Didier Daeninckx

  • "Pour assurer son pouvoir, le Commandeur a appliqué la règle d'or de tous les politiciens aguerris : s'entourer de médiocres."
    Cela fait sept ans qu'Erik Ketezer a quitté Courvilliers, banlieue parisienne où il a grandi. Mais quand le frère de son ex-compagne est retrouvé assassiné, Erik retourne dans sa cité tombée en déliquescence. L'économie est dominée par le trafic de drogue. Une impunité inexplicable règne, les ascenseurs ne fonctionnent pas plus que le ramassage des poubelles, les rats pullulent. À la tête de ce territoire oublié de la République : un maire, élu grâce au travail efficace des dealers et des islamistes...

  • Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s'oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d'histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l'ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s'était fait truffer de plomb, à Toulouse.

    Grand Prix de Littérature policière

  • Missak

    Didier Daeninckx

    Édition enrichie d'une préface inédite de l'auteur.

    21 février 1944. Le poète Missak Manouchian, communiste arménien à la tête d'un réseau de résistants, est dénoncé et arrêté par les Allemands. À quelques heures de son exécution, il écrit une lettre bouleversante à sa femme Mélinée.

    Janvier 1955. Louis Dragère, journaliste à L'Humanité, est missionné par le parti communiste pour retracer le parcours de ce héros de la Résistance à Paris. Mais quand il exhume l'ultime lettre de Missak, il constate que des passages ont été censurés. Dragère comble les blancs au fil d'une enquête passionnante où se croisent Louis Aragon, Charles Aznavour dont les parents hébergèrent Mélinée, l'ancien chef des Francs-tireurs et partisans Charles Tillon, ou encore le peintre Krikor Bedikian.

  • 8 mars 1963. Le jeune Lucien Ricouart, isolé dans une pension pour apprentis, s'acharnant à domestiquer sa solitude, est retrouvé mort noyé dans un bassin après que ses camarades l'aient traité de "fils d'assassin".
    Un professeur efface dans la boue, sous la pluie, son dernier message et son cri de révolte qui affirme au contraire et jusque dans la mort : "Mon père n'est pas un assassin".
    Vingt-cinq ans plus tard, un jeune historien enquête sur la vie de ce père. Sur cet homme au passé d'ouvrier dans le nord de la France. Sur son parcours de résistant. Sur ce qu'il est advenu après guerre qui autorise des gamins à pousser l'un des leurs au désespoir.

  • Par désir de paraître, déni du passé, pour cause d'inertie, de lâcheté, quelquefois par désespoir ou générosité, des gens ordinaires empruntent ces Passages d'enfer générés par l'ordre social.

  • 'Je suis la somme de tous ceux dont j'ai, à distance, l'impression d'avoir endossé le costume. Je me reconnais en tous. Novice sur le pont noir de La Belle Poule, zouave d'opérette devant Sébastopol, soldat bafoué en Algérie, comédien et pourquoi pas saltimbanque, fossoyeur de l'empire, colonel des Turcos de la Commune, compagnon de Louise Michel et metteur en scène de ses oeuvres, laissé pour mort sur la barricade du Château-d'Eau, estropié sans pension, condamné à mort, déporté en Calédonie, inventeur du théâtre déshabillé, directeur des Bouffes-du-Nord, gargotier, fondateur de journaux, orateur, dresseur de lions édentés, prétendant à la députation, buraliste en désespoir de cause, mari fidèle et père aimant.' Ainsi Didier Daeninckx fait-il parler Maxime Lisbonne (1839-1905). On comprend que l'auteur de Meurtres pour mémoire et de Galadio ait été fasciné par ce personnage de réfractaire haut en couleur, héros des barricades de la Commune, homme de théâtre, dur à cuire pétri d'idéaux révolutionnaires, précurseur des Restos du Coeur avec son 'banquet des Affamés' et défenseur de la cause canaque alors que la plupart de ses amis bagnards se rangaient du côté de la brutalité coloniale. Maxime Lisbonne fit de sa vie une succession de fureurs héroïques et de ratages splendides : un vrai roman d'aventures.

  • En l'espace de deux ans j'avais tenté d'oublier le quotidien de la guerre. Je voulais croire que je m'en étais sorti indemne.
    J'en connaissais assez qui ne vivaient que dans le souvenir de la boucherie, partant comme en quatorze pour un nouveau round...

  • Galadio

    Didier Daeninckx

    Allemagne, années trente. Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. À un détail près : sa peau est noire... Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises d'occupation chargées de veiller à l'application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de cet enfant, fruit d'un bref amour avec une jeune Allemande. Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce qu'Hitler et les nationalistes ne cesseront de dénoncer, dans l'entre-deux-guerres, comme la "honte noire", symbole de l'avilissement délibéré du sang aryen par les occupants. Leur sort ne sera en général guère plus enviable que celui des Juifs. Ulrich, pour sa part, va connaître un destin inattendu et mouvementé, et découvrir une autre facette de son identité: Galadio. Comme toujours, Didier Daeninckx s'appuie sur une documentation très fouillée pour éclairer un aspect méconnu de l'histoire du vingtième siècle. Il révèle ici le sort terrible des Allemands métis dans un pays emporté par le délire nazi. De Duisbourg aux studios de cinéma de Babelsberg, jusqu'aux rivages du Sénégal où se déroulent les premiers combats entre pétainistes et gaullistes, Ulrich apprend à connaître les hommes.

  • Clément Duprest, brillant étudiant en droit, intègre la police nationale en 1942. Contrairement à certains de ses collègues, Duprest ne "fait pas de politique" : il va se contenter de mettre au service de ses patrons son intelligence et son sens de l'observation. Au sein de la "brigade des propos alarmistes", il est chargé de repérer et de neutraliser les individus hostiles à Vichy... Ainsi commence la longue carrière d'un fonctionnaire que certains diraient irréprochable. Duprest sera mêlé, au cours de sa vie, à nombre d'événements qui ont marqué la chronique. Didier Daeninckx, à travers les faits et gestes quotidiens d'un salaud tout à fait ordinaire, nous invite à revisiter quarante ans d'histoire française, depuis la rafle du Vél' d'Hiv jusqu'à la candidature de Coluche à l'élection présidentielle de 1981 : Occupation, Libération, décolonisation, affaires politico-mafieuses, mouvements étudiants, grèves ouvrières, répression policière... Comme dans Meurtres pour mémoire, le savoir-faire du romancier s'appuie à la fois sur une analyse très fine des comportements humains et sur une multitude de détails véridiques, qui rendent captivante cette traversée du dernier demi-siècle.

  • "Le fait divers est le premier monument érigé à la mémoire des victimes, même si ce n'est qu'un pauvre monument de papier noirci.
    Et si les textes qui suivent méritent le terme d'"éloge", il faut, pour être honnête, y ajouter celui de "funèbre"."

  • Un tremblement de terre, un cyclone, un naufrage : les îles Philippines ne sont épargnées par aucune catastrophe. Chez les plus pauvres, la misère n'en pèse que plus lourdement. Des Enfants deviennent des "esclaves" volontaires pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs parents. Une fiction ? Non, une réalité. Une oeuvre triste ? Non, une leçon de vie, de courage et même de beauté. Crisanto, le narrateur, fait et fera face. Un récit contre l'injustice et le découragelent. À lire d'urgence.

  • "Courvilliers. 93 Seine-Saint-Denis. 43 000 habitants. Altitude 32 m. Usines automobiles. Agriculture. Église XIIIe siècle, sculpture polychrome." Si on m'avait confié la rédaction de la notule, je n'aurais pas manqué de rajouter : "cow-boys municipaux, milice privée, flics bègues et poètes, HLM pourries, meurtres à discrétion..."

  • L'histoire se déroule en Corse, durant la Seconde Guerre mondiale. Elle est tirée d'une histoire vraie, selon laquelle le peuple corse est le seul peuple d'Europe à avoir protégé et caché les Juifs, qui se trouvaient sur son territoire, de l'occupant nazi.

  • Alors que Maxime Lisbonne boucle son enquête sur les 'disparues de Châteauroux', deux journalistes avec lesquels il faisait équipe, dix ans auparavant, sont assassinés.
    Persuadé qu'il est le prochain sur la liste, il exhume les archives du journal J'enquête qui l'obligent à se pencher dangereusement au-dessus de la fosse commune où gisent les 'disparues de Châteauroux'.
    Dans son périple, il ne cesse de se cogner au fantôme de son homonyme, le colonel Maxime Lisbonne, un Communard unijambiste ami de Louise Michel, déporté en Nouvelle Calédonie, et qui inventa le strip-tease en 1884, rue des Martyrs.

  • Le lendemain des élections municipales de mars 1977, Alain Dienta dit l'Indien, militant écologiste, est retrouvé assassiné sur le chantier de la centrale nucléaire de Marcheim, en Alsace.
    L'inspecteur Cadin, dont le désespoir raisonné et le goût du fait

  • "L'homme à la valise se tenait immobile au bord de la fosse. Le bout de ses chaussures noires entamait la ligne blanche tracée tout le long du quai. Il haussa les épaules quand le grondement se fit plus précis. [...] Jacques se releva et vint se placer juste derrière l'homme. Il frissonna de froid. La sueur mouillait son dos. La motrice doubla le panonceau de limite des premières classes. Ses mains jaillirent de ses poches et se collèrent sur les omoplates de l'homme.
    Qui bascula dans un cri terrible. [...] Il n'avait jamais rien vu de plus gros qu'une motrice de métro."

  • "Il s'agenouilla et, doucement, tourna le visage de la femme vers le sien. Elle avait les yeux grands ouverts, la bouche béante; la mort l'avait surprise au plus fort de la terreur." Un crime étrange, en pleine campagne municipale, perturbe la préparation du carnaval d'Hazebrouck. Le coupable présumé, retrouvé sur les lieux du crime, sombre dans la folie. L'inspecteur Cadin, héros décalé de Meurtres pour mémoire, se lance presque malgré lui à la recherche de ce qui a poussé à ce meurtre. Une histoire vieille de quinze ans surgit progressivement des notes qu'il amasse. Rien n'est aussi simple qu'il y paraît. Cadin a déjà payé pour le savoir et les vérités inachevées ne sont pas pour lui.

  • Une patrouille de police tire sur une voiture, à Roissy-Charles-de-Gaulle, tuant le conducteur. La bavure est manifeste, mais le climat créé par la vague d'attentats terroristes qui secouent alors Paris pousse les différentes hiérarchies à travestir la réalité.
    La raison d'État se substitue à la recherche de la vérité. Le passager de la voiture, Yves Guyot, tentera de lutter contre l'évidence imposée. Pour cela, il devra aller jusqu'à Bamako, à la recherche du seul témoin du crime, l'un des cent un Maliens parqués au dernier étage d'un hôtel de l'aéroport, juste avant leur expulsion par charter.

  • La vengeance de Reama

    Didier Daeninckx

    • Larousse
    • 10 Février 2016

    1917, Nouvelle-Calédonie. Première Guerre mondiale.
    L'armée française inspecte les villages de l'île avec, pour mission, d'enrôler les kanak (les hommes et jeunes hommes valides) afin de les envoyer faire la guerre dans les tranchées en métropole. Cela ne va pas sans révolte : au cours de l'une d'elles, le jeune Reama voit sa mère tuée par un officier français.
    Reama, dans un premier temps et pour échapper à ceux qu'il considère comme des agresseurs, fuit se cacher dans les montagnes. Avant de se rendre finalement aux autorités, avec l'idée qu'en faisant la guerre il apprendra à se battre, à manier une arme, et qu'il pourra ainsi venger la mort de sa mère en retrouvant l'officier qui l'a assassinée...
    Reama prend le bateau pour l'Europe et se bat sur le front, où il découvre l'horreur des tranchées et rumine sa vengeance à venir...

  • Dans une petite ville sidérurgique de l'Est où les hauts-fourneaux se sont éteints, la misère prend à la gorge au coin de chaque rue. Patrick Farrel, un jeune écrivain désargenté, accepte d'écrire l'autobiographie d'une idole de la chanson, originaire de cette ville. Mais 'le nègre' se prend au jeu et mène une véritable enquête sur la chanteuse. Il en apprend alors de belles sur les coulisses du show-biz et les magouilles de son éditeur. Et tout se complique...

  • Le facteur fatal est en quelque sorte la biographie d'un personnage imaginaire. De Strasbourg en 1977 à Aubervilliers en 1989, au moment de l'effondrement du mur de Berlin, on suit pas à pas, de ville en ville, la brève carrière de l'inspecteur Cadin. Solitaire passionné de faits divers insolites, il porte son regard à la marge des enquêtes et voit ce que tout le monde s'acharne à ignorer : une société malade d'un passé refoulé.

  • 1945 : Nouvelle-Calédonie. Les Américains, après trois années de guerre victorieuse contre le Japon, démontent leurs bases militaires et laissent à la population, Canaques comme Caldoches, des tensions qui s'exacerbent. C'est le moment que choisit René Trager, écrivain célèbre lassé des hypocrisies parisiennes, pour débarquer sur l'île. Viviane, une jeune femme, fille de propriétaires terriens, tombe instantanément amoureuse de cet homme distingué dont on ignore finalement tout. Elle en perd la tête. Elle ne sera pas la seule...
    Une histoire comme celle-là, basée sur des faits réels et racontée par Daeninckx, prend la force des récits mêlant réalité et fiction, vérités historiques et parcours individuels. Elle se savoure encore plus, à la lumière des postfaces, lorsque l'on sait l'histoire réelle étonnante qui présida à la naissance de ce livre...

  • Une parade sillonne la ville ; sa musique, ses couleurs, déchirent le quotidien. 'Ça éructe, ça pète, ça chie, ça gueule, ça feule, ça hurle, ça barrit, ça blatère, ça cacarde, ça turlute, ça caquette, ça chicote, ça coucoule et ça s'ébroue ! Derrière, dans l'orangé tournoyant des gyrophares, une escouade d'Africains en uniforme vert, bandes fluorescentes sur les coutures, joue du jet et du balai pour effacer le passage de la jungle apprivoisée.' Un pas de côté, et l'homme en gris entre dans l'histoire... L'or romanesque est partout, il suffit de repérer la veine : sur un île contrebandière bien sûr, mais aussi dans un tube d'aspirine, sur le chantier d'un métro, dans une station orbitale réformée, au coeur des banlieues délaissées. La méthode est simple : jeter des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité, comme on franchit un torrent en s'appuyant sur les rochers épars...

  • François Novacek, ancien journaliste d'investigation devenu détective privé, se rend à Prague sur les traces d'un écrivain français disparu lors d'un voyage de repérage.
    Dans cette ville où tout semble à la fois curieux et habituel, Novacek va se trouver confronté à une réalité déroutante.
    Son enquête sur le passé récent du pays et sur les méthodes de l'ex-Union des écrivains va croiser sa propre histoire, celle d'un père ancien résistant sous l'occupation nazie devenu footballeur de haut niveau, et qui parvint à fuir en 1952 lors de la grande vague des procès staliniens.

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