Elisabeth Nardout-Lafarge

  • Cas à peu près unique dans la littérature québécoise, André Major, qui a contribué à la définir et à la promouvoir, entend n'y participer qu'à partir d'un écart, d'une certaine "retraite" maintes fois figurée et thématisée dans ses écrits, et bien avant la rédaction des carnets, comme le montre le dossier de ce numéro. L'originalité et le paradoxe de cette position - et des textes qui l'aménagent et la défendent -semblent en justifier l'examen, à la fois dans les publications les plus récentes et dans l'ensemble de l'oeuvre, qui gagne à être ainsi rétrospectivement réévaluée. De plus, ce numéro comprend une bibliographie de l'auteur, un entretien et un inédit. Vous pourrez aussi y lire un article de David Bélanger sur l'autofiction ainsi que les chroniques de Pascal Riendeau, d'André Brochu et de Lucie Robert.

  • Les anniversaires offrent d'utiles temps d'arrêt pour se situer par rapport au passé et s'interroger sur ce que pourrait être le futur. La parution du cinquantième volume d'une revue universitaire, phénomène encore assez rare dans l'histoire de l'édition savante au Québec, a semblé un heureux prétexte pour consacrer la totalité de ce volume au rôle que la revue Études françaises a joué dans la vie littéraire québécoise et pour envisager l'avenir en insistant sur la place de notre revue dans la Cité au moment où des changements importants s'opèrent dans les modes de diffusion de la connaissance.

    Le numéro double, qui ouvre ce volume jubilaire, est ainsi entièrement consacré au prix de la revue Études françaises et à ses lauréats qui ont répondu de manière assez exceptionnelle à la mission que se donnait explicitement la revue d'être « un lieu où la littérature se fait ».

  • Études françaises a cinquante ans. La revue a traversé cette période en conservant son titre et, je crois, sa volonté d'être « au centre de gravité » des cultures de langue française tout en s'affirmant comme « un lieu où la littérature se fait ». Cela ne va pas de soi quand on pense que le département auquel elle est associée depuis sa création a, lui, cru nécessaire de changer de nom. Ce Département d'études françaises, fondé en 1962 à l'Université de Montréal, est devenu en 2003 le Département des littératures de langue française. Cette mutation reflète bien les questions que soulève l'adjectif « français », renvoyant aussi bien à une langue qu'à une nation, l'une étant constitutive de l'identité du Québec, l'autre lui étant au moins partiellement étrangère, au mieux associée au Canada dans un composé dont l'histoire épouse les transformations qui se sont opérées dans nos rapports à la langue et à la France.

  • Lire Ducharme sans Ducharme, c'est à cela que le mystérieux écrivain convia son lectorat. Depuis sa mort en 2017, c'est un état de fait d'autant plus vrai. « Lire Ducharme sans Ducharme » pour la revue L'Inconvénient, c'est l'occasion de consacrer un numéro estival à revisiter l'héritage et l'oeuvre de cet auteur à l'écriture « baroque et bigarrée, truffée de références savantes et populaires, de calembours, de virtuosités langagières aussitôt annulées par des maladresses délibérées. » En peinture, découvrez l'oeuvre de Trevor Kiernander. Lisez aussi un extrait du prochain roman de Ying Chen « où Irène Curie croise des Japonais décédés sous le rayonnement des bombes. » Ensuite, Georges Privet discute des échanges créatifs entre cinéma et nouvelles expériences immersives. Sylvain David, lui, offre un tour d'horizon de polars internationaux au petit écran, puis Stanley Péan livre la première partie d'un essai sur le jazz et la condition des Noirs aux États-Unis.

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