François Reynaert

  • Lorsque l'on évoque l'histoire des Grandes Découvertes, les noms de Colomb, de Cortés ou de Moctezuma nous viennent à l'esprit. Si l'on aborde l'Amérique latine, la liste s'allonge : Bolívar, Perón, Zapata, Fidel Castro, Pinochet ou Hugo Chávez. N'aurait-on pas plaisir à voir toutes ces personnalités replacées dans leur contexte ?
    Tant de films, de séries, de romans nous ont raconté la révolution américaine, la guerre de Sécession, les cow-boys et les Indiens ou les luttes de Martin Luther King que l'on croit tout savoir de l'histoire des États-Unis. Est-on sûr d'en comprendre précisément les ressorts ?
    À l'inverse, la connaissance générale que l'on a de l'histoire de l'Océanie se résume à fort peu : des vahinés et des cocotiers. Quel dommage ! Depuis l'aventure du peuplement de cet immense espace par des populations en pirogue jusqu'aux grandes batailles qui s'y sont déroulées au xxe siècle, elle est pourtant d'une richesse inouïe.
     
    François Reynaert nous emmène dans ce que les Européens, en les découvrant, ont vu comme
    des « Nouveaux Mondes » : l'Amérique et l'Océanie. Avec le talent de conteur qui a fait le succès de ses précédents livres, il nous offre une synthèse claire et accessible de plusieurs millénaires d'histoire. Il nous fait voyager des grands empires précolombiens à l'Amérique de Trump, des premiers Polynésiens au Pacifique du xxie siècle.

  • Des grands empires de l'Antiquité à la chute de l'URSS, de l'Europe de Charlemagne au Japon du xixe siècle, de l'Asie des Mongols à l'Afrique de la décolonisation, cet ouvrage nous convie à un voyage extraordinaire au fil des siècles. Procédant par étapes chronologiques, il suit l'évolution des grandes civilisations les unes par rapport aux autres. Il réussit en même temps à nous faire comprendre la façon dont chaque peuple considère son passé.   Nous avons tous en tête aujourd'hui l'importance nouvelle de la Chine, de l'Iran, de l'Inde. Nous percevons le rôle essentiel que vont jouer l'Afrique et l'Amérique latine. Nous voyons à quelle vitesse la montée de nouvelles puissances reconfigure le monde. C'est pourquoi il paraît urgent de mieux connaître son histoire. Journaliste et écrivain, auteur notamment du succès Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises (Fayard, 2010), François Reynaert est passionné d'histoire. Il a étudié les oeuvres des meilleurs spécialistes et voyagé à travers les continents pour rédiger cet ouvrage dont le but est double. Offrir une synthèse simple et claire des cinquante siècles qui nous précèdent et donner au lecteur une vision globale du monde qui nous entoure.

    1 autre édition :

  • Écrivain et journaliste, fou d´histoire depuis toujours, lecteur passionné de tous les grands historiens, François Reynaert souhaitait en découdre avec les clichés nationalistes. La répétition ad nauseam des truismes patriotards relayés par des essayistes réactionnaires commençaient à lui porter sur les nerfs. Aujourd´hui, il passe à la contre-offensive. Non pas avec un essai distancié, ni un bêtisier, mais avec une véritable Histoire de France. - Une Histoire de France complète et très accessible qui suit l´ordonnancement traditionnel (les Gaulois, les Francs, le Moyen Âge...) et répond aux questions simples : Que faut-il retenir de telle période, de tel roi ? Que se passe-t-il en Europe au même moment ? Elle est enrichie de cartes et de repères chronologiques. - Une Histoire de France décapante et pleine de surprises. La mythologie nationale est relue à la lueur du travail des plus grands historiens. Les guerres, les conquêtes, les héros obligés, Vercingétorix, Jeanne d´Arc ou Napoléon... rien ni personne n´est oublié, mais tout est revu et corrigé. - Une Histoire de France pour le XXIème siècle. Généreuse, citoyenne, européenne, donnant sa juste place au rôle des femmes et des minorités ; elle est adaptée à notre temps. Pour tordre le coup à une mythologie parfois encombrante, mais surtout pour aiguiser notre esprit critique.

  • Les saints sont partout : dans les noms de village, les
    stations de métro, les calendriers, les proverbes et même
    les noms de fromage. Était-il raisonnable d'en laisser
    l'étude à la seule austérité des théologiens ?
    Voici la première « Vie des saints » entièrement
    profane. Ce livre nous emmène, en cinquante portraits et
    deux mille ans d'histoire, dans un voyage extraordinaire
    à travers les peuples et les époques, depuis les déserts
    d'Égypte où saint Antoine inventa le monarchisme,
    jusqu'aux délires mystiques de Padre Pio. Il nous fait
    croiser des inconnus célèbres, des gloires dont nous
    ignorons tout, des dragons terrifiants et des jeunes
    vierges plus redoutables encore.
    Au passage, La Planète des saints aborde les grandes
    questions qui travaillent la religion : à quoi sert un
    martyr ? Qu'est-ce qu'une hérésie ? Qu'est-ce qu'un
    miracle ? Comment, de siècle en siècle, et au prix de
    guerres incroyables, s'est forgé le dogme catholique ?
    Un ouvrage érudit, instructif et diablement drôle.

  • Notre histoire est européenne  S'arrêter face au trône de Charlemagne, dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, pour rêver d'un empire qui fonda l'Europe. Se promener dans les rues de Nuremberg, de Bruges, de Gênes pour raconter la résurrection des villes et l'invention de l'économie, au Moyen Âge. Arpenter les falaises de Sagres, au sud du Portugal, pour imaginer le prince Henri le Navigateur guettant à l'horizon le retour des caravelles. Retrouver, en Pologne, le chanoine Copernic, qui chamboula notre rapport à l'univers. Chercher, dans les couloirs de Westminster, l'âme du parlementarisme et dans la salle du Jeu de Paume à Versailles celle de la Révolution française. Profiter d'une promenade d'un bout du continent à l'autre, pour explorer son passé.
    En ce début de XXIe  siècle, les passions nationales flambent de nouveau. Nombre d'Européens n'imaginent plus l'avenir que dans le repli alors que notre histoire est indissociable de celle du continent. Un Espagnol et un Polonais, un Allemand et un Français ont en commun le Moyen Âge et ses châteaux, la Renaissance, les Lumières, les bouleversements consécutifs à la Révolution française, la révolution industrielle, les deux guerres mondiales. C'est une évidence, et elle est oubliée. Le but de cette promenade est de lui redonner force et vie.
     
     
    François Reynaert est journaliste et écrivain. Le premier livre d'histoire qu'il a publié,  Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises  (2010), est devenu un best-seller. Avec  La Grande Histoire du monde arabe  (2013), puis  La Grande Histoire du monde  (2016, prix des lecteurs Essais 2018 du Livre de Poche), l'auteur continue d'inciter le lecteur à changer de regard sur le passé.

  • Historama

    Francois Reynaert

    Les relations tendues entre les États-Unis et la Russie signent-elles le retour de la guerre froide ? Quelles sont les racines de la guerre en Syrie ? Quand a-t-on inventé le poste de président de la République ? En quarante textes, François Reynaert jette des ponts entre le passé et le présent pour expliquer l'actualité par l'Histoire.
    Grâce à son art de la synthèse, son sens de la pédagogie, l'originalité de ses points de vue et la diversité de ses sujets - de l'histoire millénaire de Mossoul à une brève histoire du poil en politique -, François Reynaert donne à l'actualité la profondeur de champ qui lui manque trop souvent. Historama nous entraîne dans un voyage distrayant, stimulant et passionnant.

  • Basile Polson fait son coming out. François Reynaert nous fait rire0300Lors d´une conférence de rédaction du magazine «Le Journal», on confie à Basile Polson (le héros de «Nos amis les journalistes») le dossier sur la «nouvelle vague homo». Pourquoi lui ? Horreur, panique... Vingt ans de honte plus ou moins refoulée, de mal-être, remontent à la surface. Cette petite catastrophe va l´amener à: 1° faire son coming out; 2° rencontrer l´amour de sa vie; 3° porter un regard neuf sur la vie de couple: celles des homos et celle des hétéros...Alors qu´il commence à vivre avec son ami Victor à l´âge où les couples un peu anciens commencent déjà à battre de l´aile (autour de quarante ans), Basile observe autour de lui ses amis hétéros (tout particulièrement les Parfay, Guillaume et Anne-Rose) se déchirer, perdre pied et s´enferrer dans leurs «de toute façon les nanas c´est comme ci...» ou «les mecs c´est toujours comme ça...».À travers les tribulations drôles et touchantes de Basile Polson, François Reynaert bat en brèche tous les clichés sur le couple et s´interroge sur le masculin et le féminin.

  • De l´Orient, la plupart d´entre nous n´ont que des connaissances encombrées par quelques clichés : les Mille et Une nuits ; l´Andalousie et ses jardins parfumés ; les turbans et les odalisques des toiles du XIXe siècle. Qui sait l'importance réelle qu'ont eue dans l'histoire du monde Bagdad, capitale abbasside, avec son million d'habitants en l'an 800, ou les conquérants mongols, qui au XIIIe siècle ont mis à bas l'empire arabe et recomposé l'ensemble de l'Asie? Dans son nouveau livre, François Reynaert, avec la pédagogie et le sens du récit qui ont fait le succès de Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises, nous raconte la passionnante histoire de la Méditerranée. Il a lu et relu tous les grands spécialistes de chacune des périodes et des pays concernés pour nous donner une synthèse vivante des vingt-cinq siècles d´histoire qui vont de l´Antiquité hellénistique aux printemps arabes. Grâce à lui s´éclairent sous un jour nouveau tant d´éléments de l´actualité qui nous paraissent complexes: on comprend les racines lointaines des guerres entre chiites et sunnites qui déchirent la Syrie ; l´importance historique de l´Égypte dans le monde arabe ; le rêve de puissance du Premier ministre turc... On découvre enfin qu´au XXIe siècle les Européens doivent envisager l´Histoire autrement pour comprendre le monde, et que cette démarche est captivante.

  • Voyage en Europe

    François Reynaert

    • Audiolib
    • 28 Octobre 2020

    Notre histoire est européenne
     
    S’arrêter face au trône de Charlemagne, dans la cathédrale d’Aix-la-Chapelle, pour rêver d’un empire qui fonda l’Europe. Se promener dans les rues de Nuremberg, de Bruges, de Gênes pour raconter la résurrection des villes et l’invention de l’économie, au Moyen Âge. Arpenter les falaises de Sagres, dans le sud du Portugal, pour imaginer le prince Henri le Navigateur guettant à l’horizon le retour des caravelles. Retrouver, en Pologne, le chanoine Copernic, qui chamboula notre rapport à l’univers. Chercher, dans les couloirs de Westminster, l’âme du parlementarisme et dans la salle du Jeu de Paume à Versailles celle de la Révolution française. Profiter d’une promenade d’un bout du continent à l’autre, pour explorer son passé.
    /> En ce début de XXIe siècle, les passions nationales flambent de nouveau. Nombre d’Européens n’imaginent plus l’avenir que dans le repli alors que notre histoire est indissociable de celle du continent.
    Un Espagnol et un Polonais, un Allemand et un Français ont en commun le Moyen Âge et ses châteaux, la Renaissance, les Lumières, les bouleversements consécutifs à la Révolution française, la révolution industrielle, les deux guerres mondiales. C’est une évidence, et elle est oubliée. Le but de cette promenade est de lui redonner force et vie.
     
    Le ton vif et enlevé de l’auteur et la chronologie limpide en font un ouvrage plaisant et accessible à tous.
    © Librairie Arthème Fayard, 2019
    et (P) Audiolib, 2020
    Durée : 10h49

  • "En trente, en quarante ans, notre vie quotidienne a été bouleversée d'une façon incroyable, et dans tous les domaines. Y avez-vous vraiment prêté attention ? Tiens ! un exemple parmi cent. Vous ne devinerez jamais l'étrange découverte que je fis l'autre jour au petit matin, dans mon quartier. Je me rendis compte de cette chose épatante et hallucinante à la fois : mon boucher vient à son travail en rollers ! Il y a trente ou quarante ans, le boucher, statue antique en blouse rougie (avec le crayon derrière l'oreille), semblait appartenir à une catégorie de figures immuables. Il nous semblait devoir toujours rester tel qu'il nous apparaissait : un homme-tronc coincé à jamais entre son billot, sa machine à jambon et sa femme, assise derrière la caisse "et sept qui font dououououze..., c'est moi qui vous remerciiiie". Et soudain, parce qu'on la voyait sous un autre angle, l'antique statue se métamorphosait en un mercure aux pieds ailés, vif comme le progrès, léger comme les temps nouveaux. Même les bouchers font du patin : c'était la preuve vivante que la vieille société figée de notre enfance cédait enfin la place à un monde monté sur roulettes, glissant vers un avenir qui, décidément, ne cesse de nous étonner."Dans ce texte inédit, François Reynaert, avec le ton si particulier qui fait le succès de ses chroniques dans Le Nouvel Observateur, pose son regard amusé et caustique sur les petits et grands changements de notre société. Mine de rien, et plus efficacement peut-être que bien des thèses de sociologie, il sait comme pesonne analyser notre vie quotidienne, tout en nous faisant rire. Avec Nos années vaches folles, il nous offre de nous retourner une dernière fois sur cette fin de siècle, dans un bilan désopilant où chacun se retrouvera.

  • Une satire hilarante des moeurs journalistiques0300Chaque semaine, dans ses désopilantes chroniques du « Nouvel Observateur », François Reynaert fait rire ses lecteurs en se moquant du monde entier. Avec « Nos amis les journalistes », il a décidé de tourner le pistolet à eau vers lui-même...Axel Bahu, tumultueux rédacteur en chef, a trouvé pour sa prochaine « cover » l´idée de génie qui lui permettra de répondre aux attentes des lecteurs fatigués des médias : un numéro spécial consacré aux non-événements. Basile Polson, critique télé pigiste à l´essai, est alors envoyé pour son tout premier reportage, avec la fougueuse Marie-Béné Nénard et Fleuray, le chef du service Étranger, sur les routes du Tourdistan, petite république d´Asie centrale, perdue entre l´Iran et la Russie, riche d´une qualité qu´on lui prête imprudemment : il ne s´y passe jamais rien...François Reynaert signe ici un premier roman voltairien, incisif, ou la fausse candeur le dispute à la légèreté du trait.0400«On l´a compris, il y a, dans notre petit monde à nous autres, de la Presse, de la splendeur, et bien des misères aussi. Et entre les deux, il y a les travaux et les jours, ce train-train bercé du murmure de l´actualité qui défile, l´angoisse du papier à rendre, le drame du bureau à déménager, le nouveau chef, les jeunes stagiaires, les pauses à la machine à café, le pot de cinq heures chez Régine, au cinquième. Oui, entre les deux, il y a la vie. Et quel lecteur de journal en est clairement conscient? Ne croyez pas cette remarque absurde, je me suis rendu compte de son étrange vérité, il y a quelques temps maintenant, lors d´un échange épistolaire avec un des abonnés du magazine pour lequel je travaillais. Il m´avait écrit une lettre exaspérée, bouillonnante, furieuse, de l´apostrophe («espèce de buse») jusqu´à la signature («et avec ça ne croyez pas que je vous salue, minable!») comme font les lecteurs de journaux, parfois, lorsque les limites de ce que, selon eux, une société civilisée peut tolérer sont franchies, lorsque les bornes de l´indignité médiatique sont largement dépassées. Je n´en disconviens pas, j´étais allé très loin. L´article ? et pourquoi m´avait-on demandé d´écrire sur un sujet pareil? ? portait sur l´application des réformes de l´enseignement secondaire en Eure-et-Loir dans les années 80, et de fait, j´avais frôlé l´ignominie: non seulement je m´étais trompé sur le nom d´un des secrétaires généraux de la Fen de l´époque, mais dès la deuxième ligne, j´avais, dans un navrant moment d´égarement, collé un subjonctif derrière la conjonction «après que». Bien sûr, quant au fond, le lecteur avait raison. Je le lui écrivis, comme il se doit, en lui demandant plus bas que terre d´accepter mes plus plates excuses. Quel sombre accès de mélancolie saisit alors mon cerveau malade, de quel repli de mon âme inquiète jaillit soudain cette idée saugrenue? Il me semblait qu´il manquait à ma lettre une phrase. Je l´ajoutai: «mais pourquoi m´avez-vous dit toutça si méchamment. Ça m´a fait beaucoup de peine, vous savez». La réponse ne tarda pas. Huit pages. Huit pages confondues, tétanisées, bouleversées, mouillées des sanglots du repentir! Quelle horreur, «beaucoup de peine»! C´était absurde! c´était idiot! c´était affreux! Il ne le voulait pas! Le malheureux, plus bourrelé de remords, soudain, que la pauvre Lady Macbeth devant ses mains tachées de sang, ne savait plus quel parfum de l´Arabie agiter sous mes narines pour effacer son offense, m´inviter au restaurant, m´offrir des vacances chez lui, reprendre un abonnement à mon journal ? même le pire ne le faisait plus reculer. Et surtout, emporté par les débordements de son coeur généreux, il me faisait cadeau, au détour d´un paragraphe, de cette phrase sublime qui est restée gravée dans ma mémoire: «Je voulais juste corriger un article idiot, je n´aurais jamais pensé que quelqu´un l´avait écrit.» Eh oui! «Quelqu´un l´avait écrit.» Lecteur désormais mon ami, vous aviez découvert cette loi biologique mystérieuse : dessous les lignes qui vous exaspèrent et que vous parcourez chaque jour pourtant, dan

  • Petit traité de « cafardologie »0500 Vous me suivez ? Voilà le livre. Il est dédié au chien qui boite, au vieux sparadrap qui flotte sur une eau sale, aux zones pavillonnaires un après-midi de semaine, aux dimanches en général, à tout ce qui, de façon universelle et assurée, nous colle le bourdon. Le terrain vague est son champ d´investigation, l´hectare de betteraves où tombe la brume par un matin de novembre, son horizon. Curieusement, peu d´autres l´ont exploré avant nous. C´est curieux, mais c´est ainsi. Baudelaire ou Nerval sont les princes de la mélancolie, ce soleil noir. Le tragique a ses empereurs, le comique ses rois, ses ducs, ses bouffons. Le Rire de Bergson est d´un ennui qui rend sinistre, nous en serons d´accord, mais il ne traite pas directement de notre sujet. Ne parlons pas des bibliothèques entières de livres visant à cerner, à comprendre, à guérir la dépression, ce mal de notre siècle et de tant d´autres. C´est à y plonger soi-même. Et, sur le cafard, rien, ou si peu, on croirait que d´y toucher répugne, comme si l´on avait peur, par contagion, de se plomber le moral.
    L´entreprise, c´est vrai, n´est pas si aisée. D´abord, contrairement aux grandes expressions du coeur ou de l´esprit que sont la tristesse ou l´humour, le cafard est un petit sentiment fugace qu´une seule apparition suffit à faire naître, que sa disparition sitôt éloigne. Dès que votre chien boiteux a tourné le coin de la rue, y pensez-vous encore ? Le cafard est une sorte de frère inversé du fou rire, comme lui il est un surgissement venu des profondeurs de l´inconscient, comme lui il s´évapore subitement. Le fou rire, par parenthèse, voilà encore un sujet qui mériterait une étude. Pour le coup je la laisse à d´autres : rien n´est plus déprimant que d´essayer de le raconter. Et puis ce sujet peut sembler trop subjectif pour être circonscrit en un traité. Nous avons tous nos propres petites madeleines pourries, ces biscuits qu´il suffit de porter à nos lèvres pour en faire émerger des continents amers qui ne sont qu´à nous. Plus haut, pour appuyer mon propos, j´ai cité les zones pavillonnaires en semaine, les champs de betteraves en novembre. Ce sont peut-être les moments où les gens qui les habitent, les paysans qui les cultivent les préfèrent ? Et ces mêmes individus, voyant la maisonnette où j´écris ces lignes, visitant la région où elle se trouve, se diront peut-être : le pauvre, vivre dans une vieillerie pareille dans un coin où il fait beau deux jours par décennie, ça me foutrait un coup au moral !
    Si les lignes qui suivent vous plaisent, vous verrez, sans doute jouerez-vous en famille, ou avec vos amis, à tester vos sensibilités cafardeuses particulières. Vous pouvez même organiser des matchs. Il existe, pour notre sujet, le même genre d´opposition radicale que dans tous les domaines. Ailleurs, on joue Debussy contre Ravel, Corneille contre Racine ou, dans un genre différent, Diana contre Camilla. Et vous, qu´est-ce qui vous fout le plus le bourdon ? La galerie commerciale en partie désaffectée d´un hypermarché vieillissant, avec ses Caddies dont il manque des roues et ses sacs en plastique qui volent dans les courants d´air, ou la petite épicerie de village avec boîtes de conserve rouillées et la vieille pub pour le Fanta qui se décolle derrière une épicière en tablier, elle-même hors d´âge ? Qu´est-ce qui vous abat le plus sûrement ? Disneyland, cette rouerie mondialisée, où tout est calculé, le temps d´attente moyen à chaque queue et le prix de chaque brisure de noix de macadamia qu´on met sur les glaces, ou la magnifique collection d´araires d´un musée des Arts et Traditions agricoles de nos villages ?
    Il y a du subjectif dans mon sujet. Je n´ai pas cherché, dans les pages qui suivent, à le gommer tout à fait. Comment eussé-je pu ? Sur quelle base ? Vous me voyez commander à grands frais des sondages sur la question pour être sûr de ne tomber que sur les goûts, ou plutôt les dégoûts d´une majorité ? Pour le coup, ce serait d´une tristesse ! Mais aussi, et c´est cela qui me passionne, il y a de l´universel. Quoi de plus uniform

  • Rappelle-toi

    François Reynaert

    Il a beau creuser sa mémoire, il est convaincu de ne jamais avoir rencontré ce personnage insistant. Basile oublie rapidement l´invitation. Mais peut-être y a-t-il d´autres fantômes qui rôdent autour de ce lieu et de cette époque et qu´il ne voudrait pas regarder en face... C´est le hasard qui va se charger de l´amener à participer, malgré lui, au fameux week-end, à revenir sur les lieux de ses vacances en Bretagne, à revoir ses amis d´alors. Et l´un d´eux en particulier ? auquel le lient de brûlants souvenirs.
    On l´avait découvert dansNos amis les journalistes, satire du monde de la presse, appris à mieux le connaître dansNos amis les hétéros, où il faisait son « coming out ». On retrouve le héros de François Reynaert, Basile Polson, dans ce troisième roman à la tonalité plus sensible que celle des précédents, et même mélancolique.
    Évocation subtile d´une époque, roman à intrigue,Rappelle-toiest aussi l´histoire émouvante d´une passion amoureuse qui ne veut pas s´éteindre.

  • Ah ! les « vraies valeurs », le culte des top models, le goût pour le terroir, le maurrassisme de fond de casserole qui sert d'idéologie à l'époque, le retour aux années 70 des pantalons trompette de Mlle Paradis, le dynamisme somnifère d'Edouard Balladur...
    Hier encore, nous nous plaisions à nous moquer des années 80, de ses golden boys en plaqué or, de son ultralibéralisme en toc, de son culte tapageur de la frime et du fun. Et déjà, pourtant, ce sont les années 90 que l4on devrait passer à la trappe.
    On rêvait, jadis, d'un an 2000 qui fut « moderne » comme une fusée et amusant comme un week-end sur Mars. Voilà que nous portons ce siècle au tombeau avec la décennie la plus réactionnaire, la plus passéiste et la plus engourdie que nous ayons connue. Cette fin de siècle, décidément, est sinistre. N'est-ce pas la meilleure des raisons pour la passer tout entière au grand hachoir de l'ironie ?

  • « Qu'est-ce que l'air du temps, me demanderez-vous ? Si je le savais ! Cela m'éviterait de cauchemarder toutes les semaines pour être sûr de trouver le sujet du moment. C'est que l'air du temps, c'est n'importe quoi, le succès d'un film, un slogan pour vendre des camemberts, un petit mot de M. Juppé, ou, dans un genre très différent, une nouvelle coupe de cheveux de la princesse Diana (les mots de M. Juppé sont rarement gonflés à ce point). C'est un tout qui n'a l'air de rien, qui donne son parfum à l'époque et qui se loge absolument partout. » Dans cette sélection de ses meilleures chroniques parues dans Le Nouvel Observateur, François Reynaert, l'un des meilleurs journalistes d'humeur de la presse française, mélange avec drôlerie l'actualité politique, sociale et culturelle.
    Cet éphéméride décapant des deux années qui viennent de s'écouler forme un miroir éclaté d'une période trop morose pour que l'on se prive du plaisir d'en rire.

  • La politique ennuie. L'économie endort. Dieu seul ressuscite. Trop hâtivement reléguée dans le département des antiquités, la religion revient avec fracas sur la scène publique. L'affaire Scorcese enflamme les cinémas et les foulards de Creil font brûler les passions.
    Cent ans après la séparation de l'Eglise et de l'école, quatre-vingts ans après celle de l'Eglise et de l'Etat, la laïcité est l'ultime débat capable d'agiter les Français.
    Laïcité ! Le mot est en vogue. Il n'en ressemble pas moins à une outre vide. Son histoire, son poids, sa philosophie s'estompent. Cette ignorance peut être dangereuse. Quand l'Islam effraie, quand l'Eglise catholique porte haut la bannière de ses certitudes et ses rêves de nouvelles croisades, une exploration vive, indiscrète et polémique s'impose. Et surtout quand les religions tentent une OPA sur les valeurs, il est urgent de redéfinir une nouvelle morale laïque et républicaine.

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