Emile Dodillon

  • Le moulin Blant

    Emile Dodillon

    • Marivole éditions
    • 4 Février 2015

    Ils étaient sur le trottoir de la place à l'encognure du Minage, la petite rue qui mène à la Halle, où l'on danse à toutes ces Saint-Martin. Bras dessus bras dessous, ils rentrèrent au grand bal, au bal commun à moitié vide, ouvriers et charretiers des fermes et villages voisins, la plupart en blouse et en casquette servantes, toute leur humble toilette étalée, aux chapeaux fleuris de gros rouge comme leur teint ; clercs et jeunes gens de la ville et quelques jeunes officiers en bourgeois, avec les couturières, les petites des magasins, beaucoup jolies, éveillées, heureuses de cette joie pimpante et facile des grisettes que la province conserve encore. Une dizaine de quadrilles isolés, quand tout à l'heure on ne pouvait point se remuer. Sur les bancs, des groupes également rares, rangés par villages, les garçons un bras à la taille de leur voisine, le menton sur leur épaule, les attirant, leur chauffant le cou de leurs propositions de départ, les braves filles au sang épais peu à peu s'apprêtant, luisant des yeux, des joues, des lèvres, acceptant de les suivre sans dire oui. Et les couples à la file quittant la salle, enlacés d'avance, tranquilles à leurs baisers comme si ç'avait été déjà autour d'eux la grande plaine déserte et la nuit. » Le Moulin Blant est de la veine de ces beaux romans sociaux qui nous décrivent la vie et les moeurs d'un terroir il y a cent ans. Les personnages et l'intrigue ne gâchent rien. Le Moulin Blant est de ces romans que l'on aime relire et qu'on apprécie encore mieux la seconde fois.

  • Les Écolières

    Emile Dodillon

    • Collection xix
    • 4 Octobre 2016

    Hic, je voudrais en rimes lestes
    Conter à mes futurs neveux,
    Le poëme des faits et gestes
    D'une boucle de blonds cheveux.Vous savez quels drôles caprices
    Ont les amants : vous le savez,
    Puisque c'est pour cela, lectrices,
    Que plus ou moins vous en avez.Or, un matin, l'enfant perdue
    Indispensable à mes vingt ans,
    Comme-je l'adore : étendue
    Sur ses édredons miroitants,Dans un de ces posers splendides
    Communs à ces divinités,
    Sans embarras des pudeurs vides
    Et des rances virginités,Sommeillait, confiante et nue.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Hémo

    Emile Dodillon

    • Collection xix
    • 25 Mars 2016

    Jan était le dernier né de Philip Maas, et Philip Maas le concierge du principal temple de Rotterdam. Dédié autrefois à saint Laurent, l'énorme édifice a conservé son nom catholique. C'est toujours la Grande Église, avec l'intérieur d'amphithéâtre à professer des choses graves ordinaire aux temples protestants, murs froidement nus sous leur lait de chaux, bancs étagés en gradins. Les guides, vivants ou imprimés, tenant à montrer des « curiosités », décrivent dans la Groote-Kerk une demi-douzaine de mausolées, en marbre, et la grille, en cuivre, séparant la nef du choeur.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

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