Fabien Archambault

  • L'histoire du basket-ball s'est bâtie sur une erreur, d'ordre géographique. En effet, elle a longtemps consacré les États-Unis comme son centre unique, négligeant ce que les autres parties du monde avaient apporté à la balle au panier. Celle-ci est pourtant marquée par une diffusion planétaire, étonnamment rapide, avant les années 1920. Ce livre réunit pour la première fois les meilleurs spécialistes de la question, et éclaire sous un jour nouveau les destinées du basket sur le Vieux Continent. C'est en Suisse que naît la Fédération internationale, en Allemagne que ce sport accède au statut olympique, dans les Pays Baltes qu'il est élevé à un haut niveau, tandis que l'ensemble des pays méditerranéens l'adopte comme une pratique majeure. Sport par excellence des classes moyennes européennes, le basket-ball, initialement conçu comme un « anti-football » rationel et moderne, devient un des terrains privilégiés des affrontements de la Guerre froide. Dès lors, son histoire devient un outil privilégié pour saisir, en mouvement, une large part des dynamiques politiques et culturelles européennes, ainsi que la façon dont joue sur ces sociétés la référence américaine.

  • Sport populaire, le football a conquis la planète en moins d'un siècle. Il est devenu le moyen le plus commun de découverte des particularités des nations. Par sa médiatisation à l'occasion des Coupes du monde ou des compétitions continentales, on connaît désormais une nation à travers son équipe, son style de jeu, sa composition. Les équipes nationales de football contribuent à fabriquer des « communautés nationales imaginées » qui semblent plus réelles quand elles se trouvent réduites à onze joueurs dont on connaît les noms. Tout au long du XXe siècle, transgressant la diversité des régions, des générations et des classes sociales, l'équipe nationale de football devient un emblème majeur de l'État-nation. Cependant, bien loin de constituer l'élément cristallisateur exclusif et permanent des fiertés nationales, les sélections nationales, et la passion qu'elles ont pu et peuvent susciter, sont le produit de constructions historiques bien différentes selon les sociétés envisagées. Miroir de nos sociétés et sport à fort investissement nationaliste, le football reste pourtant un objet mineur et peu légitime des sciences sociales. Ce livre collectif propose de retracer, à l'échelle européenne et par des approches monographiques, la diversité des liens entre chaque nation et le football, c'est-à-dire le rapport entretenu à la nation par le football et au football par le prisme du fait national.

empty