Florence Colombani

  • Elia kazan. une amerique du chaos

    Florence Colombani

    • Philippe rey
    • 25 Juillet 2013

    C'est d'abord une histoire typiquement américaine, celle d'Elia Kazanjoglou, Grec d'Anatolie, né à Constantinople à l'orée du XXe siècle. À l'âge de quatre ans, il débarque à New York avec sa famille pour échapper à la persécution turque. Il est dès lors un outsider qui se sent perpétuellement en danger, et n'aura de cesse de faire oublier sa différence pour obtenir l'approbation collective. Brièvement comédien, puis metteur en scène qui brille à Broadway comme à Hollywood, Elia Kazan, un jour d'avril 1952, commet l'irréparable : il donne des noms à la Commission des activités anti-américaines (HUAC) qui traque les communistes du monde du spectacle. L'homme, désormais pétri de doutes et de culpabilité, devient un créateur passionnant qui livre dans ses films ses hontes secrètes, sa douleur de n'avoir jamais été accepté par son père, son lyrisme à fleur de peau. Sur les Quais, À l'Est d'Eden, La Fièvre dans le Sang, America America, L'Arrangement... : ce livre explore les richesses d'une filmographie exceptionnelle, et dresse au passage un portrait de l'Amérique de Kazan. Une Amérique qui a la beauté littéraire d'Arthur Miller et de Tennessee Williams, un monde de grands espaces, à l'attraction dangereuse. Une terre abrupte, où la démocratie est en danger, et l'individu menacé de destruction. " J'avais envie de chaos, oui, de chaos ", disait Kazan. C'est bien ce chaos qui anime son cinéma heurté, violent, contradictoire, ce chaos qui le rend bouillonnant de vie.

  • Les indomptables

    Florence Colombani

    • Fayard
    • 26 Avril 2017

    Quatre beautés à perdre la tête. Quatre déesses qui partagent tout, les amants, les fous rires, les coupes de champagne.
    Si Lana Turner, Ava Gardner, Grace Kelly et Lena Horne ont des vies de légende, l'histoire de leur bande tient du conte de fées, qui commence dans l'Amérique oubliée des années 1940-1950. Lana, fille d'ouvriers, rencontre Ava, échappée du Sud profond. Perdues dans les studios de la MGM, elles deviennent inséparables. Mêmes soirées, mêmes robes, même réveil à 5 heures pour avoir, à midi, l'éclat que l'on attend d'une star. Bientôt Lena Horne, première égérie noire du cinéma américain, les rejoint. Avec Ava, Grace Kelly, bon chic bon genre qui n'est pas encore princesse, s'autorise elle aussi bien des audaces.
    Suivez ces indomptables dans un Hollywood vénéneux qui se joue des interdits. Au gré de leurs chemins de traverse, elles vous feront goûter le vent de la liberté.
    Journaliste et critique de cinéma, Florence Colombani collabore à France Culture et à Vanity Fair. Elle est l'auteur de plusieurs essais sur le cinéma et d'un récit, Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps, Léopoldine Hugo et son père (Grasset, 2009).

  • Roman Polanski ; vie et destin de l'artiste

    Florence Colombani

    • Philippe rey
    • 12 Avril 2013

    On a toujours beaucoup parlé de Roman Polanski. Ces derniers temps bien sûr, lorsque l'affaire de moeurs qui l'avait conduit à quitter les États-Unis en 1977 l'a rattrapé en septembre 2009... Mais déjà à Lodz, dans les couloirs de l'école de cinéma, quand l'étudiant qu'on surnommait Romek fascinait ses camarades avec sa ferme intention de conquérir le monde... et aussi dans les années soixante quand il séduisait l'Occident avec son sens de l'absurde et sa mise en scène virtuose... ou encore en 1969 quand son épouse Sharon Tate fut assassinée par les disciples de Charles Manson. Oui, on a toujours beaucoup parlé de Roman Polanski et de sa vie si outrageusement, si désespérément romanesque... Et on en reparlera, bien sûr, dans ce livre qui évoquera - du ghetto de Cracovie au chalet de Gstaad en passant par le Swinging London et l'Amérique du Flower Power - 77 ans d'une existence qui épouse les soubresauts du siècle. Mais ce dont on parle peu - ou jamais assez -, s'agissant de Roman Polanski, c'est de l'oeuvre. Au-delà de l'homme, de ses tragédies et de ses failles, il y a un cinéaste de tout premier plan. Polanski a adapté Shakespeare (Macbeth, 1971), Hardy (Tess, 1979) et Dickens (Oliver Twist, 2005), révélé au monde le destin de Wladyslaw Szpilman (Le Pianiste, 2002), signé un chef-d'oeuvre du film noir (Chinatown, 1974) et inventé la parodie sérieuse (Le Bal des vampires, 1967), terrifié des générations de spectateur (Répulsion, 1965 ; Rosemary's Baby, 1968) et trouvé un équivalent cinématographique à l'esthétique de Beckett (Cul-de-sac, 1966) comme à celle de Kafka (Le Locataire, 1976)... Bref, il a donné au cinéma une série de films d'apparence très différente mais profondément reliés par une même vision du monde. Une vision du monde que ce livre se propose de mettre enfin au jour.

  • C'est l'histoire d'un amour intense, absolu, trop bref, qui inspira quelques-uns des plus beaux poèmes de la langue française. Elle, c'est Léopoldine, l'enfant chéri de l'immense Victor Hugo. Lui, le grand poète, adore sa fille, qui lui rend son amour jusqu'au jour fatal de septembre 1843 où elle se noie dans la Seine, à Villequier, avec son jeune époux. Brisé de douleur, Hugo ne se résout pas au silence. Il s'obstine à dialoguer avec Léopoldine, lui adresse des vers sublimes, organise des séances de tables tournantes, afin de s'entretenir avec le fantôme de sa fille bien-aimée... Ce livre est le récit de cette passion déchirante. On y découvre, au passage, une Léopoldine inconnue, attachante, à la fois exaltée et étouffée par son tête-à-tête avec son père - qui symbolisera longtemps l'esprit romantique dans ce qu'il a de plus pur.

  • Proust-Visconti ; Histoire d'une affinité élective

    Florence Colombani

    • Philippe rey
    • 19 Juillet 2013

    Luchino Visconti a rêvé toute sa vie d'adapter À la Recherche du temps perdu, sans jamais passer à l'acte, par superstition peut-être ou par manque de temps - ce temps de la maladie et de la mort qui avait bien failli coûter son oeuvre à Proust et qui contraignit Visconti à renoncer à son projet le plus cher. Une étonnante proximité s'établit à travers les années entre l'écrivain et le cinéaste. Né en 1906, soit sept ans avant la parution de Du côté de chez Swann, le comte Luchino Visconti di Modrone est un authentique Guermantes, héritier d'une famille qui tint la seigneurie de Milan pendant deux siècles, y fit bâtir la cathédrale, et joua un rôle essentiel dans l'histoire de l'opéra le plus célèbre du monde, le Teatro alla Scala. Mais on décèle surtout une forte parenté dans les thèmes communs à Proust et à Visconti : la rêverie autour d'une enfance mythifiée, la peinture d'un monde au bord du gouffre, la passion de Venise, la " race maudite " des invertis... Toute sa vie, le cinéaste sera hanté par l'oeuvre proustienne, et par ses personnages. Et toute sa vie, il ne cessera de la mettre en scène. Il transpose la relation entre Charlus et Morel dans Senso, recrée la plage de Balbec dans Mort à Venise, fait entendre la sonate de Vinteuil dans Sandra, exalte Wagner dans Ludwig, reconstitue le salon Verdurin dans L'Innocent... Le film À la Recherche du temps perdu de Visconti n'existe pas, mais son fantôme traverse ses chefs-d'oeuvre, obstinément fidèles à ce fameux, et magnifique, " sentiment proustien ". Ce que nous offre là Visconti - une relecture, une réinvention de Proust -, n'est-il pas infiniment plus précieux qu'une adaptation littérale ?

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