Félix Rousseau

  • J'ai entrepris d'écrire l'histoire d'Henri l'Aveugle, qui fut comte de Luxembourg depuis 1136, et comte de Namur depuis 1139 jusqu'en 1196. Les quelques pages que lui consacrent les historiens namurois et luxembourgeois De Marne, Bertholet, Galliot, Borgnet, sont bien incomplètes et ont considérablement vieilli. Au point de vue de l'histoire générale de notre pays, ce règne, sans être de première importance, présente cependant un réel intérêt. La lutte d'Henri l'Aveugle avec les principautés de Liége et de Trèves forme un épisode peu connu de l'histoire de ces principautés au sortir de la Querelle des Investitures ; et la question de la succession namuroise fournit de précieuses indications sur les rapports de l'empereur avec la Lotharingie pendant la seconde moitié du xiie siècle. Au point de vue purement namurois, le règne d'Henri l'Aveugle est capital. Il résume et clôture la période dite des comtes de la première race (xe-xiie siècle) et nous fait assister aux événements qui établirent la situation politique du comté depuis le début du xiiie siècle jusqu'au moment de sa réunion aux États de la maison de Bourgogne en 1429.

  • Le jeudi 8 septembre 1864, à 7 heures 25, le soleil caressait de ses rayons resplendissants le vallon chéri de Lons-le-Saunier ; la locomotive sifflait, et Ludovic et moi emportés par la vapeur jetions le regard d'adieu aux coteaux du pays.Nous allions à Venise - par Genève, le Simplon et Milan.Nous débutâmes par huit heures de chemin de fer. Mais à partir de Culoz, les vues grandioses des Alpes, le Rhône juxtaposé à la voie, le tunnel du Credo où pendant sept minutes le bruit de la vapeur, les échos de la voûte, l'obscurité donnent le frisson, nous produisirent l'effet d'une grande préface traitée à large manière, comme ces accords stridents que les compositeurs ont coutume de moduler avant la minute de la production.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

empty