiper leur portée que Denis Jeambar s'est livré à cette minutieuse enquête sur les agissements d'un parti « au-dessus de tout soupçon ». Ce cri d'alarme réveillera-t-il les adeptes du fait accompli, ceux que l'on a habitués, presque malgré eux, à ce quadrillage insidieux des secteurs nationalisés, au point de leur faire perdre tout réflexe de vigilance ? Dans des domaines aussi divers que les médias la S.N.C.F., la R.A.T.P, les P.T.T., la Fonction publique et bien d'autres, les ministres communistes n'ont pas perdu leur temps. Il était temps de le dire.

  • « J'aurais dû y voir un présage, confesse le narrateur, le jour de la dictature, la girafe s'est assise. » Des événements inouïs, vaguement menaçants surgissent parfois, qui bouleversent un ordre du monde que l'on croyait immuable. Qui aurait pu imaginer que le « président », dont la stature énigmatique habite ces pages, sacrifierait - finalement - au cynisme, à la force, à l'arbitraire ? Jusqu'à faire sienne cette formule de Machiavel : « Il est nécessaire au prince de savoir bien pratiquer et la bête et l'homme. » Inlassablement scruté, abondamment portraituré, le « président » portait en lui l'une de ces effrayantes énigmes dont seule la littérature, parfois, s'approche...

  • Un voyage au Mexique qui s'annonce sans grande surprises : Mathieu, un jeune médecin, rencontre une femme prénommée Marie, dans l'avion Paris-Mexico. Une nuit ensemble et, brusquement, au petit matin, la vie se dérègle. Mathieu porte sur les mains les stigmates du Christ... Mathieu est-il le fils de Dieu revenu sur terre ? Il ne veut y croire mais les événements les plus fous se précipitent. Mathieu ressuscite les morts, entre en lévitation, fait parler les animaux, provoque des grossesses accélérées. Une sarabande dans laquelle se bousculent Pancho Villa, Emiliano Zapata, Benito Juarez, Fidel Castro et Che Guevara. Ce roman, où se disputent la démesure et la drôlerie, est une observation décapante du comportement des hommes devant l'irrationnel. Mais, aussi, une manière paradoxale de poser cette éternelle question : Dieu existe-t-il ?

  • Jules, Simon ou la Science ? Qui se cache derrière ce clochard aux trois noms, qui vit avec un poisson rouge baptisé Nestor, couche à la belle étoile, boit du gros rouge, parle de Kerouac, aime l'Amérique et construit sa déchéance ? Hanté par deux visages et une route d'Arizona, il plonge chaque jour un peu plus profond dans le monde étrange des clochards. Il culbute dans le désespoir, en poussant des éclats de rire. Ni ses compagnons de débine dans le métro, ni ses amis de vagabondage, ne connaissent son secret. En cherchant à se protéger des autres, il croit mener le jeu. Peine perdue. Des filets se referment petit à petit sur lui. Ceux qu'a tendus Jeanne la sociologue, avec la complicité de deux étudiants Mélodie et Guillaume, pour le ramener à la surface, mais aussi pour l'étudier, tel un sujet d'ethnologie. Cependant, Jeanne va tomber, elle aussi, dans le piège qu'elle a placé. La thèse de sociologie se transforme en histoire d'amour. Pourtant, il y a toujours ces deux fantômes qui rôdent dans la tête de Jules, Simon ou la Science.

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