Les Presses de l'Université de Montréal

  • On assiste depuis deux ou trois décennies à un engouement pour la mémoire qui touche les savoirs les plus variés autant que les institutions de l'État ou les publicitaires en mal d'idées. Les sociétés modernes avaient pourtant toujours semblé miser plus sur l'originalité du présent ou l'investissement dans l'avenir que sur le retour ou les reprises du passé. Comment comprendre alors cette résurgence?
    Il existe, en fait, diverses façons de se débarrasser du passé. Les sociétés traditionnelles, en le sacralisant, en agissant en son nom, impliquaient activement l'ancien dans l'actuel : le passé n'est pas un problème s'il définit le présent. Or, depuis le passage à la modernité, c'est la culture qui donne identité et valeurs aux communautés, à charge pour les historiens de comprendre un passé mis à distance, et d'autant plus énigmatique. La culture s'affranchit alors du passé en l'archivant, en le marquant du sceau du patrimoine, en l'expliquant.
    En étudiant certains cas littéraires et intellectuels exemplaires, Éric Méchoulan retrace les moyens qui ont permis de « mettre en culture » la mémoire. Ainsi, on peut mieux comprendre comment celle-ci a quitté le coeur de la vie sociale, et pourquoi elle reprend aujourd'hui le devant de la scène. Une réflexion troublante et nécessaire sur les bons usages de la mémoire... et de l'oubli.
    Éric Méchoulan est professeur au Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal et directeur de programme au Collège international de philosophie de Paris. Il a entre autres publié, dans la collection «Espace littéraire» des PUM, Le livre avalé. De la littérature entre mémoire et culture (Prix Raymond-Klibansky 2005-2006).

  • La littérature telle que nous l'entendons aujourd'hui date du Siècle des lumières. Auparavant, les constellations sociales où brillent les oeuvres étaient tout autres ; on était loin, en particulier, d'une évidente autonomie, telle qu'elle apparaît constitutive de la sphère littéraire à partir de 1850. Comment alors concevoir la littérature quand elle n'est pas autonome ? Qu'est-ce que « la littérature d'avant la littérature » ? Selon quelles cristallisations historiques l'art des oeuvres d'écriture s'est-il transformé ?
    Ce livre s'attache à montrer comment la littérature existe en fonction du passage, inégal et incertain, de société de mémoire à société de culture. Si l'émergence de la littérature est bien contemporaine de l'invention de la culture comme mode d'organisation ou de représentation de la société, c'est la tradition ou la mémoire qui ont d'abord permis aux hommes de se représenter à eux-mêmes la légitimité de leur communauté et de leurs façons de vivre ensemble.
    Historiens, critiques littéraires, sociologues et tous ceux qui souhaitent lire l'histoire de la littérature sous un angle différent découvriront quelques fragments du grand labyrinthe de l'histoire dans cet essai d'une profonde érudition.
    Éric Méchoulan est professeur au Département d'études françaises de l'Université de Montréal. Il est aussi directeur de programme au Collège international de philosophie de Paris. Il a déjà publié Le corps imprimé : essais sur le silence en littérature (Éditions Balzac) et Pour une histoire esthétique de la littérature (PUF).
    o Prix Raymond-Klibansky de la Fédération canadienne des sciences humaines, 2005-2006
    o Finaliste, Prix du Gouverneur général du Canada, 2005

  • Intitulé « inclure (le tiers) », ce numéro réuni des essais et des études qui abordent la question du tiers afin d'alimenter une réflexion de portée générale tout en visant à affiner l'analyse de certaines situations mettant en jeu des tiers, ou du Tiers, et à expérimenter sur l'étude d'oeuvres cinématographiques une entrée par le tiers dans l'étude des médialités. Les textes sont en grande partie issus d'une réflexion amorcée lors d'un atelier scientifique initié par Djemaa Maazouzi et Marion Froger, intitulé « Adresses au tiers et postures des tiers dans le partage des mémoires », qui s'est tenu à Montréal en avril 2012.

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