Frank Kessler

  • Le dossier « Les salles de cinéma. Histoire et géographie », dirigé par Claude Forest, dresse un panorama inédit de l'exploitation cinématographique sur quatre continents. Il s'intéresse à la Chine, qui se démarque par son dynamisme inconnu ailleurs, ainsi qu'à l'Inde, dont la production de films est plus souvent évoquée que la diversité de son parc de salles. Ces situations sont à l'opposé de l'état de délabrement qui caractérise à cet égard le continent africain en sa zone francophone, et dont les causes sont précisément retracées. Ces trois parties les plus peuplées de la planète contrastent avec les pays occidentaux, dont les problématiques divergent. Nommons notamment les tentatives de reconquête des publics en Amérique du Nord par le biais d'innovations technologiques ou l'étude d'une ville allemande qui permet de voir comment, à long terme, le parc de salles peut être adapté aux publics. Le rappel de l'existence, en Europe, d'autres formes et lieux de diffusion incite ensuite à interroger le regard qu'a pu poser une revue cinéphile sur les mutations des salles.

  • Pour son plus récent numéro, la revue Cinémas propose un dossier sur l'éclatement du cinéma, ses formes et la théorie. Le cinéma se disperse sur différents supports, mais il se transforme aussi en autre chose, encore indéterminée. Un travail sur les définitions s'impose. Pour saisir théoriquement certains bouleversements récents en s'appuyant sur des concepts forts qui peuvent nous éclairer, chaque auteur de ce dossier propose une notion clé pour observer tant ce qui demeure du cinéma que ce qui change. Penser l'éclatement, ce n'est pas penser une « essence » (une ontologie), même élastique, du cinéma, mais bien s'intéresser aux lignes de fracture elles-mêmes, aux distinctions et aux articulations conceptuelles qu'elles manifestent. Il s'agit de discerner certains phénomènes contemporains tout en affinant les concepts qui permettent de parler de cinéma, quitte à réexaminer certaines définitions acquises ou « organiques », au sens où elles étaient liées à un état précédent du cinéma. (source : Cinémas)

empty