Gabrielle Mathieu

  • Le vingtième anniversaire de l'Entente franco-québécoise de 1965 a fourni l'occasion au Centre de Coopération Universitaire d'organiser un colloque consacré, en deux phases, à un premier bilan et aux perspectives de cette coopération. Le présent volume, grâce à diverses contributions dont la spontanéité a été, dans le mesure du possible, respectée, permet de se faire une meilleure image de la coopération universitaire franco-québécoise. Le pessimisme qui ressort du rappel historique, comme de certaines interventions, subsiste car la situation reste très incertaine, mais il doit être considérablement nuancé. Les partenaires de la coopération ont su s'adapter à une conjoncture difficile, ils continuent à oeuvrer, par tous les moyens, à la poursuite et au développement d'une coopération exemplaire pour les deux pays. Puissent les conclusions de ce colloque permettre une meilleure perception des problèmes qui subsistent, et servir, peut-être, d'ébauches de solution. Plus généralement ce colloque, bien que consacré à la seule coopération franco-québécoise, pose des questions, présente des situations, envisage des voies d'avenir qui peuvent servir d'exemples pour tout autre cas de coopération universitaire internationale. Au-delà de leur but immédiat, les responsables du présent volume seraient très satisfaits si leurs réflexions pouvaient, ainsi, être plus largement utiles, fournissant une nouvelle preuve des bienfaits de la coopération universitaire.

  • L'appel de textes pour ce numéro misait sur le caractère équivoque de certains termes. Le but était de réunir des contributions qui pourraient déborder les limites floues d'un champ d'étude portant sur la famille et les expériences familiales contemporaines. Reprendre l'idée sociologique classique de vie familiale incite à explorer l'évolution des phénomènes sociaux qui s'y rattachent. Pour dire les choses d'une manière contrastée, les sociologues ont d'abord conçu des types familiaux pour apercevoir, comprendre et prévoir les transformations de la vie de famille dans l'évolution des sociétés occidentales; puis ils se sont progressivement détachés de ce mode de saisie intellectuelle de l'évolution sociale pour souligner davantage la pluralité et le caractère changeant des situations familiales, incompatibles avec l'effort de classification et de prévision des formes de vie de famille. Après un temps de crise opposant les traditions, normes et modèles hérités aux appels à l'émancipation dans l'individualisme, comment la sociographie pourrait-elle renouveler la question générale de la situation et de l'évolution de la vie familiale? Cette question se pose aussi et plus spécifiquement pour la société québécoise dont les familles ont toujours évolué en marge des schémas théoriques importés des métropoles de l'Europe et des États-Unis. Plutôt que de dresser un bilan sommaire des études qui touchent la vie familiale au Québec, cette introduction pointe quelques horizons de recherche où elles pourraient s'engager.

  • L'art doit-il être moral ? Le numéro du printemps de la revue L'Inconvénient s'interroge sur la moralité de l'art à l'ère de ce qu'elle nomme : la censure victimaire, où représentation rime trop souvent dans la tête des gens avec promotion d'idées jugées inacceptables. « La représentation ne suppose pas l'adhésion. Montrer, ce n'est pas approuver ni préconiser. » (extrait de l'introduction). À la suite des affaires SLAV et Kanata, entre autres, le débat - qu'on croyait réglé - a récemment refait surface. L'art doit-il se soumettre à certaines injonctions morales ? Peut-il s'affranchir absolument de ces dernières ? Également au sommaire, un portrait du peintre Mark Stebbins, la quatrième partie de Jazz et condition noire aux États-Unis par Stanley Péan, des recensions d'ouvrages récemment parus et une réflexion sur l'amoralité de certaines personnes et les conséquences qui en découlent à travers deux séries télé : The Little Drummer Girl et Patrick Melrose.

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