François Nourissier

  • Les chiens à fouetter

    François Nourissier

    • Le dilettante
    • 1 Avril 2012

    En 1956, François Nourissier a été pendant trois ans Secrétaire général des éditions Denoël. La littérature française, sa vie, ses oeuvres, il connaît ça comme sa poche, mais c'est une poche tout ce qu'il y a de revolver. D'où ce pamphlet délicat en forme d'exercice imposé, où l'art de viser aux chevilles et de tacler sec s'exerce en maître, avec un toucher perlé tout ce qu'il y a de régalant.

  • Le musée de l'homme

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    J'ai juré de vous émouvoir - d'amitié ou de colère, qu'importe ? Je vous donne un livre vivant. Ah, comme je voudrais le mériter, le vieux cri de Bernanos qui faisait rêver mes quinze ans ! Un livre vivant ? Oui, celui d'une vie. Un " roman " ? Va pour roman si vous y tenez. Ce livre en est un, comme le mariage est un roman, comme la paternité est un roman, comme l'est un métier, comme le sont toutes les ambitions et les écoeurements, les victoires et les défaites ; comme le sera la vieillesse. La mort, seule, imposera silence au romancier que je suis devenu : de mon histoire et de mon miroir, qui sont les vôtres.
    Ils ne me font pas sourire, les inconnus qui murmurent au détour d'une confidence : " Si je vous racontais ma vie, quel livre vous en feriez ! " C'est qu'ils ont en général raison, ces naïfs ! Rien n'est plus beau qu'une vie réputée " ordinaire ", rien n'est plus amer, plus secret, plus étrange. Les matériaux quotidiens font la comédie humaine : une tâche à laquelle vous vous jetez avec rage ; une mère qui glisse à l'absence ; une femme que vous aimez enfin après toutes celles que vous avez désirées, désaimées, perdues ; des enfants qui s'éloignent ; l'âge qui tend ses embuscades. Voilà tout ce que j'ai mis dans mon " musée de l'homme ". L'homme que je suis, dans sa totalité, hontes et joies comprises, peurs et colères, sans oublier les émerveillements d'un peu de bonheur.
    On croit que les livres m-rissent dans quelque jardin seigneurial et secret, en un lieu introuvable de la carte du Tendre et du Temps. Quelle erreur ! Les écrivains sont des hommes et des femmes comme les autres. Et leurs romans - qui sont comme les meubles de l'ébéniste, les maisons de l'architecte, le combat du militant - ils les arrachent au harcèlement du gagne-pain et la tentation de s'asseoir au bord du chemin. Qui que vous soyez, mèche blonde ou tempes grises, bourgeois rangé ou dérangé, je veux que ce livre soit aussi le vôtre. Pourquoi ? Parce qu'il essaie obstinément, tendrement de dire vrai. Sans postures tragiques, mais sans jouer non plus toutes les comédies que le destin nous propose. Seule compte la dernière salle du musée : celle où se dénoueront les fausses alliances, où nous saurons si notre vie est sauvée ou perdue. Je vous le répète : nous sommes les héros du seul roman qui vaille d'être écrit.

  • Roman vole

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Un soir de l'été 1994, à l'aéroport de Marignane, on vole à l'auteur une mallette Vuitton. Dedans : argent, chéquiers, agenda, vieilles photos, clés. Est-ce tout ? Non : le manuscrit d'un roman intitulé {Hirondelle}, achevé, et dont l'auteur ne possède aucun double. {Roman volé}, texte commencé le lendemain même du vol, fut interrompu sept semaines plus tard, le jour où l'on retrouva la mallette contenant le manuscrit intact ; et terminé quelques jours plus tard. Que se passe-t-il dans la tête d'un homme que l'on vient de tondre de si belle façon ? Et dans celle d'un écrivain à qui est dérobée, à peu près, la vingt-cinquième partie du travail d'une vie ? Pourquoi un tel sentiment d'insécurité bloque-t-il soudain la vie quotidienne ? Pourquoi de mauvais plaisants essayent-ils de prendre le volé au piège de leurs escroqueries ? Pourquoi les efforts du volé pour dénigrer le texte dérobé (et atténuer ainsi sa propre colère et sa tristesse) réussissent-ils au-delà de toute attente ? Pourquoi, de la mise en question d'un texte particulier, glisse-t-on irrésistiblement au doute qui va corroder tous les autres, publiés ou non, écrits ou à écrire ? Pourquoi un minuscule incident de voyage aboutit-il à l'ébranlement, passager mais général, d'une vie, à l'effritement du travail et de l'idée qu'un écrivain se fait de soi ?

  • Un petit bourgeois

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Nourissier détaille sa jeunesse, son enfance avec une allégresse folle. De la mort du père au mariage, des émois sensuels aux vertiges sociaux, de l'acné juvénile à la folie des livres, de Munich à l'après-guerre, de la pauvreté au dandysme et des grandes amours aux petits secrets - la moitié d'une vie est là, banale et savoureuse, singulière et universelle.

  • Le maître de maison

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Un homme et une femme, en automne, parcourent les routes du Midi à la recherche d'une maison. Ils en choisissent une, l'achètent, la restaurent, s'y installent. Voilà bien l'aventure la plus raisonnable. D'où vient alors qu'ils la mènent dans cette fièvre, ces incertitudes ? Autour d'eux - le village, les gens - on observe ces nouveaux venus. On se pose sur eux des questions. D'autant plus de questions que leur vie ne ressemble pas à l'idée qu'on s'en fait. Trop nocturne, peut-être ? Ou bien quelque angoisse qui sourd d'eux comme une sueur sur le visage des citadins qu'indispose la chaleur de ces pays...Un voisin parle d'eux. Agacé parfois, ou fasciné, ou dérouté, il donne forme aux chuchotements, aux racontars qui se colportent. Sa propre vie, bientôt, lui remonte aux lèvres. Les usages de parole et de liberté qu'il découvre, trop étrangers aux siens, lui tournent la tête, comme la lui font tourner ces verres d'alcool qu'on lui offre au Lossan en trop grande abondance.Entre le moment où les étrangers sont arrivés au village, sous la pluie, pour la première fois, et le drame confus où paraît se dissoudre leur histoire, une année s'écoule. Les quatre saisons des efforts vains, des travaux, des peurs, des mauvais rêves. Arracher une maison à son passé, à sa vermine, tirer de la ruine et de la léthargie ce qui aurait tellement tendance à s'y enfoncer : il y faudrait une force et une lucidité que ne paraît pas posséder le maître de maison. Loin de là. On habite sa maison comme on habite sa vie, mais celui qui n'a pas appris à vivre, comment saurait-il aménager les lieux qui se refusent à lui ?

  • L'empire des nuages

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    L'amour entre un homme fait et une femme réputée "trop jeune pour lui" ; l'amour d'un peintre pour son travail : tels sont les deux pôles de cette histoire. Burgonde est une vedette de l'"abstraction lyrique". Victoire est une de ces jeunes femmes inimaginables il y a trente ans : libres de ton et d'allure, capables de choisir ou de quitter un homme et d'élever seules un enfant que nulle convention ne leur a imposé. Que se passe-t-il quand Victoire et Burgonde se rencontrent, se reconnaissent, s'aiment avec l'irrépressible douceur d'une rivière descendant à la mer ? Pour le raconter cinquante personnages - artistes et aventuriers, riches et chambardeurs, provinciaux et cosmopolites, pieds-noirs révoltés et "barons" gaullistes -, ces années, 1962 à 1974, où la France traversa tragédies et opulence, vit déferler les modes d'Amérique, ricaner l'avant-garde, vaciller sa société, changer ses moeurs. Des voyages : de Provence à Paris, de Suisse à New York, des galeries de la 57e Rue aux fermes de Long Island et aux châteaux languedociens.A la fois les fêtes de la vie et ses paresses, le feu du désir, le parfum de la solitude, l'ambition, l'argent, l'alcool, le féroce appétit des commencements et la sagesse narquoise des épilogues. La vie est un bal, un ciel d'orage, un estuaire aux sables mouvants. Elle est aussi une formidable histoire pleine de fureur et de comique, de chimères et d'humour : un {roman}, en somme, un petit morceau de la comédie universelle.

  • En avant, calme et droit

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Hector Vachaud, dit Vachaud d'Arcole, n'est pas un grand cavalier, un "dieu" de Saumur ni une vedette des concours hippiques. Il est seulement un "homme de cheval". Sa passion le fait vivre, des années trente à nos jours, dans une société singulière et archaïque. A travers elle, il découvre la comédie sociale, l'amitié, le bonheur d'enseigner et même, sur le tard, l'amour. Un étrange amour. A travers le prisme de la morale cavalière il voit les passions politiques, les courages et les lâchetés, enfin la métamorphose immense de la France.Ecuyers, cavaliers, ascèse et luxe, parfums du passé, amazones gourmandes de chair fraîche, anciens combattants abusifs, abbés musclés, manitous de Vichy, juifs traqués, gagne-petit du marché noir, jeunes filles en fleur : une peinture moqueuse et féroce d'un demi-siècle de vie française sert de décor à la vie d'Hector Vachaud. Les "belles âmes" n'y sont pas toujours limpides ! Heureusement, les chevaux aux yeux fous, les aubes en forêt, le silence religieux des manèges servent d'antidote aux poisons et aux impostures de la nostalgie.

  • Bratislava

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    J'ai beau me moquer des écrivains qui prétendent avoir été "entraînés par leurs personnages", et autres sornettes, force m'est de reconnaître que certains récits doivent plus à la volonté, et d'autres, à la nécessité. Celui-ci, inclassable, m'a forcé la plume. J'ai essayé de le contourner ; de détourner son contenu vers d'autres textes ; d'en faire un roman, etc. Mais en fin de compte il m'a fallu l'écrire dans la forme qu'il avait prise, d'emblée, dans mes songes. Bratislava évoque, sans suggérer de réponses, les questions que posent l'âge, le passage du temps, la mémoire, l'oubli. Tous les humains en train de vieillir ont ces sujets dans la tête et en connaissent le harcèlement. Certains, comme j'ai d'abord tenté de le faire, veulent en distraire leur attention ; d'autres les affrontent : c'est à eux que ce livre s'adresse. Il existe en littérature des genres, des tons, des styles. Bratislava, dans l'esprit de l'auteur, appartient à la confidence plutôt qu'à la harangue, à la comédie plutôt qu'à la tragédie. Il n'est donc pas interdit de s'y amuser. F.N.

  • Bleu comme la nuit

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Bleu comme la nuit mélange la polémique et la rêverie, les souvenirs et la fiction romanesque, la politique et l'amour. L'auteur y parle à la première personne, et cela semble bien normal lorsqu'on s'adresse à des contemporains. Mais que faut-il en penser quand des personnages imaginaires viennent se mêler à la conversation et au livre ? Ainsi du héros, Saint-Lorges, écrivain " collaborateur " condamné naguère à mort, puis acquitté en révision, et que le narrateur va interviewer pour un magazine parisien dans sa retraite de Suisse. Au passage on reconnaît un visage, un nom, un prénom, parfois des initiales. Mais aussitôt la fiction paraît reprendre ses droits et dessiner, autour du thème central de l'innocence, un contrepoint complexe où les années, les expériences, les personnes s'accumulent. Commencé comme des souvenirs, continué comme un livre politique, Bleu comme la nuit s'achève en histoire d'amour. Entre la première et la dernière ligne une année s'est écoulée, cette trentième année d'une vie d'homme qui appelle bilans et aveu.Personnages et décors envahissent sans cesse cette longue réflexion, écrivains, ex-collaborateurs, Allemands, journalistes, jeunes femmes, vieillards ; Paris, les routes de France et de Suisse, les maisons où l'on cache sa tristesse des villes, lacs et jardins, mais surtout, encore, toujours Paris - ce sont les compagnons et les refuges du narrateur pour ce long voyage : une année, un livre.

  • Une histoire francaise

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    "J'ai tenté, en écrivant Une histoire française, de boucler l'aventure commencée avec Bleu comme la nuit et poursuivie dans Un petit bourgeois. Le premier volume hésitait entre confession et invention ; le second fut agressivement autobiographique. Une histoire française, par pudeur ou par timidité, revient au compromis entre l'artifice romanesque et le pur, le simple aveu." François Nourissier

  • La fete des peres

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Il y a les enfants près desquels on vit et qu'on élève, plus ou moins mal. Il y a ceux dont on s'est détourné, sous prétexte de travail, de divorce ou de confort. Il y a ceux, aussi, pour un homme dont la vie a été passablement désordonnée, qu'il a peut-être procréés, qui grandissent loin de lui et qu'il ne connaîtra jamais. Jamais ? Que se passe-t-il si le destin fait se rencontrer ces humains si proches et si lointains ? Quels ravages va provoquer dans le coeur d'un homme vieillissant, déjà empêtré dans une paternité réelle, cette Bérénice qu'il ne sait pas s'il convoite comme on convoite les trop jeunes femmes ou s'il est bouleversé de découvrir en elle l'enfant à son image - l'enfant qu'il n'a pas eu, qu'il n'aura jamais, et qu'il serait tellement plus facile d'aimer que Lucas, son fils... Un homme, deux jours durant, est déchiré entre passé et présent, responsabilités réelles et engagements chimériques, - entre Lucas et Bérénice. {La Fête des pères} est un "tour de la paternité" en trente-six heures et neuf personnages, le condensé d'un interminable malentendu.

  • Le bar de l'escadrille

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Le Bar de l'Escadrille est le roman d'un métier et d'un homme. L'homme, Jos Fornerod, est éditeur. Il est entré "dans le papier" comme on joue, comme on se bat, comme on rêve. Il y a trouvé la magie brûlante et les chiffres glacés, l'amitié et les rivalités, les petits miracles, les grands échecs, et bientôt les tentations qui découlent de la passion des livres : presse, cinéma, télévision. Il lui semble exercer "le plus beau métier du monde", en tout cas le plus dévorant, qui roule vie privée, amours, secrets, dans l'unique torrent de la vie professionnelle. Si l'action du roman se déroule sur deux années, c'est toute la vie de Fornerod qui est évoquée, des débuts dans un taudis de la rue de la Harpe à ses trente ans de combats, de fêtes, d'amertumes. Chaque personnage prend la parole à son tour et raconte un épisode tel qu'il l'a vécu - cent personnages, au premier rang desquels Jos, sa femme Claude, et une de "ses" romancières, Elisabeth, qui traîne tous les coeurs après soi. Le récit procède par grandes scènes : le tournage d'un film, un enterrement, un complot financier, des monstres sacrés au repos, une tragédie en montagne. Il y est aussi beaucoup question de l'amour d'un homme pour son épouse...

  • Le gardien des ruines

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Le 26 septembre 1981 aurait dû être une journée ordinaire pour le docteur Fargeau si deux événements tout à fait inopinés - l'agression de sa maîtresse, l'accident de sa femme - n'avaient remis en question le sens de son existence. Le récit de cette funeste journée est ponctué par de nombreux retours en arrière qui reconstituent la vie de Fargeau : naissance en 1916, père prof d'histoire, amourettes, études de médecine, drôle de guerre, captivité, retour dans la France occupée, diverses tentations politiques, mariage "bourgeois", vie de médecin généraliste sans grand éclat jusqu'au jour où Fargeau comprend ce qu'il aime vraiment : le passé. Aussi bien le passé national - il est un homme de droite - que le temps qu'il passe sur ses patients. Bientôt, il ne conserve que ses malades les plus âgés et consacre tous ses soins à les aider à vieillir, à la fois confesseur et compagnon d'infortune. Dans ces mêmes années, Fargeau milite dans de chimériques organisations de nostalgie et de colère : les "Cercles Chateaubriand", une radio libre très "engagée" à droite, etc. Veuf, il se rapprochera de son fils unique, traîne-patins dans le Sud-Ouest, et ira finir doucement ses jours dans une institution de vieillards - bien sûr - appelée l'Ancienne Charité de Maussade où il "donnera des coups de main", bavardera, éructera, ricanera de la décadence du monde. Un roman sur l'âge, une fresque qui fait une large place à la bourgeoisie d'avant-guerre, aux Oflags et Stalags, à la fin de l'Occupation, à la France de la Libération et de l'épuration à "l'esprit de droite", toujours inscrits dans des lieux : le XVIIe arrondissement de Paris, La Muette, Auteuil, la Normandie "profonde", la région des Causses et de Cordes, Albi...

  • La crève

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Veut-on savoir ce dont il est question dans ce livre ? L'auteur s'est permis d'emprunter quelques lignes à Aurélien, qui est une admirable histoire d'amour, afin de les placer en épigraphe de son livre.

  • Que seraient-ils devenus ? barrès

    François Nourissier

    • Editions prisma
    • 11 Février 2016

    Barrès...Et s'il avait vécu plus longtemps, que serait-il devenu ?
    François Nourissier imagine et raconte ce qu'aurait été le destin de cette figure de la littérature française... Dans une uchronie pleine d'humour, il laisse libre cours à sa fantaisie.
    François Nourissier - Barrès
    Dans cette nouvelle, François Nourissier s'amuse à imaginer un Barrès silencieux en juin 40, furieux après Montoire et déporté avec Léon Blum.
    Découvrez également d'autres nouvelles :
    Jean Dutourd - Rimbaud
    Maurice Druon- Giraudoux
    Jean d'Ormesson - Proust
    Jean-Marie Rouart - Maupassant
    Bernard-Henri Lévy - Gary
    Marc Lambron - Drieu La Rochelle
    Patrick Besson - Nimier
    Gonzague Saint Bris - Balzac

  • Les orphelins d'Auteuil

    François Nourissier

    • Pocket (réédition numérique fenixx)
    • 18 Septembre 2019

    Sous ce titre ambigu, voici une histoire d'amour. Sous des airs de se fuir, de se jouer l'un de l'autre, les héros de cette histoire souffrent d'un vieux mal : ils sont seuls et ne se rejoindront pas. A la première page du récit Laurence et Roland se quittent ; à la troisième ils se retrouvent et ne résistent pas à la tentation de risquer une nouvelle fois leur chance. L'ennemi les guette : le temps, la fierté, l'ennui, le souci obstiné de faire bonne figure. Des rues de Paris aux routes italiennes, ce voyage est une course amère au bonheur. A la lecture de ce roman, un des premiers de l'auteur, on découvre déjà l'immense talent de l'écrivain, membre de l'Académie Goncourt, critique littéraire, essayiste.

  • Lettre ouverte a jacques chirac

    François Nourissier

    • Albin michel
    • 1 Février 2017

    Pourquoi écrire à Jacques Chirac ?
    Parce que son aventure, depuis sa démission de l?été dernier, est excitante et excite en effet les passions. Parce que je trouve plus honnête de débroussailler mes opinions en cent pages que de signer des manifestes que je n?ai pas écrits moi-même. Parce que je me range dans une famille et je professe des idées qu?il n?est pas très bien vu d?expliquer ni de défendre. Parce que les écrivains et « artistes » pullulent à gauche alors que leurs rangs sont clairsemés dans la Majorité, et que ce phénomène mérite attention et loyauté. Parce que je ne suis jamais très satisfait de la façon dont on parle en France des gaullistes, des communistes, de M. Mitterrand, et que le député de la Corrèze m?a paru être un bon interlocuteur à qui exposer mes points de vue. Parce qu?il est bon qu?un romancier fasse parfois une incursion dans ce drôle de roman quotidien qu?est la politique politicienne. Parce que nous nous préparons à des élections dont ? les partis en présence sont d?accord là-dessus ? notre sort dépendra pour un bon bout de temps. Parce qu?il est sain, dans ces conditions-là, de dire clairement où l?on se situe afin de pouvoir considérer demain d?un oeil assez gai les retournements de veste auxquels, le cas échéant, on assisterait. Parce que M. Chirac m?amuse, qu?ecrire m?amuse et que je ne trouve pas ennuyeux de me mêler un peu de ce qui me regarde. F.N.

  • Autos graphie

    François Nourissier

    • Albin michel
    • 1 Juin 2015

    L'homme occidental passe plus de temps en voiture que dans le lit des dames.
    Fort de cette constatation et de cette expérience, j'ai décidé d'explorer la place qu'a prise l'automobile dans nos plaisirs, notre travail, nos glorioles, nos pulsions secrètes, nos rêves. Il m'est arrivé, jadis et naguère, d'analyser la présence des animaux familiers dans ma vie, c'était Lettre à mon chien, ou mes propres souvenirs et colères, dans Un petit bourgeois et Le Musée de l'homme. Ce livre-ci n'est pas de nature si différente, qui passe en revue, aussi gaiement que possible, les divers aspects d'un asservissement adorable. Asservissement ? Nul, ou presque, n'y échappe. Tout humain est, a été ou sera bagnolard. (Ne s'agit-il pas aussi d'une espèce (le bagne ?...)
    Je n'ai rien exclu des flâneries de ce livre. Ni les dream cars, ni la Deuche, ni les malotrus de la vitesse, ni les maniaques de la nénette, ni les dingues de l'accessoire. La boîte automatique, la fameuse manoeuvre pointe-talon (que je confesse n'avoir jamais comprise ni pratiquée...), la suspension molle, le citroënisme, la symbolique virile du levier de vitesse, le vroum-vroum et la conduite coulée, l'auto-strada et l'Autobhan, c'est tout l'univers fantasmatique de l'automobile qu'Autos Graphie évoque - sans oublier, ici et là, l'amour, l'âge et la mort, qu'on ne saurait éloigner longtemps d'un tel sujet, parût-il frivole.
    Peut-on se réclamer à la fois de Paul Morand et de Roland Barthes, de L'Homme pressé et des Mythologies ? Je le crois, et j'espère prouver ici que la pratique opiniâtre et voluptueuse de la conduite automobile peut tenir lieu de sensualité, de psychanalyse et de recherche du temps perdu.

  • « La carte du Tendre est couverte de notes contradictoires, de graffitis sensuels, de dates à demi effacées. On y devine des raccourcis, des voyageurs égarés. Tout cela usé jusqu’à la trame, parfums évaporés. Pourtant notre littérature, depuis huit siècles, n’a jamais cessé de déferler sur cette terre d’invasions et de délices. Quarante-cinq façons d’aimer (ou de haïr) sont peintes ici. Mon étonnement a été de prendre tant de plaisir à cet itinéraire inattendu : une vraie course de lièvre, brisée de crochets, de détours, d’accélérations, de reprises de souffle. On dit « le combat amoureux ». Si combat il y a, qui en sort vainqueur ? Pour moi, et de façon éclatante : la langue française. » François Nourissier de l’Académie Goncourt Sensuelles ou friponnes, érotiques ou libertines, lascives ou voluptueuses, quelque 150 reproductions d’œuvres des grands maîtres du dessin ou de la gravure illustrent cet album qui, de Baudelaire à Colette, de Casanova à Proust, réunit quelques-unes des plus belles pages amoureuses de la littérature française.
    François Nourissier, président de l’Académie Goncourt et critique littéraire, a publié de nombreux romans d’ores et déjà devenus des classiques, parmi lesquels : Une histoire française (Grand Prix du Roman de l’Académie française), La Crève (prix Femina), Le Gardien des ruines et, en 1996, Roman volé. Il est également l’auteur de textes autobiographiques, de libellés et d’albums.

  • Le corps de Diane

    François Nourissier

    • Pocket (réédition numérique fenixx)
    • 18 Septembre 2019

    L'obsession de Gilles, son poison, sa machine infernale, sa torture : c'est la jalousie. Il aime Diane, mais il suppose, soupçonne, devine que le passé de Diane n'a pas été simple. Elle a eu des amants, comme tout le monde, mais aussi, dit-on, une affection très « particulière » pour une jeune fille. Ce passé, Gilles va l'explorer, l'interpréter à sa façon, jusqu'à tuer son amour. Amour des corps, égarements possibles du coeur et des sens : ce roman de forme classique pousse l'audace assez loin. Mais une écriture précieuse, brillante, permet au romancier d'éviter les écueils d'un sujet scabreux. Ce « portrait d'une inconnue » est aussi une histoire d'amour - et l'analyse impitoyable de quelques maladies de l'amour. A la lecture de ce roman, un des premiers de l'auteur, on découvre déjà l'immense talent de l'écrivain. Membre de l'Académie Goncourt, critique littéraire, essayiste, François Nourissier est devenu un des grands romanciers français contemporains.

  • Portrait d'un indifferent

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    "Traité de muscadin par le Président des pères de famille-journalistes du M.R.P., d'imposteur par Roger Stéphane, de larve marxisante par Albert Paraz et de dandy par des libraires à nuque épaisse, le méchant, l'insolent, le rouge, le blanc, le maladroit Bertrand Seigneur décida qu'il était temps de s'intéresser à l'opinion d'autrui." François Nourissier

  • Neuf histoires francaises

    François Nourissier

    • Grasset
    • 12 Mars 2003

    « Les romans écartés de ce volume sont coupables, à mes yeux de 2002, d'excès de psychologisme. Jalousie rétrospective, dépression, mal à vivre, mythomanie et affabulation, - malaise tous azimuths. Je lui préfère des images véridiques de la société française que j'ai connue, détestée, aimée, en tout cas passionnément explorée. Moins d'états d'âme et davantage d'Histoire !
    Ces neuf histoires françaises sont arrachées au confort du roman d'analyse, dit aussi « à la française », qui tenta ma jeunesse.
    Allez, secoue toi, Nourissier ! Réponds à la question posée. Neuf illustrations du « cent fois sur le métier », ça doit bien te faire quelque chose, une pointe d'étonnement, une caresse de vanité ? Ou au contraire l'allergie, les démangeaisons, plaques rouges, incompatibilités... Le guignon ? La tentation du déni de paternité ? Tu as aimé ça ou non ?
    - Jamais personne ne répond à cette question-là ?
    - Raison de plus, essaie ! Horreur ou divine surprise ?
    - Eh bien, coco, j'ai assez aimé ça. J'ai aimé la cohérence entre les formes successives du même propos ; de 1958 à 1997, pendant quarante ans, j'avance sur la route choisie. Des « progrès » ?
    J'espère ne pas me rendre ridicule en avouant l'espèce d'amitié que j'ai découverte et qui circule entre mes livres et moi. Ce sera mon dernier mot : amitié. Moi qui ai tant répété qu'il ne fallait pas aimer ses personnages, ni trop s'aimer soi-même, j'ai bonne mine ! »
    F.N.

  • Allemande

    François Nourissier

    • Grasset
    • 1 Avril 2014

    Paris, 1943-1944Quelques adolescents traversent les années réputées les plus lumineuses de leur existence, qui se trouvent être aussi, pour leur pays, les plus sombres. À quoi ressembla cet apprentissage bousculé, cet âge de désir, de révolte et de feu vécu dans l'étouffoir de la fin de l'occupation ? Le bachot ou le maquis ? Les filles ou l'héroïsme ? Le renoncement à vivre ou la rage de vivre ?Au vrai, pour Lucien, Noëlle, Luc, Bertrand, Colette, la question se posait à peine. Ils ont l'âge - 16, 17 ans - où l'on s'asseoit entre deux chaises, où l'on passe " à côté de tout ". Ils savent bien qu'ils traversent une période d'exception, de haine, et ils devinent qu'un jour on la racontera avec des trémolos flatteurs. Ils sentent qu'il suffirait d'un jeu du hasard, d'un peu d'audace, pour que bascule leur destin. Mais, pour eux, la noirceur du temps n'est que grisaille. Les courages dont on fera bientôt, un peu abusivement, la seule et commode histoire de leur pays ces années-là, ils passent près d'eux sans les voir. Ou presque. Il y a d'un côté la bouffe, le marché noir, les combines, le ressassement malhabile des misères et des espérances. Et de l'autre, la vie. Leur vie. Leur vie envers et contre tout - c'est-à-dire les livres et les concerts, les balades à vélo dans la ville déserte, l'envie de cogner aux murs de la prison. Et les filles pour les garçons. Et les garçons pour les filles...À quoi ressemblait l'amour des adolescents, il y a soixante ans - il y a mille ans ? Quand aller jusqu'à Bièvres était une aventure. Quand une chambre à air de bicyclette qui refusait sa douzième rustine vous condamnait à la solitude. Quand on disait encore " vous " à ses parents. Quand on avait oublié le go-t de la mer et celui des oranges.Pas de grands sentiments dans cette histoire, ni de drapés avantageux. Seulement les mots et les gestes quotidiens des gosses d'alors, leurs passions, leurs minuscules blessures. Celles dont on leur dit : " Tu riras de ça dans vingt ans ". Et l'on se trompe, bien entendu.J'ai raconté tout cela aujourd'hui parce que, aujourd'hui, les enfants de 1944 sont devenus des quadragénaires assis au volant de l'opulence, des gagne-gros, des réalistes dans lesquels je n'arrive pas à me reconnaître. Il est vrai que j'atteins l'âge où l'on déteste les miroirs.

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