Eric Fottorino

  • Mohican

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 19 Août 2021

    Brun va mourir. Il laissera bientôt ses terres à son fils Mo. Mais avant de disparaître, pour éviter la faillite et gommer son image de pollueur, il décide de couvrir ses champs de gigantesques éoliennes. Mo, lui, aime la lenteur des jours, la quiétude des herbages, les horizons préservés. Quand le chantier démarre, un déluge de ferraille et de béton s'abat sur sa ferme. Mo ne supporte pas cette invasion qui défigure les paysages et bouleverse les équilibres entre les hommes, les bêtes et la nature. Dans un Jura rude et majestueux se noue le destin d'une longue lignée de paysans. Aux illusions de la modernité, Mo oppose sa quête d'enracinement. Et l'espoir d'un avenir à visage humain.
    Avec Mohican, Éric Fottorino mobilise toute la puissance du roman pour brosser le tableau d'un monde qui ne veut pas mourir.

  • Dix-sept ans

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 9 Janvier 2020

    "Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour."
    Un dimanche de décembre, Lina livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. En révélant une souffrance si longtemps cachée, cette femme dont on a forcé le destin depuis l'adolescence laisse alors éclater toute son humanité et son obstination à vivre libre.
    Dans le plus personnel de ses romans, Éric Fottorino dresse le portrait solaire et douloureux d'une mère mal connue mais profondément aimée.

  • La pêche du jour

    Eric Fottorino

    • Philippe rey
    • 27 Janvier 2022

    Un texte d'intervention sur la question des migrants, pour réfléchir, pour s'indigner, pour agir

    Deux personnages réunis sur le port de Lesbos, en Grèce, évoquent le destin des migrants. L'un est un étrange pêcheur qui fait commerce de leurs corps sans vie. L'autre un client dont on ne sait s'il veut acheter ces cadavres, ou se racheter.

    D'emblée s'installent le malaise et le questionnement. Pourquoi ce mélange de cynisme, d'indifférence, d'impuissance ?

    C'est le miroir de nos renoncements que nous tendent les mots âpres de l'auteur qui se demande si nous avons cessé d'être humains. Au moment où le sort des réfugiés est sans cesse instrumentalisé, où des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants meurent de traverser la Méditerranée parce qu'ils veulent simplement vivre,
    La Pêche du jour est un texte sombre et bouleversant. Pour réfléchir, pour s'indigner, pour agir.

  • Petit éloge de la bicyclette

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 1 Juin 2017

    "Aujourd'hui encore, quand me guettent des pages d'écriture, mes ordres de grandeur sont convertis en intensité physique. Cela peut sembler incongru ou trivial de comparer le noble effort des lettres et celui du rémouleur de bitume. Pour moi, ils sont égaux et, pour tout dire, la fibre cycliste, parce qu'elle m'a souvent remué la chair, m'est apparue comme une préparation sans pareille pour affronter le vertige des mots, l'épaisseur du langage au milieu duquel le chemin est étroit pour trouver le ton juste, le bon rythme, l'image, la couleur, la musique, l'émotion, la grâce."
    Éric Fottorino.

  • Petit éloge du tour de France

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 1 Juin 2017

    "Je fonce tête baissée, poursuivi par un cortège de champions. Ils sont tous là, ceux d'hier, Anquetil, Bahamontes, Merckx, Hinault, Fignon. Ils mènent la chasse derrière moi. Je suis encore en tête, mais pour combien de temps? Un homme seul peut-il résister à l'histoire du vélo, aux légendes lancées à ses trousses ? Je ne connais de peloton que d'exécution. Ils m'auront rattrapé avant le pont, c'est couru. Pourtant j'ai un petit vélo dans la tête qui tourne à plein régime. Croyez-moi ou non, ça m'est égal, il m'arrive de me retourner pour voir s'ils ne sont pas juste derrière moi. Je me fais mon film. Je suis dans le film. C'est l'étape reine du Tour. J'y suis. Il faut que je tienne."

  • Marina A.

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 7 Janvier 2021

    À l'approche de Noël 2018, le docteur Paul Gachet emmène sa femme et sa fille à la découverte de Florence. Alors qu'il brûle de leur faire découvrir les Botticelli, les charmes de la vieille ville et du fleuve Arno, leur séjour est perturbé par l'apparition d'une performeuse serbe, Marina Abramovic, à travers les rues de la cité jusqu'aux salles du Palazzo Strozzi. Qui est cette femme soudain omniprésente qui bouleverse tous les repères de Paul Gachet et des siens, malmenant son propre corps pour parler à une humanité sourde et défaillante ?
    Chirurgien-orthopédiste, Paul Gachet répugne aux mutilations de l'artiste. Mais il est malgré lui envoûté par son univers qui, s'éloignant peu à peu d'une violence gratuite en apparence, exprime une recherche d'harmonie avec l'autre, en particulier avec son compagnon Ulay qu'elle enlace à l'étouffer avant de nouer sa chevelure à la sienne ou d'exposer son coeur à la flèche de son arc.
    Deux ans après cette apparition florentine, Paul Gachet tombe par hasard sur une photo ancienne de Marina A et d'Ulay intitulée L'impossible rapprochement. Prise en 1983 à Bangkok, elle montre deux êtres qui voudraient se toucher mais en sont mystérieusement empêchés et doivent rester à distance l'un de l'autre. Alors qu'éclate la pandémie planétaire, Paul Gachet comprend que les manifestations de cet art étaient une forme d'alerte dont il saisit enfin toute l'importance. Une incitation à protéger l'autre, à refonder nos sociétés sur ces deux petits mots : ' après vous '.

  • L'homme qui m'aimait tout bas

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    'Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait à l'ancienne, ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil, écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.'
    Éric Fottorino.

  • Trois jours avec Norman Jail

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 16 Novembre 2017

    Quand Clara pousse la porte de la maison du bord de mer, elle veut comprendre pourquoi ce mystérieux écrivain est resté l'homme d'un seul roman, Qui se souviendra de nous ?, paru l'année de ses vingt ans en pleine Occupation. Étudiante en littérature, Clara découvre peu à peu que derrière le pseudonyme de Norman Jail se cache un maître de l'illusion dévoré par la rage d'écrire, auteur de nombreux manuscrits inédits sous les noms d'Alkin Shapirov, de José Manuel Ortega ou de Jean-François Purcell. Norman Jail ne dit pas forcément la vérité. Le secret de cet homme est à rechercher dans les plis de la fiction.

  • Le marcheur de Fès

    Eric Fottorino

    • Calmann-lévy
    • 11 Septembre 2013

    "Nous aurions filé vers les Pyrénées. On aurait coupé l'Espagne de haut en bas. Une manière de césarienne pour exhumer ton histoire. Nous serions remontés au début, jusqu'à Fès, ta ville natale. Serions-nous jamais arrivés ?"
    À l'automne 2012, j'ai voulu emmener mon père marocain dans les rues de sa jeunesse, le quartier juif de Fès, la médina, l'entrelacs de ses souvenirs campés entre l'université de la Karaouine et la façade de l'Empire qui fut jadis le plus grand cinéma d'Afrique du Nord.
    J'ai fait le voyage sans lui. La maladie en a décidé ainsi, je suis devenu à sa place le marcheur de Fès. J'ai compris à quoi tient une existence. Un kilomètre à peine sépare le mellah de la ville moderne, le monde juif de l'ancien secteur européen. Dans ce mouchoir de poche, Moshé Maman est devenu Maurice Maman. Comme tous les siens, le Juif marocain a rêvé de s'intégrer à la France, de parler sa langue, d'y construire sa maison, sa famille, son avenir.
    J"ai traversé les ruelles et les cimetières, poussé la pore des rares synagogues, parlé aux derniers Juifs fassis dont la flamme s'éteindra bientôt. À chaque pas, je suis tombé sur ce père longtemps inconnu. Jusqu'à tomber sur moi, à l'improviste.

  • Questions à mon père

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    'Longtemps je me suis interdit d'aimer deux pères à la fois. Michel, celui qui m'adopta à l'âge de dix ans, me donna son nom de Méditerranée, son temps infini, une affection aussi discrète que démesurée. En aimer un autre eût été à mes yeux une trahison. Pourtant j'avais bien sûr un père naturel, un père biologique : Maurice Maman, médecin accoucheur, Juif du Maroc, dont j'ai cru pouvoir nier l'existence après l'avoir vu à ma demande, l'année de mes dix-sept ans.
    Michel et Maurice se sont rencontrés une fois, le jour de mon mariage. Puis Michel s'est donné la mort le 11 mars 2008, comme je l'ai raconté dans L'homme qui m'aimait tout bas. Le moment était venu de me retourner vers mon vrai père, Maurice Maman, d'autant qu'une maladie orpheline menaçait de l'emporter à tout instant. Au fil de nos conversations, je suis remonté à l'oasis du Tafilalet, au sud du Maroc, source de nos origines. J'ai découvert le visage de ses parents disparus, Mardochée et Fréha. Et aussi la dignité dont il fit preuve comme Juif tout au long de sa vie, au Maroc et en France.
    Pour étrange que cela paraisse, c'est parfois le rôle d'un fils de reconnaître son père. Comme on peut aimer deux enfants, on peut aimer deux pères, m'a écrit Maurice. À présent je le sais.'
    Éric Fottorino.

  • Chevrotine

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 7 Janvier 2016

    "Toutes les femmes attendent le grand amour. Ta mère cherchait son assassin."

  • Korsakov

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 26 Avril 2012

    "Moi, François Signorelli, docteur à Palerme, je me souviens de tout. Du vrai et du faux. De plus de gens et d'histoires que je n'en ai connu. Mille ans d'incertitude, tel est mon âge : ma mémoire prolifère et s'invente à mesure qu'elle se détruit, c'est un trouble neurologique désigné comme le syndrome de Korsakov. Je le sais, j'en suis un des spécialistes.
    Korsakov est mon mal intime, je le tutoie. Il me ronge et me délivre en même temps. D'abord, d'un passé noir comme l'abandon. D'une enfance triste à Bordeaux dans les années soixante, de l'absence d'un père de sang. De la folie de toute une famille où ma mère n'a pu tenir debout que par l'amour de Marcel Signorelli.
    Lui nous a donné son nom, celui de son propre père, Fosco, le cavalier magnifique du désert tunisien, dont les récits m'ont fait voler dans la lumière. Un coup de soleil pour la vie, que souhaiter de mieux quand celle-ci se dérobe ?
    Me voici enfant et ancêtre, par la grâce de Korsakov."

  • Le dos crawlé

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 8 Juillet 2013

    Été 1976 sur l'Atlantique.
    Deux enfants rêvent de pays lointains.
    Marin a treize ans et Lisa dix.
    Marin raconte le sable qui brûle et autre chose qu'il ne saurait dire quand il regarde Lisa et la mère de Lisa, une ancienne Miss Pontaillac.
    Heureusement oncle Abel est là qui veille en douce et monsieur Archibouleau avec ses gros muscles. Et monsieur Maxence qui écoute la météo marine. Et les parties de pêche, les complets poisson, l'odeur des citronniers, heureusement.
    Les parents sont si décevants.
    Les coeurs s'écorchent. L'enfance se consume.
    Un jour Lisa saura nager le dos crawlé.

  • Mes maillots jaunes

    Eric Fottorino

    • Stock
    • 22 Mai 2019

    Un siècle après son apparition dans le Tour de France - le 19 juillet 1919, sur les épaules d'Eugène Christophe -, le Maillot jaune est tissé de mille légendes qui ont marqué le destin de grands champions comme de gloires d'un jour. Dans ce récit très personnel, Éric Fottorino raconte « ses » Maillots jaunes, laissant libre cours aux souvenirs et aux émotions qui l'ont accompagné depuis les années 1970 : la
    domination de Merckx, le martyre d'Ocana perdant son Maillot jaune sous l'orage du col de Menté, l'avènement de Thévenet puis du « blaireau » Hinault, son compagnonnage à distance avec Fignon, presque jumeau de l'auteur.
    Avec des scènes héroïques, des triomphes et des drames, ce récit traverse une certaine histoire de la France : la France insouciante de juillet qui rêve au son des roues libres et de la caravane publicitaire, des exploits d'Anquetil et de la malchance de Poulidor.

  • Baisers de cinéma

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    "Je ne sais rien de mes origines. Je suis né à Paris de mère inconnue et mon père photographiait les héroïnes. Peu avant sa mort, il me confia que je devais mon existence à un baiser de cinéma."
    Photographe de plateau, le père de Gilles Hector a le don de pressentir chez les comédiens leurs moments d'abandon. Il sait saisir sur leurs visages une défaillance, une colère muette, la trace infime d'un incident de tournage. Après sa mort, Gilles hérite de sa sensibilité à la lumière, mais aussi de questions sans réponse. C'est alors qu'il retrouve Mayliss, croisée le jour de la mort de son père deux ans auparavant. Petit à petit, leur relation prend forme et Gilles vit à l'envers de sa vie...

    Éric Fottorino offre à son huitième roman des mots doux, presque fragiles, pour rendre hommage au cinéma, pour raconter un temps où l'amour peut encore apparaître comme un jeu risqué.

  • L'info est un combat de rue

    Eric Fottorino

    • Editions de l'aube
    • 5 Mars 2020

    La disparition progressive des kiosques et marchands de journaux rétrécit l'espace public de la démocratie qui se replie dans l'univers borné des smartphones et des tablettes où l'information est assignée à résidence par le jeu des algorithmes. L'intelligence artificielle - plus d'artifice que d'intelligence - prend le pas sur l'intelligence humaine pour fixer désormais à toute vitesse - érigée en vertu de l'époque - la hiérarchie des événements, selon des critères ou le clic commercial, le « putaclic » à vocation publicitaire, l'emporte sur le discernement éditorial. Éric Fottorino, directeur de publication du 1, s'engage.

    Éric Fottorino est un journaliste et écrivain français. Après 25 années passées au quotidien Le Monde, qu'il dirige de 2007 à février 2011, il est le cofondateur de l'hebdomadaire Le 1, lancé en avril 2014.

  • Rochelle

    Eric Fottorino

    • Fayard
    • 1 Avril 2014

    Rochelle 1958. Sur le lit de Lina qui vient de mettre au monde un petit Paul, une ombre s'allonge et disparaît. Vingt ans se sont écoulés. Paul Dupaty, cycliste du dimanche et juriste herbeux, part à la recherche de cette ombre qui obscurcit parfois les photos de famille.
    Ce n'est pas la silhouette d'Etienne, le marchand de cannes à pêche, de leurres et d'amour filial, le mari de Lina depuis dix ans. Pourquoi Simon Moncif, le Juif beau parleur, a-t-il quitté la jeune Lina, enfant de Marie? Est-ce à cause de Rochelle la huguenote, réputée pour son obstination à dire non?
    La ville est transfigurée. Elle élève des statues à son bourreau Richelieu, célèbre les mariages mixtes et désarme les navires. Une ville fardée, une belle menteuse qui met la mer en fuite et renie son passé à mesure que Paul veut retrouver le sien.
    Collectionneur de regards, le jeune homme souffre d'un assèchement des yeux qui s'aggrave avec le retrait troublant de l'océan. Il aimerait comprendre. La ville, croit-il, possède cachée la clé de son identité. S'il ne pédale pas la nuit, il parcourt Rochelle en compagnie d'une mystérieuse Hélène, domiciliée dans un bateau-livre, qui change souvent de nom et protège l'enfance des briseurs de rêves. Rochelle sans mer n'a plus d'image, comme un jeune homme privé de père. Qui de la ville ou de Paul donnera le plus à l'autre?
    Eric Fottorino a trente ans. Il est journaliste au Monde depuis 1986. Rochelle est son premier roman.

  • Mon tour du « Monde »

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 24 Octobre 2014

    "Longtemps j'ai rêvé du Monde. J'y serais entré même à genoux ! Depuis mon premier article, paru en 1981 - j'étais encore étudiant -, jusqu'à mon départ, en février 2011, près de trente années se sont écoulées.

    Je me souviens de tout. La rue des Italiens, les séances de Bourse au palais Brongniart, mes premiers reportages. Je revois les affamés d'Éthiopie, le visage de Mandela, la trogne de Noriega. Je revois les kolkhozes d'Ukraine, le marché aux grains de Chicago, les élégantes du Viet Nam. J'entends la voix de Jacques Benveniste, qui croyait à la mémoire de l'eau, Jane Birkin parlant de Gainsbourg, tant de silhouettes, tant de reportages. Le journalisme fut mon pain de tous les jours. Je suivis d'un coeur léger ses mots d'ordre : voyager, rencontrer, raconter. Puis recommencer.

    Élu directeur, j'ai plongé dans l'aventure collective. Il a fallu garder confiance quand les dettes s'accumulaient, et que le Net ébranlait la galaxie Gutenberg. Il a fallu réinventer ce journal dans l'urgence et la douleur, sans gros moyens, avec la foi du charbonnier. Il a fallu aussi approcher le pouvoir et le tenir à distance. La mer était souvent agitée.

    J'ai tout revu, tout revécu. J'ai tout aimé ou presque, sachant avec Cioran qu'il faut parfois avaler l'amer avec le sucré. J'ai quitté Le Monde mais Le Monde ne m'a pas quitté."

    Éric Fottorino.

  • Caresse de rouge

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 27 Avril 2012

    Le jour où Colin a fait ses premiers pas au milieu du salon, entre la table basse et le canapé, Marie est partie. Elle a laissé son enfant avec Félix. C'était entendu comme ça. Ensemble, le père et le fils se sont inventé une famille en convoquant dans l'appartement désert des ombres chinoises, des personnages de dessins animés. Colin a grandi et Félix avec lui. Lorsque Colin a réclamé sa maman, Félix a dû trouver des réponses, tout seul. Jamais il n'aurait imaginé regarder son petit garçon avec les yeux d'une mère.
    Jusqu'où un père peut-il se travestir, face aux exigences d'un enfant qui dit : ' Je veux maman ' ?

  • Fils de Berbères

    Eric Fottorino

    • Philippe rey
    • 16 Octobre 2014

    " Tout mon être était d'Afrique du Nord, berceau historique des tribus berbères. C'est à quarante cinq ans passés que j'ai pris la pleine conscience de cette lointaine appartenance. Il était temps d'amorcer un rapprochement, de partir à la découverte, de comprendre pour mieux aimer. Mais avant d'entreprendre le voyage, j'ai voulu récapituler ce que je savais. J'ai remonté le fil de mon existence pour repérer ce que je n'avais pas vu, pas saisi, de ce monde berbère qui m'avait fait signe sans que je lui réponde. La mémoire offre de beaux voyages, surtout quand on chevauche des mots. " C'est effectivement à un " beau voyage " que nous convie Éric Fottorino, une quête infiniment personnelle qui devient passionnante découverte : une région, une histoire, des traditions millénaires, une langue, un peuple, des peuples car, comme s'en amuse l'historien Gabriel Camps, il est finalement plus facile de citer les pays d'où ne viennent pas les Berbères, tant leurs origines sont partout, ou presque, du Nil à l'Afrique noire, de l'Inde aux contrées nordiques... De Ouarzazate à Fès, en passant par les gorges du Thodra, la vallée du Dadès et les dunes de Merzouga, Éric Fottorino raconte les Berbères, juifs et arabes, femmes façonnant l'argile et hommes cultivant la terre, artisans et commerçants, opposants politiques et cinéastes engagés... Il prolonge aussi la quête des origines qui est la sienne et qu'il a racontée dans ses deux ouvrages L'homme qui m'aimait tout bas et Questions à mon père, en allant vers la Tunisie de son père adoptif et le Maroc de son père naturel.

  • Suite à un accident grave de voyageur

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 28 Février 2013

    En septembre 2012, à quelques jours de distance, trois personnes se sont jetées sur les voies du RER, derrière chez moi, dans les Yvelines. Un vieillard, une mère de famille, un homme qui n'a pu être identifié. À la violence de leur mort a répondu le silence. Il ne s'est rien passé. Nul n'a désigné la souffrance par son nom. Une voix neutre a seulement résonné dans les haut-parleurs de la gare : Suite à un accident grave de voyageur... Nos vies ont pris un peu de retard. À cause de trois détresses qui n'ont jamais existé.

  • L'homme de terre

    Eric Fottorino

    • Fayard
    • 1 Avril 2014

    Notre siècle a perdu l'homme de terre. Le Sud paie de sa survie l'élimination massive des paysans. A l'Est, après soixante-dix ans de communisme, le marteau a écrasé la faucille. Et au Nord, les excès de la modernité, des machines et de la chimie préparent l'avènement d'une banquise brune, ces jachères qui cultiveront demain leur gémellité avec la friche, sauf si l'intelligence ou le bitume... Paysans sans terres sous les tropiques, terres sans paysans sous nos yeux, glorification fatale de l'homme de fer dans l'ancien " glacis ", c'est partout le désarroi.
    Il subsiste cependant une agriculture vivante et diverse, dont les performances n'ont pas gommé l'apprentissage des savoirs, des terroirs, des gestes ancestraux sans cesse améliorés. Cette agriculture, perçue comme un art de localité, existe en France, pays au climat tempéré qui n'ignore pas les passions. Epilogue d'une lointaine hémorragie, la plupart des paysans auront disparu à la fin du siècle. Ceux qui resteront vont connaître un vertige horizontal: occuper, avec bêtes et plantes, plus de la moitié du territoire français. Esseulés et nécessaires funambules, surhommes de la terre. Dix mille ans après son apparition, l'agriculture est-elle encore cet acte d'enracinement qui marqua la fin du nomadisme et rendit tangible le souci du lendemain? Le XXIe siècle en quête de spiritualité retrouvera peut-être la foi du semeur qui sacrifie une graine pour voir lever un épi. Si elle le veut, la France sera le pays où s'arrête la chasse à l'homme de terre.
    Eric Fottorino, trente-trois ans, est journaliste et écrivain, chargé d'enseignement à l'Institut d'Etudes politiques de Paris. Ancien spécialiste des questions agricoles au Monde, il a publié plusieurs essais dont La France en friche (Lieu Commun, 1989). Il est l'auteur d'un roman, Rochelle, paru en 1991 chez Fayard.

  • EXTRAITS - Romans incontournables Folio

    Muriel Barbery

    • Gallimard
    • 19 Décembre 2012

    Retrouvez dans ce dossier les premiers chapitres de dix romans incontournables de la collection Folio : Muriel Barbery (L'élégance du hérisson), Jonathan Coe (La vie très privée de Mr Sim), Catherine Cusset (Confessions d'une radine), Marc Dugain (L'insomnie des étoiles), David Foenkinos (La délicatesse), Eric Fottorino (Baisers de cinéma), Daniel Pennac (Chagrin d'école), Philip Roth (Indignation), Jean-Christophe Rufin (La Salamandre) et Mario Vargas Llosa (La fête au bouc).

    Vous pouvez accéder directement à chaque extrait par la table des matières de ce dossier ou lire les extraits à la suite. Tous ces livres numériques sont en vente chez votre libraire.

  • Le Chemin (N°07) - L'Impromptue de Clermont-Ferrand

    Eric Fottorino

    • Gallimard
    • 15 Avril 2020

    « Elle est entrée dans la ville par l'avenue de Royat. Elle s'est engagée dans les petites rues humides. Dans les rues pentues, les bossues et même les perdues dont plus personne n'avait entendu parler depuis Alésia. » Éric Fottorino

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