Françoise Escal

  • L'ouvrage de Françoise ESCAL La musique et le romantisme interroge aussi bien des représentations du musicien romantique, compositeur (Chopin) ou interprète virtuose (Liszt), que des marques et des aspects proprement musicaux : le nocturne, la pièce brève (all. Stück), le recueil (all. Sammlung) ; ou encore un traité d'esthétique musicale fameux en son époque, celui d'Eduard Hanslick.

  • Les essais réunis dans Le compositeur et ses modèles portent sur quelques déterminations de l'écriture musicale et ils constituent de ce point de vue autant de variations sur le thème de « l'auteur ». Ce qui est abordé, ce sont les relations qu'une oeuvre musicale entretient avec d'autres oeuvres qu'elle cite, consciemment ou inconsciemment, et qu'elle transforme ; ce qui est considéré, c'est la citation comme élément constitutif de l'oeuvre, tout texte - littéraire, pictural ou musical - étant un « tissu nouveau de citations révolues ». Sont ainsi analysés : les « parodies » de Bach comme remploi par Bach d'anciennes musiques pour de nouvelles paroles ; les concertos-pastiches de Mozart comme acte d'appropriation du discours musical reçu à l'époque ; les emprunts et « retours à » de Stravinsky (avec notamment une étude de l'opéra The Rake's Progress) ; les métamorphoses, dans la musique contemporaine, des musiques de Bach ou Schoenberg en Pousseur, de celles de Beethoven en Boucourechliev (Ombres) ou Kagel (Ludwig van).

  • La musique est-elle un langage ? En quoi se distingue-t-elle du langage verbal ? Une oeuvre n'est pas un objet clos, fini, indéfiniment interprétée, elle est au contraire une productivité, un lieu de production. L'oeuvre musicale entretient des rapports dialectiques avec l'environnement historique et social dans lequel elle s'inscrit et qui lui donnent une partie de son sens et de sa vie.

  • Cet ouvrage décrit les pratiques et les messages qui accompagnent l'oeuvre musicale, de sa conception puis de sa naissance jusqu'à sa présence sonore et ses avatars ultérieurs. Mots, images, graphismes, sons, lieux, décors interviennent tour à tour, de la partition à l'exécution sonore. Les indications qui décrivent l'oeuvre, les affiches de concert, les annonces, les programmes, voire la présentation orale par le compositeur ou les disques, tous ces signes constituent une zone de transaction entre l'oeuvre et ses destinataires. Ils l'insèrent dans une situation de communication qui influe sur l'acquiescement des récepteurs, qu'ils guident et renforcent. L'ensemble de ces messages constitue, selon Gérard Genette, le paratexte informant et persuadant. Celui-ci plaide pour l'oeuvre et la transmet. Et c'est le paratexte qui, chez Boulez, indique même la nature de l'oeuvre, prolongement et approfondissement d'oeuvres antérieures. Nietzsche signalait le pouvoir et le danger de cette abondance de mots autour de l'oeuvre musicale et, bien avant lui, Carl Philipp Emanuel Bach préconisait le recours aux mots afin d'assurer une meilleure compréhension de la musique.

  • Il s'agit dans cet ouvrage d'interroger ce type de concert qui, dans nos cultures, rapporte des oeuvres musicales entre elles selon une unité empirique de temps, de lieu et d'action ; d'analyser un concert comme on le fait pour une oeuvre ; d'étudier l'ensemble des morceaux, programmés par volonté ou par hasard, dans ses effets esthétiques ; d'évoquer aussi l'histoire du concert depuis le XVIIIè siècle où il s'impose sous la forme actuelle ; d'observer l'évolution des fonctions qu'il assume dans nos sociétés dans leurs implications politiques, philosophiques, etc.

  • Ce livre est une enquête sur l'histoire des femmes musiciennes dans les sociétés européennes, où la carrière des compositrices notamment a été entravée parce qu'elles étaient femmes, et leur production souvent confinée dans des genres mineurs dévolus à leurs sexes.
    La première partie décrit les conditions historiques générales.
    Dans la seconde sont analysés les parcours de Clara Schuman, Fanny Mendelssohn, Alma Mahler-Schindler.

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