Francois Rocher

  • On a souvent souligné l'inséparable lien entre la pensée du sociologue Guy Rocher et l'évolution du Québec. Ces entretiens avec son neveu, le politologue François Rocher, permettent de prendre la mesure de sa contribution. Le lecteur y découvrira un intellectuel de haut niveau qui a manifestement encore des choses à dire et qui, fort de son expérience,continue à porter son regard vers l'avenir et à souhaiter que le Québec devienne une société plus juste et égalitaire. C'est pourquoi il se montre si critique à l'égard du mouvement visant à réduire la place de l'État québécois dans la vie sociale, culturelle et économique, c'est pourquoi il soutient que seul un État fort peut se préoccuper d'équité et de justice, c'est pourquoi il rappelle que la vie sociale est faite de rapports de force et de lutte qui s'expriment par la recherche d'une identité originale nord-américaine, c'est pourquoi il affirme qu'il ne faut pas séparer langue et culture parce que la première est l'expression de la seconde, c'est pourquoi il s'insurge contre l'instrumentalisation de l'éducation et le fait que les transformations récentes dans le système d'enseignement au Québec contribuent plus que jamais à approfondir les rapports inégalitaires et à favoriser un certain élitisme, et c'est pourquoi il demeure attaché au projet d'indépendance nationale même si celui-ci se heurte à l'illusion, fort bien entretenue d'ailleurs, d'une possible réforme du Canada allant dans le sens d'une plus grande autonomie du Québec.

  • En 2016, Relations célèbre son 75e anniversaire ! Pour l'occasion, la revue propose une trilogie avec les trois premiers numéros de l'année, débutant avec le thème « l'amour du monde ». Le combat pour la justice prend appui sur un amour du monde qui embrasse l'amour de la Terre, de la vie, du beau, du juste, mais aussi de ce qui relie entre eux les êtres humains, à travers le désir, l'action collective, l'expression de la liberté, la construction d'un monde commun. Il s'agit du socle fondamental de toute résistance et la créativité y plonge ses racines. Confrontés aux systèmes d'oppression qui détruisent des vies humaines et la cohésion sociale dans de nombreuses régions du monde, les femmes et les plus déshérités ne sont-ils pas au coeur de l'expérience la plus courageuse et la plus mystérieuse de cet amour? Et réussirons-nous à en faire le moteur, à l'échelle planétaire, de la transformation radicale que la crise écologique et climatique nous impose?

  • Politique et Sociétés célèbre en 2017 ses 35 ans d'existence. D'abord parue sous l'appellation Politique en 1982, puis devenue Revue québécoise de science politique en 1993, la fondation de la revue constitue une étape cruciale dans le développement et la consolidation de la science politique québécoise. C'est dans les années 1970 que les départements de science politique (francophones) essaiment dans la province et que les premières générations de chercheurs, de chercheuses, de professeurs et de professeures développent une appartenance disciplinaire qui s'ancre dans la société québécoise. Comme le mentionne le premier directeur de la revue Denis Monière, dans sa présentation du premier numéro, celle-ci répond à des besoins spécifiques : la volonté de créer un espace pour permettre aux politologues québécois de publier leurs travaux en français (une préoccupation toujours d'actualité) ; diffuser la recherche auprès des collègues francophones et des étudiants afin de créer une communauté académique ; engager un dialogue avec les acteurs sociaux et politiques de la société québécoise et ancrer la recherche universitaire dans son temps. Elle se veut donc au départ un outil de diffusion des connaissances et de débat académique pluraliste et accessible permettant de suivre l'évolution de la science politique, ou « un reflet de la science politique telle qu'elle se développe au Québec » (Monière 1982, 6).

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